Résultats positifs des hydrocarbures en 2025 : 31 milliards de dollars de recettes d’exportation
Le secteur de l’énergie et des mines a enregistré des résultats positifs au cours des neuf premiers mois de 2025, en dépit d’un contexte mondial marqué par d’importantes fluctuations économiques et géopolitiques ayant affecté les marchés de l’énergie. C’est ce qu’a indiqué le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures et des Mines, Mohamed Arkab, lors de la présentation du budget sectoriel de son département pour l’année 2026, devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée populaire nationale (APN).
Selon le ministre, la production commercialisée s’est établie à 128 millions de tonnes équivalent pétrole à la fin de septembre 2025, générant 31 milliards de dollars de recettes d’exportation et une fiscalité pétrolière estimée à 2 834 milliards de dinars, soit 82 % des prévisions inscrites dans la loi de finances 2025. Parallèlement, la consommation nationale de produits pétroliers a continué d’augmenter, atteignant près de 15 millions de tonnes, en raison de la hausse de la demande en diesel, essence et GPL.
Le ministre a également expliqué que l’examen du budget intervient dans un contexte international marqué par des fluctuations économiques et géopolitiques ayant impacté les marchés de l’énergie. Les prix du pétrole brut algérien ont connu une baisse de 15 %, se stabilisant à 71 dollars le baril durant les neuf premiers mois de 2025, contre 84 dollars à la même période de l’année précédente, tandis que les prix du gaz ont reculé de 1,1 %.
Dans le secteur minier, la production a connu une nette progression, notamment en fer, carbonate de calcium, barytine, dolomie et feldspath, grâce à l’entrée en service de nouvelles usines à Constantine, Mascara, Annaba et Tlemcen. Le marché local a été largement approvisionné, tandis que 900 000 tonnes de phosphate ont été exportées pour une valeur dépassant 80 millions de dollars au premier semestre 2025. Les investissements globaux du secteur ont atteint 5 milliards de dollars sur les neuf premiers mois de l’année, tandis que 200 000 travailleurs y sont employés, soit 9 000 emplois supplémentaires par rapport à 2024.
Arkab a souligné que les performances réalisées sont le fruit des efforts propres déployés dans les domaines de l’exploration, de la production et de la transformation. Le Groupe Sonatrach a notamment réalisé, durant les neuf premiers mois de 2025, plus de 7 800 km de prospection sismique 2D, 7 700 km² de prospection 3D et 466 000 mètres de forage, aboutissant à 13 nouvelles découvertes d’hydrocarbures, entièrement réalisées en efforts propres, par des moyens nationaux.
Les prévisions pour 2026
Dans le cadre du projet de loi de finances 2026, M. Arkab a indiqué que le budget sectoriel global s’élève à 129 milliards de dinars, répartis entre plusieurs priorités. Il s’agit d’un montant de 62,8 milliards de dinars pour le raccordement du projet de Gara Djebilet à l’électricité et au gaz, 63,2 milliards de dinars pour le programme de dessalement de l’eau de mer, 1,7 milliard de dinars pour la recherche minière, et 1,08 milliard de dinars pour la gestion administrative du secteur.
La fiscalité pétrolière prévisionnelle est estimée à 2 698 milliards de dinars, calculée sur la base d’un prix de référence de 60 dollars le baril. Le ministre a souligné que cette programmation s’inscrit dans une démarche de consolidation des acquis et de renforcement de la sécurité énergétique et hydrique du pays.
Pour l’année à venir, la production primaire d’hydrocarbures devrait progresser de 2 % pour atteindre 193 millions de tonnes équivalent pétrole, soutenue par la montée en puissance de la production de pétrole brut et de gaz. Plusieurs projets stratégiques sont en cours, notamment la nouvelle raffinerie de Hassi Messaoud (capacité de 5 millions de tonnes/an), l’unité de craquage du fuel à Skikda, et le projet de conversion du naphta à Arzew.
Dans le domaine pétrochimique, les projets de production de polypropylène et d’alkylbenzène linéaire (LAB) affichent un taux d’avancement de 40 %. Par ailleurs, cinq nouveaux contrats d’hydrocarbures ont été signés dans le cadre de “Algeria Bid Round 2025”, en plus de trois contrats de partage de production avec SINOPEC (Chine), ENI (Italie) et MIDAD (Arabie saoudite), pour un montant total dépassant 7 milliards de dollars.
Le secteur minier poursuit la mise en œuvre de ses projets structurants, notamment le gisement de fer de Gara Djebilet, en phase de réalisation avec une capacité de 4 millions de tonnes/an, le projet de zinc et de plomb de Oued Amizour –Tala Hamza (Béjaïa), et le projet intégré du phosphate de Tébessa et Souk Ahras, qui devrait produire 6,6 millions de tonnes d’engrais et d’urée à partir de 2027.
Sur le plan environnemental, le ministère prévoit de réduire les émissions de méthane à moins de 1 % d’ici à 2030, grâce à un investissement de plus d’un milliard de dollars dans un programme de reboisement de 520 000 hectares et de stockage du carbone. Une étude est également en cours pour la production de carburants d’aviation durables (SAF).
Dans le cadre de la sécurité hydrique, le secteur gère actuellement 19 stations de dessalement d’une capacité de 3,8 millions de m³/jour, couvrant 42 % de la demande nationale en eau potable. Trois nouvelles stations seront construites à Chlef, Mostaganem et Tlemcen, pour porter cette couverture à 60 % d’ici à 2030.
En outre, le ministre a évoqué la modernisation administrative à travers le développement des plates-formes numériques Tassareeh et Markabti DZ, destinées à simplifier les procédures et à renforcer la cybersécurité, en partenariat avec le ministère de la Défense nationale. A ce propos, M. Arkab a affirmé que ces indicateurs témoignent de la vision stratégique de l’Etat, fondée sur la diversification économique, la valorisation des ressources naturelles et la transition vers un développement durable et inclusif.