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Nationale

Renouvellement du parc de transport: L’ONTA appelle à revoir les tarifs à la hauteur des coûts

Renouvellement du parc de transport: L’ONTA appelle à revoir les tarifs à la hauteur des coûts
L’ONTA affiche sa satisfaction.

Le renouvellement du parc des autobus de transport de voyageurs est désormais engagé avec le retrait progressif des véhicules âgés de 30 ans et plus. Une opération saluée par les professionnels, mais qui, selon l’Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA), ne pourra produire pleinement ses effets sans un accompagnement durable de l’État et une révision des tarifs, jugés indispensables pour permettre aux transporteurs d’assurer l’acquisition et l’entretien des nouveaux véhicules.

Contacté par Le Jeune Indépendant, Hocine Bouraba, président de l’Organisation nationale des transporteurs algériens (ONTA), a assuré que l’opération se déroule de manière organisée à travers les différentes wilayas, sous la supervision des directions des transports et en coordination avec le ministère de tutelle. Il a estimé toutefois que le renouvellement du parc doit s’inscrire dans une démarche globale, incluant notamment la révision de la tarification du transport. Selon lui, les propriétaires des autobus concernés sont orientés vers les services compétents et reçoivent un récépissé attestant du dépôt des documents relatifs à leurs véhicules.

Pour le président de l’ONTA, le retrait des autobus vétustes ne saurait constituer, à lui seul, une solution durable. Il plaide pour la mise en place de mécanismes permettant aux transporteurs d’acquérir de nouveaux véhicules dans des conditions adaptées, notamment à travers les aides et les dispositifs d’accompagnement de l’État. « L’acquisition d’un véhicule neuf doit nécessairement s’accompagner de conditions favorables à son entretien et à sa conservation », estime-t-il en substance. L’objectif, selon lui, est de permettre aux professionnels de disposer d’un parc plus moderne tout en ayant les moyens d’en assurer la maintenance sur le long terme.

Une telle démarche contribuerait, poursuit-il, à améliorer les conditions de travail des transporteurs, à renforcer la sécurité routière et à relever la qualité des prestations proposées aux voyageurs. Pour l’ONTA, la modernisation du parc doit ainsi être envisagée parallèlement à une amélioration des conditions d’exploitation.

Parmi les principales revendications des transporteurs figure également la révision de la tarification. Hocine Bouraba estime que les prix appliqués doivent être réexaminés à la lumière des coûts réels d’exploitation et de maintenance. Cette revalorisation permettrait aux professionnels de disposer de ressources suffisantes pour assurer l’entretien régulier de leurs autobus, préserver leur état et accompagner, à terme, la poursuite de la modernisation du parc.
Le président de l’ONTA considère par ailleurs que l’amélioration de la sécurité routière et la réduction des accidents nécessitent une prise en charge globale, tenant compte notamment des conditions d’exercice des transporteurs. Selon lui, l’amélioration de ces différents paramètres aurait un impact direct sur la sécurité des voyageurs, la protection des biens ainsi que la qualité et la continuité du service de transport.

=======Les transporteurs appelés à déposer leurs dossiers
Sur le terrain, le gouvernement a engagé la mise en œuvre de son programme national de renouvellement du parc de transport de voyageurs par route. Les directions des transports des différentes wilayas ont reçu des instructions pour entamer, dans une première phase, le retrait des véhicules âgés de 30 ans et plus. Ces autobus doivent être retirés de l’exploitation et de la circulation avant d’être remplacés par des véhicules neufs et modernes.
Les transporteurs concernés, notamment ceux exploitant des autobus mis en circulation jusqu’en 1996, sont invités à se rapprocher des directions des transports munis des documents requis. Le dossier comprend notamment une demande de remplacement de l’ancien autobus par un véhicule neuf, la décision d’exploitation originale, la carte horaire ou la carte des itinéraires originale, ainsi que la carte d’immatriculation du véhicule concerné.
Après le dépôt du dossier, le transporteur reçoit une attestation lui permettant de déposer son ancien autobus auprès de l’une des unités de l’entreprise nationale de récupération. Il obtient ensuite un document lui permettant de finaliser les démarches d’acquisition du nouveau véhicule, soit directement, soit par le biais d’un financement bancaire auprès d’un opérateur agréé.

Afin d’accompagner cette opération, plusieurs avantages financiers ont été prévus. L’État contribuera à hauteur de 20 % du prix du nouvel autobus, tandis que le transporteur devra assurer une contribution représentant 10 % du prix du véhicule.
Le montant restant pourra être réglé par échéances sur une période de dix ans. Les transporteurs bénéficieront également d’une exonération des droits de douane et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
Selon les prévisions, environ 4 000 autobus devraient être renouvelés dans une première phase. L’objectif affiché est de réduire les risques liés à la circulation des véhicules vétustes, notamment les accidents et les pannes susceptibles de perturber le transport des citoyens. Le programme vise ainsi à moderniser progressivement le parc national, à améliorer les conditions de transport et à renforcer la sécurité des voyageurs et des autres usagers de la route.
Le dispositif est également soutenu par des mesures douanières. Une décision interministérielle datée du 8 juin dernier et publiée au Journal officiel fixe les modalités de dédouanement des véhicules destinés au transport de dix personnes ou plus, chauffeur compris, ainsi que les conditions de leur exonération de l’ensemble des droits et taxes.

Cette mesure intervient en application de l’article 135 de la loi n° 25-17 portant loi de finances pour 2026, notamment la position tarifaire 87-02. Elle concerne les véhicules importés à l’état neuf ou non assemblés, dans la limite de 10 000 unités, ainsi que les pièces et composants destinés aux véhicules non assemblés.
Pour le dédouanement, les opérateurs doivent notamment présenter une autorisation délivrée par le ministre de l’Industrie, accompagnée d’une fiche précisant les quantités de véhicules importés, ainsi qu’une attestation d’exonération de la TVA.
La décision d’autorisation est établie en sept exemplaires originaux. Les véhicules importés dans la limite des 10 000 unités bénéficient d’une exonération de l’ensemble des droits et taxes, notamment la taxe additionnelle provisoire de sauvegarde, la contribution de solidarité et les prélèvements applicables aux véhicules importés.



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