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Nationale

Rentrée scolaire cauchemardesque dans certaines régions

Rentrée scolaire cauchemardesque dans certaines régions

Pour beaucoup d’élèves, du cycle primaire en particulier, la rentrée scolaire 2019-2020 aura été comme les autres années : cauchemardesque.

Loin des grandes villes, des cortèges des officiels mobilisés le temps d’une journée pour superviser une rentrée scolaire anodine, il y a les écoles primaires des régions enclavées des petits bourgs et autres bourgades, où tout manque.

Pas de transport, pas de fournitures scolaires, pas d’enseignants ; quant à l’état des salles de classe…

Non, pour cette année encore, et en dépit des déclarations triomphalistes du ministre en charge du secteur, Abdelhakim Belabed quant aux bonnes conditions ayant prévalu pour cette rentrée des classes, ainsi que des autres membres du gouvernement sollicités pour officier dans certaines villes à cet événement national, il y a eu des « flop » et des « points noirs ». Si tous les membres du gouvernement ont choisi des écoles dotées des moyens nécessaires pour la scolarité des élèves pour montrer que cette rentrée s’est déroulée dans de bonnes conditions sous les projecteurs de la télévision publique, ailleurs, cette rentrée ne s’est pas du tout passée comme les officiels veulent bien le faire croire aux Algériens, le ministre de l’Habitat ayant même déclaré que « la rentrée scolaire s’est déroulée dans des conditions normales ».

Des images rapportées par des chaînes TV privées montrent le contraire, notamment des écoles dévastées par le manque d’entretien, des classes sans tables ni chaises, des infrastructures lamentables, des toilettes sales et sans eau.

Au point qu’à Djelfa, il y a eu des manifestations de centaines de parents d’élèves qui ont demandé le départ du directeur de l’éducation de la wilaya.

La raison ? Surcharge des classes, pas de mobilier scolaire, écoles dans un piteux état.

Dans un village de la wilaya de M’sila, faute de bus scolaires, les élèves ont dû se contenter d’un tracteur agricole pour les transporter jusqu’à leur école.

À Sidi Aissa, dans la même wilaya, les élèves d’une école l’ont trouvée dépourvues de chaises et de tables. À la place, la direction de l’école a étalé des tapis.

Le ministre de l’Éducation nationale, Abdelhakim Belabed, a découvert l’état de cette école grâce à la presse, et a accusé le directeur de l’établissement d’être à l’origine de la situation.

Ailleurs, à Sidi Belatar, dans la wilaya de Mostaganem, autre scandale : les élèves et leurs parents ont été choqués par l’état de délabrement avancé de leur école. Un fait patent dans les zones rurales, et qui montre le degré avancé de l’état d’abandon de ces infrastructures scolaires par les collectivités locales, qui en ont la gestion.

Dans la commune de Bendaoud, dans l’ouest du pays, l’école Chahid Kaid Amer Bouali est l’exemple parfait d’une rentrée scolaire ratée pour les écoles rurales de l’intérieur du pays, où aucun ministre ni officiel ne s’aventure. Dans ces régions, l’état de délabrement des écoles primaires frise l’indécence. À Bejaia enfin, les élèves n’ont pas tous repris le chemin de l’école en cause, l’état de dégradation avancé de plusieurs établissements scolaires.

Et pourtant, durant le printemps dernier, le ministère de l’Intérieur avait envoyé des équipes de contrôle pour s’enquérir justement de l’état des écoles primaires, du fonctionnement du chauffage, des cantines.

Dans un entretien au jeune Indépendant, le président du SATEF, Boualem Amoura, avait révélé la semaine dernière que pour la rentrée scolaire 2018-2019, « le ministère de l’Intérieur avait mobilisé 76 milliards de DA pour les écoles primaires (15 milliards pour le chauffage et la climatisation, 34 milliards pour les cantines scolaires et 27 milliards pour le transport scolaire), en plus du budget de la tutelle, mais aucune amélioration n’est réalisée. » « Où va donc cet argent ? », s’est-il interrogé.

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