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Culture

Rencontre littéraire à Tizi-Ouzou Nadjib Stambouli : « la littérature algérienne a un bel avenir »

Rencontre littéraire à Tizi-Ouzou  Nadjib Stambouli : « la littérature algérienne a un bel avenir »

Lors d’une rencontre à la bibliothèque principale de lecture publique de Tizi-Ouzou, dans la soirée de mercredi dernier, l’écrivain et journaliste Nadjib Stambouli a affirmé « la littérature algérienne, d’expression arabe notamment, a un bel avenir ».

L’auteur est à son troisième livre : Le fils à maman, il a mis l’accent sur les divers éléments directement responsables de son inspiration quant à l’écriture livresque. Nadjib Stambouli a côtoyé beaucoup d’artistes. Il est aussi le fils d’un artiste. C’est pourquoi, dans un de ses ouvrages littéraires, c’est un hommage qui est rendu à la grande famille artistique, théâtrale notamment. Le personnage principal de l’histoire, où la fiction et la réalité se chevauchent, est un comédien de théâtre prénommé Hamid. Nadjib Stambouli a souligné qu’au début, il a été tenté de psychanalyser Hamid le comédien, mais il a fini par se raviser, « je n’ai pas voulu rentrer dans le domaine médical, psychiatrique ou psychanalytique notamment, que je ne maîtrise pas ». Hamid le comédien est décrit comme une personne qui n’est pas bien dans sa peau.

L’écrivain a précisé que ce n’est pas son esprit et son réflexe de journaliste qui l’ont empêché d’abandonner l’idée de psychanalyser son personnage, car « s’il est vrai que je suis journaliste depuis très longue date, j’ai su créer la dichotomie nécessaire entre l’écrivain et le journaliste ». Nadjib Stambouli, au verbe et à l’adjectif très académiques, a été saisi aussi par l’assistance sur la question littéraire algérienne. Un intervenant a évoqué les noms de Karim Daoud et Mohamed Sansal. Un autre intervenant a pris la défense de ces deux intellectuels en soulignant qu’ils ont osé désigner publiquement et courageusement l’origine du mal de la société algérienne alors que les autres, à savoir la classe dite intellectuelle, ont gardé le silence sinon ont mis leurs compétences au profit du pouvoir politique. Nadjib Stambouli s’est défendu, lui, de donner son point de vue sur les positions de Karim Daoud et Mohamed Sansal. Il a reconnu avoir décidé de ne pas traiter le sujet de l’islamisme sur le plan littéraire comme l’a fait Karim Daoud.

L’auteur de Le fils à maman » s’est montré évasif, voire pusillanime, sur le motif de son désintérêt quant au traitement de la question islamiste et identitaire. Il s’est contenté de dire que le sujet ne l’a pas tenté. Il faut rappeler qu’il n’a ni condamné ni encouragé Karim Daoud et Mohamed Sansal pour leur position. Il est à relever également qu’à la curiosité intellectuelle de l’assistance, Nadjib Stambouli mettra en avant la réalité littéraire algérienne et même journalistique. Selon son jugement, la langue française a pris du recul en Algérie, et ce, tant du côté du lectorat que du côté des producteurs, c’est-à-dire celles et ceux écrivant dans cette langue.

L’avis de Nadjib Stambouli sur l’écriture et la lecture en langue française ne sera pas partagé par Youcef Merahi, écrivain et ancien secrétaire général du HCA, que nous avons saisi en aparté, « en Kabylie, il y a beaucoup de plumes et non des moindres de la langue française ». Notre interlocuteur reconnaît que ces écrits, nombreux et intelligents, se lisent et circulent dans le circuit de l’underground. Et ces écrivains et lecteurs sont des deux sexes. Pour sa part, le célèbre libraire de Tizi-Ouzou, M. Chikhi a affirmé que la lecture en Kabylie a augmenté d’intensité. Les sujets préférés du lectorat ont trait à la guerre d’indépendance nationale. En deuxième peloton, arrive tamazight. Chikhi a reconnu que certaines œuvres sont inaccessibles au grand public vu leur prix élevé, « quand un livre dont le prix atteint ou dépasse des fois 2. 000, 00 DA, il est clair que seule une certaine frange de la société l’achète ».

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