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Nationale

Report du sommet de l’OPEP à avril

Report du sommet de l’OPEP à avril

Alors que la rencontre était très attendue par les investisseurs, les grandes compagnies et les consommateurs des pays industrialisés, on annonce par-ci, par-là, que ce sommet prévu à Moscou a été reporté à une date ultérieure. Rien n’est venu justifier ce report si ce n’est certaines déclarations ou « fuites » organisées par des sphères qui avançaient des arguments, soit politiques ou géopolitiques, soit économiques ou purement techniques.

Toutefois, ce report a influencé les tendances boursières sur le marché pétrolier, puisque le rebond constaté depuis peu a été freiné sèchement. Les cours du brut ont connu une légère baisse, un recul qui était visible notamment sur les marchés asiatiques.

Hier matin, le cours du baril de « light sweet crude » (WTI) pour livraison en avril était en baisse de 23 cents à 36,95 dollars, tandis que le brent a baissé sous les 40 dollars pour livraison en mai prochain.

Pour les experts, ce n’est point l’annonce « déguisée » du report du sommet qui a plombé les marchés, mais plutôt les déclarations de certains acteurs.

C’est ainsi que plusieurs ministres du Pétrole n’avaient pas caché que la prochaine réunion de l’OPEP ne discutera pas d’une réduction de la production ou d’une baisse des quotas pour raffermir les cours et les faire remonter vers des fourchettes plus acceptables aussi bien par les producteurs que les consommateurs. Ainsi, l’excès de l’offre que le cartel doit combattre ne sera pas une priorité pour les puissants producteurs, notamment saoudiens. 

Pour les experts dans le domaine de l’énergie, la réunion qu’on prévoit au mois d’avril, non plus dans la capitale russe mais dans une capitale du Golfe, devrait être consacrée à la reconduction du gel de la production au niveau du mois de janvier, le mois qui a connu la plus grande hausse de la production du pétrole.

La différence est de taille. C’est ce qu’ont compris les investisseurs potentiels, qui ne font plus confiance dans un rebond des prix. Ces derniers ne veulent plus injecter des capitaux dans l’exploration et l’extraction de peur de constater des pertes sur une longue durée.

Or, il existe un risque majeur à l’issue de cette réunion, que les cours dégringolent de nouveau vers des seuils plus critiques. C’est ainsi que des analystes pensent qu’un blocage dans les négociations ou des désaccords artificiels dans cette réunion sur le gel de la production peut faire boule de neige et jeter le baril vers des niveaux encore plus graves.

La perspective d’une baisse de la production ou des quotas chez les pays membres de l’OPEP est déjà complètement écartée, en raison de la « dictature » des gros producteurs. L’Arabie saoudite, suivie par les autres monarchies du Golfe, veulent poursuivre leurs stratégies dites « d’étouffement » sur les producteurs de pétrole de schiste américains, dont des centaines de puits ont été fermés dernièrement.

Gagnant des parts de marchés au bout d’une année et demi de surabondance de l’offre, le royaume saoudien a subi de lourdes pertes ayant entraîné un déficit budgétaire qui a atteint l’année dernière près de 95 milliards de dollars.

Le régime de Ryadh est fortement sollicité sur plusieurs fronts budgétivores, comme la campagne militaire au Yémen qui vient de boucler une année, ou l’intervention en Syrie avec l’aide financière conséquente aux différents groupes et autres milices anti-Assad.

En dépit de ces sollicitations militaires et financières, ce régime subit encore les contrecoups de sa politique énergétique sur le plan interne.

Avec les récentes augmentations des carburants, le pays vient de connaître les premiers effets avec la baisse de la monnaie locale, le ryal, par rapport aux devises étrangères, notamment le dollar et l’euro. Cette guerre des prix risque à terme, non pas de faire « exploser » des pays mono-exportateurs de pétrole et de gaz, comme le Venezuela, mais le pays lui-même.

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