Reportage de France 2 sur l’Algérie : Complément de mensonges
France Télévisions a diffusé ce jeudi soir un numéro de « Complément d’enquête » consacré aux relations entre l’Algérie et la France. L’intitulé racoleur « Rumeurs et coups tordus : la guerre secrète France-Algérie » pourrait faire croire aux téléspectateurs non avertis à un documentaire sensationnel, riche en révélations et autres scandales, informatif et bien entendu respectueux des règles professionnelles et de la déontologie.
En réalité, l’émission avait deux objectifs. Le premier est d’accuser directement le président de la République Abdelmadjid Tebboune comme le seul et unique responsable de la crise entre l’Algérie et la France, alors que le second but est de saboter encore davantage les efforts de certaines personnalités des deux pays qui tentent de recoller les morceaux et de rebâtir les relations bilatérales sur de solides fondations.
Finalement, l’émission n’a été qu’un procès inique et honteux contre le chef de l’Etat algérien, accusé de tous les maux. Durant toutes les séquences, on le montre comme le commanditaire des actions des barbouzes algériens en France, dont ce supposé enlèvement du réfugié Boukhours, dit Amir DZ, ou les pseudo-chantages faits aux élus d’origine algérienne et aux opposants établis en France.
L’une de ces séquences qui démontre l’acte délibéré derrière cette émission est cette phrase de Amir DZ qui qualifie de « voyou » un chef d’Etat. Le responsable de cette émission aurait pu supprimer cette dérive durant le montage, comme il l’a fait en censurant les commentaires du haineux Driantcourt, ancien ambassadeur de France en Algérie, devenu l’un des chantres de l’algérophobie et des courants radicaux et xénophobes. Mais il ne l’a pas fait, entachant davantage son travail de journaliste de service public.
En laissant passer cette phrase, le commanditaire de l’émission voulait aussi passer la farfelue thèse que tout le pourrissement actuel des rapports algéro-français est dû au président Tebboune depuis le sommet du G7 à Bari (Italie). Et que depuis ce sommet, Tebboune « hait » le président Macron quand ce dernier lui a révélé qu’il allait reconnaître la marocanité du Sahara occidental occupé.
Durant toute « l’enquête », on voit bien qu’il s’agit d’une action de désinformation, de propagande, distillant des contre-vérités et des rumeurs que les réseaux sociaux diffusent depuis des années.
Il faut souligner que cette émission porte un coup dur aux efforts de plusieurs hautes personnalités des deux pays, comme le recteur de la Mosquée de Paris, Chams Eddine Hafiz ou Ségolène Royal, l’ancienne candidate aux présidentielles en France, ou l’historien et écrivain Benjamin Stora et l’archevêque d’Alger Jean Paul Vesco.
Depuis des mois, ces derniers et d’autres tentent secrètement, loin des brouhahas médiatiques, de renouer les contacts, de maintenir des passerelles de dialogue et de chercher les meilleurs moyens pour refonder les relations entre deux pays, liées par une histoire commune depuis deux siècles.
D’ailleurs, il n’y a qu’à écouter les propos sereins de l’ambassadeur de France à Alger, rappelé l’an dernier, Stéphane Romatet, qui espérait un dénouement rapide de la crise et la fin des tensions. En bon diplomate, il n’a versé ni dans l’invective, ni dans l’insulte, contrairement au soi-disant réfugié politique, défendu par l’avocat le plus cher de France, connu pour être un maître chanteur versé dans la voyoucratie, exhibant des richesses opaques et une protection des services français.
Il est bien entendu que France Télévisions ne se contentera pas de son seul « Complément d’enquête » sur l’Algérie, elle poursuivra encore ses émissions biaisées et approximatives, ses attaques frontales ou pas, comme pour fructifier cet inique et éternel «marché de l’obsession algérienne» chez l’extrême droite française et ses alliés makhzéno-sionistes et les franges les plus racistes du paysage politique et social de la France.
«A force de vouloir régler ses propres fractures identitaires sur le dos de l’Algérie, le service public français ne fait que révéler sa propre indigence. Une indigence intellectuelle, éditoriale et éthique, indigne d’un média financé par le contribuable et censé servir l’intérêt général, et non les fantasmes d’une extrême droite en quête permanente de boucs émissaires » avait déjà souligné l’agence de presse algérienne.