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Nationale

Religion : l’Algérie prépare une loi contre «la déviation»

Religion : l’Algérie prépare une loi contre «la déviation»

Le ministre des Affaires religieuses et des Wakfs, Mohamed Aïssa, a annoncé lundi un projet de loi pour prémunir la société contre la déviation des religions et la propagation des rituels et des idées étrangers à la référence religieuse sunnite de l’Algérie.

« Ce n’est point une loi contre les religions ni contre les doctrines religieuses mais contre leur déviation », a-t-il clarifié hier sur les ondes de la radio nationale.

Tout en préservant la liberté de culte pour les non musulmans en leur garantissant la pratique de leur religion, ce projet permet de protéger les algériens du danger sectaire et du prosélytisme chiite ou évangélique qui se propagent au nom du principe de la liberté des cultes en menaçant la cohésion sociale du pays.

Invité au Forum de la radio nationale Chaîne I, Mohamed Aïssa a tenu à affirmer que cette propagande du chiisme ne provient pas des pays chiites classiques, mais qu’elle émane plutôt des capitales occidentales dans l’objectif de « frapper l’unité nationale ».

Le ministre a tenu à préciser que l’Algérie n’a aucun problème avec cette doctrine en tant que culte, mais qu’elle s’oppose formellement au prosélytisme chiite en Algérie.

« Nous sommes des musulmans et nous considérons certes que tous les gens qui prient en direction de la kibla sont également musulmans, y compris les chiites. Nous ne les considérons pas comme des mécréants, sinon nous leur aurions interdit le pèlerinage.

Mais nous sommes contre le prosélytisme chiite et contre le prosélytisme évangélique », a-t-il insisté. Le ministre a dénoncé « l’insulte contre les femmes et les compagnons du prophète au nom du chiisme » et l’influence exercée sur les mineurs pour leur inculquer cette doctrine étrangère à notre islam sunnite. Mohamed Aïssa a également mis en garde contre les campagnes d’évangélisation pour la christianisation des algériens.

« Ces évangélistes dépassent l’église qui elle, au moins, s’adapte aux lois de la république », a-t-il constaté en prévenant que les évangélistes s’introduisent dans la société algérienne sous différents prétextes dont les aides humanitaires, le tourisme et la culture, pour organiser des rencontres qui leur permettent d’utiliser la prêtrise pour faire la promotion du christianisme. Interrogé sur le « courant ahmadite », connu également sous le nom d’ »el kadiria », l’hôte de la radio a expliqué que ce mouvement a été introduit en Algérie depuis l’ère coloniale et utilisé à des fins politiques.

« Il ne s’agit même pas d’un mouvement religieux radical mais plutôt d’une organisation encouragée et contrôlée par des officines étrangères qui la gèrent à leur profit, tout comme le mouvement Daech et auparavant El Qaïda », a-t-il soutenu.

Pour étayer ses propos, Mohamed Aïssa a évoqué un séminaire international en 2011 en Occident qui avait recommandé, au terme de ses travaux, l’invasion de l’Afrique du Sud par des mouvements étrangers à l’islam sunnite.

Citant quelques exemples des dépassements de cette secte, il a précisé que ce mouvement impose des rituels collectifs et soutire de l’argent à ses adeptes au profit de son pseudo-prophète, ce qui est en soi une atteinte à la stabilité nationale.

« Moi-même en tant que ministre je n’ai pas le droit de collecter de l’argent auprès des citoyens pour bâtir une mosquée sans l’autorisation de la wilaya, alors comment tolérer qu’une secte influence les algériens et leur soutire de l’argent pour l’échanger au marché noir et le transférer à l’étranger », a-t-il insisté.

Le ministre a dénoncé par ailleurs les campagnes médiatiques menées par les médias occidentaux pour favoriser l’islamophobie. « Tout le monde a pris conscience que le terrorisme n’a pas de religion ; malgré cette évidence, on tâche de l’associer à l’islam », a-t-il regretté, en concluant qu’il s’agit là d’une guerre idéologique, d’une guerre des civilisations entre le monde musulman et l’Occident, qui sait pertinemment que l’avenir appartient à l’islam. Concernant la préservation des lieux de culte des conflits politiques et des courses électorales, le ministre a assuré que les mosquées seront à l’abri des discours politiques tout au long de la campagne électorale des législatives.

Il a rappelé à ce propos que le code pénal sanctionne toute personne qui accapare les tribunes des mosquées pour faire passer des messages autres que le message religieux. « Il n’empêche que le discours religieux contribue à unir les algériens », a-t-il estimé.

Tout en affirmant que la majorité des imams ne sont pas très portés sur la politique et préfèrent se consacrer à leur mission religieuse, le ministre a assuré que les quelques imams qui se sont portés candidats sont interdits de prêcher ou de pratiquer leur fonction tout au long de la campagne électorale. 

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