Réseau WhatsApp : L’Algérie pose ses conditions sur les «usernames»
Le réseau social WhatsApp veut permettre à ses utilisateurs de communiquer sans dévoiler leur numéro de téléphone. En Algérie, cette évolution est suivie de près par les autorités. Le ministère de la Poste et des Télécommunications a officiellement saisi Meta Platforms au sujet de l’activation de la fonctionnalité « Usernames », tout en posant une condition : aucun compte utilisé en Algérie ne devra pouvoir fonctionner sans être rattaché à un numéro de téléphone mobile valide et authentifié auprès d’un opérateur national.
La fonctionnalité « Usernames » doit permettre aux utilisateurs de choisir un nom d’utilisateur afin d’échanger sur la plateforme sans avoir à partager directement leur numéro de téléphone avec leurs interlocuteurs. Une évolution qui renforce la confidentialité des échanges et qui est suivie par les autorités algériennes sous l’angle de la sécurité numérique.
Dans une correspondance adressée à Meta Platforms, le ministère a indiqué ne pas s’opposer au déploiement de cette fonctionnalité en Algérie en tant qu’option supplémentaire, estimant qu’elle peut présenter un intérêt en matière de protection de la vie privée et d’expérience utilisateur. Mais Alger entend maintenir une règle fondamentale : le numéro de téléphone doit rester la clé d’identification du compte.
Le ministère demande ainsi que chaque compte WhatsApp actif ou nouvellement activé en Algérie demeure lié à un numéro de téléphone mobile valide, vérifié et authentifié par un opérateur national. Autrement dit, le recours à un « username » ne devra pas permettre de créer ou de conserver un compte WhatsApp fonctionnant uniquement sous un nom d’utilisateur.
Cette position a été formellement portée à la connaissance de Meta, à qui le ministère demande désormais une confirmation écrite du maintien de ce lien entre les comptes et les numéros de téléphone. Si des adaptations techniques sont nécessaires pour répondre à cette exigence, l’entreprise devra également présenter un plan de mise en œuvre ainsi qu’un calendrier précis, a demandé le ministère.
Derrière cette démarche, Alger entend concilier confidentialité et sécurité numérique. Si les utilisateurs doivent pouvoir échanger sans exposer publiquement leur numéro, les comptes doivent néanmoins rester rattachés à des numéros authentifiés afin de prévenir la fraude, l’usurpation d’identité et la cybercriminalité. Pour les autorités, l’évolution des plateformes de messagerie doit ainsi rester compatible avec les exigences nationales de sécurité.
Le ministère se dit prêt à poursuivre les discussions techniques avec Meta et WhatsApp. Ses équipes pourront échanger directement avec les représentants des deux entreprises afin d’examiner les éventuelles adaptations nécessaires au marché algérien.