-- -- -- / -- -- --
Digital Space

Réseaux sociaux : entre services et vices

Réseaux sociaux : entre services et vices

Actuellement, l’endroit où il faut être est le Net. Pour ceux qui sont connectés, la tendance est à Facebook, où 12 millions d’Algériens s’y retrouvent. Malgré le fait que ce soit un moyen intéressant pour se faire des amis, garder le contact, s’exprimer, partager ses émotions, il présente aussi une face cachée qui peut être néfaste, voire dangereuse.

Rumeurs infondées, propagande et autres informations erronées foisonnent sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, la plateforme d’interaction la plus utilisée dans le monde. Artistes, politiciens, associations sont la cible d’informations infondées, de photos truquées, de citations manipulées et autres impairs parfois commis par des journalistes crédules.

Facebook, défouloir quotidien de millions de personnes, a encore une fois démontré la vitesse de propagation d’une information, souvent synonyme d’un couac ; parfois aux retombées incommensurables. L’information circule rapidement et certains médias prennent, malheureusement, le relais.

Les internautes algériens ne sont pas épargnés par ce genre d’informations. Qui parmi nous n’a pas été attristé par les annonces faites par des sites d’information très connus, au sujet de décès d’artistes ou de personnalités publiques, et qui se sont avérées, par la suite, fausses ?

Cela a poussé certains artistes à publier des démentis pour stopper la propagation de ces plaisanteries de mauvais goût. Les exemples sont nombreux et l’impact est inévitable.

Réseaux sociaux, les relais des informations erronées

Avant, c’était le bouche-à-oreille qui déformait les faits et inventait des informations. Aujourd’hui ce sont les réseaux sociaux qui prennent le relais. C’est devenu facile de diffuser largement une fausse information.

Il suffit de quelques minutes pour créer un compte Facebook et de quelques secondes pour y poster des informations qui peuvent faire le « buzz » chez les internautes. Une fois passées dans le mixeur des réseaux sociaux, vraies et fausses informations se mélangent.

Récemment, une information faisant état de la mort de l’artiste chaâbi Abdelmadjid Messkoud, après un AVC, a circulé sur Facebook et a été partagée par les internautes. Un démenti a été par la suite émis par la famille de l’artiste qui a fait part de son mécontentement vis-à-vis de cette rumeur. Nous pouvons citer, également, les cas d’Amer Ezzahi, de Farida Saboundji, de Hazim, de Boudjemaâ Elankiss et d’autres encore.

Souvent ces dernier s’indignent et se révoltent contre ces fausses informations qui portent atteinte à la dignité de la personne.
La ministre de l’Education, Nouria Benghebrit, n’a pas été épargnée elle aussi par ces informations mensongères.

Annoncée démissionnaire, harcelée par ses détracteurs, elle a posté un message sur les réseaux sociaux pour apporter un démenti : « Je démens la nouvelle rumeur sur ma démission ». Une information qui a été même reprise par des journaux arabophones sans qu’elle soit vérifiée.

Des rumeurs relatives à un changement de gouvernement se sont propagées récemment. Elles ont même annoncé les noms des ministres qui vont être écartés et de ceux qui vont les remplacer, et l’information a circulé sans que cela soit vérifié.

D’autres informations liées à la santé et à la sécurité ont suscité une grande émotion de la part des internautes algériens, à l’instar de la rumeur qui se propage depuis quelques semaines sur Facebook et Twitter concernant les oranges et les bananes qu’on dit infectées par le virus du sida et qui ont été interceptées par les Douanes algériennes.

« S’il vous plaît, partagez ce message et prévenez vos contacts des dangers », conclut le message accompagné de photos inquiétantes. Le danger évoqué dans le message n’a pas lieu d’être. Tout simplement parce que le virus du sida ne survit pas en dehors du corps humain, assure une spécialiste.

« Il est extrêmement fragile, dès qu’il n’est plus à 37°, dès qu’il n’est plus dans son cocon liquide, il meurt. C’est pour cela, par exemple, que dans les larmes ou dans la salive il n’est pas contaminant », précise-t-elle.

Les médias… promoteurs officiels

Les médias classiques, comme la presse, ou les professionnels, comme les journalistes, naviguent dans le même océan que n’importe quel internaute. Auparavant, ils étaient les seuls diffuseurs de l’actualité, mais avec l’arrivée des réseaux sociaux, à l’instar de Twitter et de Facebook, ils ne sont plus les premiers à avoir l’information. Mais cela n’empêche pas qu’ils restent toujours crédibles aux yeux du grand public.

En effet, leurs publications sont souvent synonymes d’une officialisation de l’information. Cette dernière aura plus de crédibilité si elle est publiée sur un quotidien.

Face à la cadence infernale de l’actualité, l’impatience se fait sentir et les gens souhaitent toujours consommer plus en économisant plus de temps. Les journalistes ne sont pas épargnés.

Ces derniers tombent dans le piège et publient des informations non vérifiées, qui ont pour conséquence le détournement de l’opinion publique. « Les facilités d’usage de ce célèbre réseau social ne sont pas sans risque pour les internautes, notamment les journalistes.

Ces derniers se doivent ainsi d’être vigilants lorsqu’ils reprennent des informations et les font paraître dans leurs journaux », nous a souligné un journaliste de la presse francophone.

Et d’ajouter que « depuis quelques semaines, des rumeurs non fondées n’arrêtent pas de circuler sur mon fil Facebook. J’ai dû partager un message pour demander à mes amis d’arrêter de cliquer et de partager n’importe quoi ! ».

Cela va dans le sens où les journalistes peuvent ne pas prendre le temps de vérifier les sources des informations qu’ils reprennent, « alors qu’il est de leur responsabilité d’informer les lecteurs par des informations fiables », nous a-t-il signifié.

En ce sens, certains articles de grands noms de la presse peuvent lancer des informations qui peuvent créer de la propagande au sein du grand public.

Une cyberéthique. Possible ?

Inimaginable il y a quelques décennies, la vie « quasi numérisée » que nous subissons de nos jours suscite néanmoins le débat chez les intellectuels.

Dans ce chapitre, il y a lieu d’évoquer Milad Doueihi, historien des religions à l’origine, mais qui se définit comme « un numéricien par accident ». « Du fait d’utiliser l’ordinateur qui a suivi les changements de l’environnement numérique au cours des vingt dernières années ».

Ce titulaire de la chaire d’humanisme numérique à l’université de Paris-Sorbonne plaide, cependant, concernant la culture numérique, pour « une nouvelle éthique et une nouvelle manière de faire ».

Et de citer l’exemple de l’affaire Wiki Leaks qui n’est, selon lui, que l’ »indication, certes significative, d’une possible fracture numérique qui est en train de s’installer entre les politiques et les citoyens et que seule une véritable prise en compte des réalités et des potentiels de l’environnement numérique peut éviter ». 
« La diplomatie est l’art de la dissimulation, des subterfuges, mais aussi de la finesse.

Il faut désormais qu’elle s’adapte aux nouvelles conduites sociales induites par les pratiques numériques », observe Milad Doueihi, dans une contribution parue dans les colonnes de la publication « Le Grand Débat » du 7 décembre 2010. On a envie de traduire les propos de Doueihi par le fait que toute information n’est pas forcément bonne à prendre lorsqu’elle émane des réseaux sociaux.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email