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Nationale

Reprise de l’offensive des pro-Serradj: Ankara veut dicter les règles du jeu

Reprise de l’offensive des pro-Serradj: Ankara veut dicter les règles du jeu

Le coronavirus n’a pas eu raison du conflit en Libye. En effet, les belligérants sont loin de vouloir faire taire les armes. En témoigne l’offensive lancée par les troupes du Gouvernement d’Union nationale (GNA) dirigé par Fayez El-Sarradj pour reprendre le littoral entre Tripoli et la frontière tunisienne.

La reprise des hostilités malgré la catastrophe sanitaire mondiale n’augure rien de bon pour le théâtre libyen : absence d’entente nationale, interférences étrangères, démission de l’envoyé spécial de l’Onu mais surtout menace sur la sécurité nationale de l’Algérie et de la Tunisie.

Fort du soutien des mercenaires venus de Syrie et de l’appui turc, le Gouvernement de Fayez-El-Sarradj a lancé son offensive pour déloger les partisans du maréchal Khalifa Haftar de la bande du littoral s’étendant de la capitale Tripoli jusqu’à Ras Jdir à la frontière avec la Tunisie. Cette offensive est considérée par certains observateurs comme un véritable camouflet pour l’homme fort de l’Est libyen, qui a caressé depuis une année le rêve d’en découdre militairement avec son rival de Tripoli, soutenu à bout de bras par le Qatar et la Turquie à grand renfort d’argent et de combattants transférés du théâtre syrien vers les abords de la capitale libyenne.

Dans cette logique de crise, c’est Ankara qui, semble-t-il, veut imposer son agenda en soutenant l’offensive du GNA en injectant dollars et chairs à canons, en plus d’une implication directe avec l’utilisation de drones pour aider les troupes de Sarradj, son obligé tripolitain. Pire, la marine turque aurait procédé ce lundi à des manœuvres navales au large des côtes libyennes. Le message est on ne peut plus clair : Haftar doit comprendre qu’Ankara est toujours de la partie !

Et les conséquences de cette nouvelle aventure turco-tripolitaine sont nombreuses. Peu importe le nombre de morts, la comptabilité macabre dans les conflits n’est guère importante, c’est l’explosion du coronavirus en Libye qui est à craindre, au plus fort de cette pandémie qui ravage le monde. Et nonobstant la moins value pour le maréchal Haftar, qui croyait pouvoir prendre la capitale en avril denier, et s’imposer ainsi comme le seul maitre de la Libye, les rangs des pro-Sarradj se sont renforcés de 400 éléments, des terroristes qui se sont évadés de la prison de Sabrata, à l’ouest de Tripoli.

Actuellement, l’enjeu en Libye se joue toujours dans les abords de Tripoli : à l’ouest en direction de la frontière tunisienne mais aussi au sud-est du côté de Tarhouna, la ville éponyme de la même tribu, l’une des plus puissantes du pays toujours fidèle au maréchal Haftar. Si cette dernière aurait à basculer dans le camp Sarradj, et c’est l’objectif des Turcs, le GNA sera en position de force face à son rival de l’Est.

Ce dernier, loin de s’avouer vaincu, compte sur ses alliés traditionnels : l’Egypte, l’Arabie Saoudite, les Emirats arabes unis et la Russie. Ces derniers jours, et en réponse à l’offensive de Sarradj, des avions d’origine non identifiée, généralement émiratis, ont bombardés plusieurs points en Libye. La nature des cibles détermine, bien évidemment, l’origine du commanditaire.

La reprise de ces combats est problématique à plus d’un titre. Outre la situation sur place, elle engendre des répercussions sur le voisinage occidental de la Libye ; essentiellement l’Algérie et la Tunisie. Un déplacement des réfugiés en direction de la frontière commune avec ces deux pays n’est pas à exclure. La concentration des terroristes importés du théâtre syrien est également très mal perçue surtout à Alger qui n’a ménagé aucun effort pour réduire cette menace. En témoigne sa participation active à la conférence de Berlin en janvier dernier, et la tenue à Alger à la fin du même mois d’une réunion ministériel sur la Libye.

En plus des rounds de dialogue avec les protagonistes de la crise : des délégations de Tripoli et de Benghazi ont fait le déplacement à Alger. Le président turc s’est même rendu dans la capitale algérienne et s’est fait dire par le président Abdelmadjid Tebboune que l’Algérie restait fidèle à ses principes de non intervention et de non ingérence dans les affaires intérieures de ses voisins.Une fois de plus, la géopolitique nord africaine prouve l’actualité du principe énoncé par l’Aguellid Massinissa en son temps, soit « l’Afrique aux Africains », n’en déplaise aux adeptes du néo-ottomanisme.

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