Réseau national de certification des produits algériens : Plaidoyer pour une gouvernance participative
Le vice-président de la Confédération algérienne du patronat citoyen (CAPC), Moncef Bouderba, a salué, ce dimanche, l’annonce faite par le Premier ministre, Sifi Ghrieb, relative au lancement prochain d’un réseau national de certification et d’accréditation des produits nationaux. Cette annonce a été faite lors de la 33ᵉ édition de la Foire de la production algérienne, qui se poursuit au palais des Expositions de la Safex jusqu’au 27 décembre courant.
Selon M. Bouderba, les organisations patronales doivent impérativement être associées à ce futur réseau, qui sera mis en place en coordination avec le ministère du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national, ainsi que celui du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations. « Nous devons siéger dans ce type de commissions, car nous avons des propositions à formuler sur le fonctionnement de l’économie nationale », a-t-il souligné lors de son intervention à la Radio nationale.
Il a insisté sur la nécessité d’une implication effective du patronat dans l’élaboration des stratégies économiques définies par les pouvoirs publics, notamment afin de consolider le front économique intérieur, faire évoluer les mentalités mais, surtout, renforcer l’orientation vers l’exportation. Dans ce contexte, M. Bouderba a rappelé les appels répétés du président de la République à construire une économie hors hydrocarbures, estimant que toutes les organisations patronales, chacune selon sa spécialité et son expérience, doivent contribuer collectivement à cet objectif stratégique à travers des propositions « sérieuses et courageuses ».
Concernant les propositions concrètes que la CAPC compte soumettre, M. Bouderba a indiqué attendre, en premier lieu, l’installation officielle de la commission annoncée. La confédération souhaite y participer activement, tant au niveau de la réflexion que dans l’évaluation de plusieurs opérations déjà en cours. Il a relevé que l’Algérie a réalisé des avancées notables sur le plan législatif, notamment avec la réforme du code de l’investissement et la promotion de la numérisation.
Bouderba a également plaidé pour un dialogue économique « sérieux et responsable » impliquant l’ensemble des institutions de l’Etat concernées par la politique d’exportation, citant les ministères des Finances, de l’Industrie, du Commerce intérieur et du Commerce extérieur, ainsi que le ministère des Affaires étrangères. Ce dernier, a-t-il estimé, doit jouer un rôle central dans l’accompagnement de la diplomatie économique, soulignant que « l’économie a aujourd’hui remplacé le politique » dans les relations internationales.
Dans ce cadre, il a rappelé que la CAPC a toujours été une force de proposition, à travers des rapports et contributions sur la diversification économique, la sécurité alimentaire, les exportations hors hydrocarbures et la numérisation. Il a affirmé que la confédération est actuellement engagée dans l’élaboration de propositions « très sérieuses et très avancées », appelant à la poursuite d’un dialogue permanent afin de réussir collectivement cette dynamique de transformation.
Evoquant la volonté affichée par le gouvernement d’aller à la rencontre directe des opérateurs économiques, notamment à travers les visites de terrain annoncées par le Premier ministre durant la foire, M. Bouderba y voit « un changement de mentalité ». Il l’a considéré en tant que « couloir vert » pour faciliter les propositions et les démarches, rappelant que des avancées ont déjà été réalisées au niveau des banques, des douanes et des procédures administratives, notamment grâce au rôle de l’Agence algérienne de promotion de l’investissement (AAPI).
Toutefois, le responsable patronal a estimé que cette démarche ne doit pas se limiter à la durée de la foire. La CAPC souhaite que ce mécanisme s’inscrive durablement dans une tradition de dialogue économique permanent, afin d’anticiper et de résoudre les difficultés futures auxquelles sont confrontées les entreprises. Il a souligné que l’Algérie est engagée dans plusieurs programmes d’exportation et dispose désormais de « champions » économiques qu’il convient de consolider, d’accompagner et d’encourager, en raison des efforts qu’ils ont consentis en matière de qualité et de capacité de production.
Abordant la question de l’approvisionnement en matières premières, qualifiée par le président de la République de « priorité des priorités », Moncef Bouderba a insisté sur la nécessité de ne plus bloquer les usines en cas de pénurie. Il a affirmé que le chef de l’Etat maîtrise parfaitement les enjeux économiques et suit de près la transformation de l’économie nationale, dans le cadre d’une politique économique qu’il qualifie d’audacieuse.
Selon lui, les efforts engagés pour assainir le commerce extérieur, appuyés par la numérisation des administrations, des douanes, de la Banque d’Algérie et des services fiscaux, ont permis de mieux maîtriser l’activité économique. Dans ce cadre, des pratiques frauduleuses ont également été identifiées en 2023 et 2024, et l’ordre a été rétabli, a-t-il assuré, estimant que le pays est désormais en mesure de passer à une étape supérieure.
Cette nouvelle phase, a-t-il expliqué, implique un retour aux standards internationaux, fondés sur la confiance entre la banque, l’entreprise et les institutions de l’Etat, ainsi que sur un dialogue franc, transparent et responsable. « C’est ainsi que les pays réussissent à passer d’une économie rentière et opaque à une économie moderne, libérée des lourdeurs administratives et des décisions bureaucratiques contre-productives », a conclu Moncef Bouderba.