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Nationale

Retour en scène du FLN et du RND: Tebboune a-t-il besoin de leur soutien ?

Retour en scène du FLN et du RND: Tebboune a-t-il besoin de leur soutien ?

Le retour est sans doute moins fracassant, moins spectaculaire, mais il est très significatif. En un seul week-end, les grands jumeaux maudits de la politique algérienne ont bouclé leurs soldes et autres arriérés politiques, alors qu’ils pataugeaient dans la nouvelle réalité issue du hirak avec l’émergence de nouvelles forces et de nouveaux équilibres.

Ils ont nommé ou plébiscité leurs futurs chefs dans leur plus pure tradition de désignation, dans l’opacité totale. Sans débats et sans vague. L’épisode du candidat malheureux Djamel Benhamouda, interdit d’entrer à la salle où le vote a eu lieu, pour des soupçons liés à sa contamination au Covid 19, est anecdotique, car cela fait partie du rituel folklorique du FLN.

Cependant, l’effort des cuisiniers internes à ces appareils semblent avoir pris en considération, cette fois-ci, non seulement les sentiments de leurs militants de la base, mais aussi, celle de l’opinion nationale, horrifiée par l’ampleur de la corruption de leurs chefs. Pour le RND, c’est un exclu du parti en 2016, connu pour sa franche opposition à Ahmed Ouyahia, qui a pris sa revanche sur le sort et sur son ennemi juré, qui croupit désormais en prison et poursuivi dans de lourdes affaires. Quant au FLN, c’est encore un vieux briscard, connu pour ses anciennes accointances avec les cercles dirigeants, qui remplace l’effacé Seddiki. Les deux partis veulent bien faire un toilettage conséquent, des liftings politiques et prendre des habits neufs dans l’espoir de convaincre un peuple en rupture totale avec les partis affiliés à la ïssaba qui a mis le pays à genoux.

Mais, la comparaison organique n’est guère importante, dans la mesure où ce retour en scène semble obéir à un timing politique, caractérisé par un débat confiné, discret et moins bruyant sur une révision constitutionnelle, qui n’attire ni l’enthousiasme des élites politiques, ni provoque les passions des citoyens. Certes, l’ambiance générale n’est nullement favorable, en raison de la propagation de la pandémie du coronavirus.

Or, il faut bien le dire que le président Abdelamadjid Tebboune a bien besoin d’un large front politique, qui le soutiendrait dans ses démarches futures, dont les toutes premières, sont cette nouvelle Constitution et les réformes économiques et sociales indispensables. Dire que le chef d’État vise à une reconstruction de la fameuse alliance présidentielle, qui avait servi d’assises électorales à Bouteflika et de caisses de résonance à ces discours, est peut être prématuré. Car, selon les observateurs, il existe un risque politique avéré pour un président élu dans les conditions qu’on sait, et qui multiplie les annonces sociales et populistes, de se rapprocher des grands symboles de l’ancien régime déchu grâce au mouvement citoyen du 22 février 2019.

Honnis et décriés, le FLN, le RND, le TAJ ou le MPA, demeurent dans l’inconscient collectif des appareils de propagande, des viviers pour alimenter la petite et la moyenne corruption sociale, tapie dans les administrations locales, les wilayas, et dans les APC, APW et APN. D’ailleurs, tous leurs patrons, ceux-là mêmes qui défendaient bec et ongles, pendant vingt ans le règne sans partage de Bouteflika, sont en prison. Tous, en plus d’une vingtaine de ministres de leurs partis, et des walis cooptés, risquent des peines lourdes. Cela sans oublier que ces partis de l’alliance ont tous béni le limogeage éclair de Tebboune en août 2017 deux mois après sa nomination en tant que Premier Ministre.

Le risque est énorme pour Tebboune de réhabiliter le même schéma classique bouteflikien, d’autant qu’il n’a de cesse de revendiquer l’essence de son programme électoral de l’esprit du hirak. Et pour le justifier, il clame que son projet de révision constitutionnelle est l’émanation du hirak.

Ceci dît, il est évident que le nouveau pouvoir présidentiel ne cracherait pas sur des soutiens de ces sphères, même vidées de leurs substances, tout en élargissant son front politique à d’autres sensibilités, issues de l’opposition.

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