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Nationale

Reprise de la pêche de «l’or rouge» en 2017

Reprise de la pêche de «l’or rouge» en 2017

La pêche au corail en Algérie, suspendue depuis plus de 16 ans, sera relancée en 2017. Les opérateurs bénéficiaires de concession pourront donc reprendre la pêche au corail, le taux d’avancement des préparatifs juridiques et pratiques ayant atteint 90%, a indiqué le directeur général de la pêche au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Taha Hamouche, dans un entretien accordé à nos confrères de l’APS.

« Le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Abdesselam Chelghoum, a fixé aux cadres de son département l’année 2017 comme dernier délai pour lancer l’exploitation du corail et fin 2016 pour le parachèvement du cadre juridique » , a déclaré Taha Hamouche.

La direction a reçu des instructions fermes à l’effet de respecter les délais fixés pour lancer l’exploitation de cette richesse dont la pêche est suspendue depuis 2001. Cette activité sera lancée pour « renforcer l’économie nationale par d’autres revenus hors hydrocarbures dans le cadre de la politique de l’Etat visant à diversifier l’économie à travers tous les secteurs, dont la pêche et les ressources halieutiques » , a-t-il précisé.

Les études techniques réalisées dans ce cadre affirment que l’Algérie figure parmi les rares pays qui disposent d’importantes quantités de cette ressource. En effet, un peu plus de 48% du corail rouge mondial est produit sur notre littoral.

Cette richesse peut constituer un appui économique dans la mesure où elle permettra de créer de nouvelles opportunités de travail, d’une part, et de nouvelles ressources pour le Trésor public, d’autre part.

Mais est-ce que le retour de la pêche au corail sonnera le glas du trafic de cette espèce très rare ? chaque année, près de 2 000 kilos et des dizaines de pièces en branches sont frauduleusement exportés vers la Tunisie, puis acheminés vers l’Europe.

Et chaque année, ce sont 250 à 300 personnes qui sont arrêtées, présentées devant les tribunaux et écrouées pour cette activité prohibée, notamment à l’est du pays où ce créneau est essentiellement basé. Malgré l’interdiction de la pêche au corail en février 2000, la mafia de l’or rouge continue de dévaster ce patrimoine pour le mettre à la disposition des réseaux aux ramifications assez complexes.

Aujourd’hui, et selon le directeur de la pêche au ministère, Taha Hamouche, des mesures juridiques sont prises dans le cadre de la reprise de la pêche au corail en 2017. Un décret exécutif, N° 15-213, fixant les modalités et les conditions de pêche au corail a été promulgué en date du 26 août 2015. Ce dernier renferme 25 textes réglementaires répondant à des normes scientifiques et études spécifiques.

Ces textes comprennent 21 textes d’application et 4 arrêtés interministériels, a précisé M. Hamouche, soulignant que ce cadre juridique fixait les conditions et les modalités d’exploitation, à savoir la durée, les moyens utilisés, les périodes, les normes scientifiques et techniques relatives à la nature du corail ainsi que les plongeurs professionnels chargés de la pêche et de la formation.

La durée d’exploitation de la concession en matière de pêche au corail est de 5 ans au maximum, au bout de laquelle les périmètres d’exploitation seront fermés et mis en jachère pour une période minimum de 20 ans.

Pour le quota annuel maximum autorisé par concession, il est au prorata du nombre de concessionnaires admis, sans toutefois dépasser 3.000 kg par périmètre d’exploitation.
La pêche au corail est ouverte successivement par un système de rotation dans deux zones (est et ouest), organisées en deux périmètres à raison de 30 concessionnaires par périmètre au maximum.

La zone est couvre le littoral de la wilaya d’El Tarf (30 concessionnaires). Quant à la zone ouest, elle comprend les wilayas de Skikda et de Jijel (15 concessionnaires pour chaque wilaya). Le débarquement du corail pêché dans les périmètres d’exploitation s’effectue au niveau des ports d’El Kala, d’Annaba, de Boudis (Jijel), de Béjaïa, de Stora (Skikda), de Dellys, de Ténès, de Mostaganem et de Beni Saf.

Le décret définit les conditions et les modalités d’exploitation des ressources biologiques par la plongée sous-marine professionnelle. Après chaque opération de pêche, le capitaine du navire est tenu de remplir un registre de plongée coté et paraphé par l’administration maritime locale, retraçant les différentes plongées effectuées, les profondeurs atteintes, la durée de la plongée, les coordonnées géographiques et les quantités approximatives du corail pêché.

Après déclaration sommaire du corail pêché, l’agent de l’administration maritime locale procède au scellé du corail dans une malle métallique, selon le même responsable.
Le directeur de la pêche au ministère a précisé que le titre de propriété permettait au concessionnaire de vendre le corail aux enchères, première étape de la traçabilité du corail.

Le décret exécutif N°15-231 stipule que « le concessionnaire est tenu de vendre 70% du corail pêché à AGENOR, relevant du secteur de l’Industrie et des Mines, qui achète la quantité en contrepartie d’une somme d’argent fixée de commun accord » . L’agence se charge de la vente du corail aux artisans et aux transformateurs à travers le territoire national.

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