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Algérie-Chine

Algérie-Chine : 62 ans sur la même longueur d’onde

Algérie-Chine : 62 ans sur la même longueur d’onde

L’Algérie et la Chine ont célébré le 20 décembre dernier le 62e anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques, le 20 décembre 1958. Ces relations ont atteint ce lundi une phase de partenariat stratégique global, les deux pays aspirant à les hisser à un haut niveau et à réaliser davantage de profits pour les deux peuples.

Depuis l’établissement de leurs relations diplomatiques, l’Algérie et la Chine se sont engagées à se conformer aux principes du respect mutuel et de l’intérêt réciproque. Elles ont œuvré à redonner vie à leurs relations bilatérales à travers la communication et une coopération «continue et étroite».

Les deux pays se sont toujours entraidés quand il s’agit des questions d’intérêt commun et ont maintenu le contact et une coordination étroite à l’égard des questions régionales et internationales, dès lors qu’ils soutiennent le pluralisme et les causes justes, de même qu’ils préservent les droits et les intérêts légitimes des pays en développement.

Le président Tebboune avait affirmé, lors d’une entrevue accordée à des médias nationaux en avril dernier, que «l’Algérie et la Chine sont liées par une relation de forte amitié remontant à la période de la guerre de libération qui s’est poursuivie après l’indépendance». Il avait rappelé la bataille acharnée menée par l’Algérie pour l’adhésion de la Chine à l’Organisation des Nations unies (ONU) et leurs accords stratégiques signés dans plusieurs domaines. Historiquement, la Chine a été le premier pays à reconnaître le gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) après sa proclamation en 1958. Les relations entre les deux pays se sont développées après l’indépendance de l’Algérie.

D’ailleurs, la Chine a envoyé des aides humanitaires et un staff médical à l’Algérie. Pour sa part, l’Etat algérien a été parmi les premiers pays africains à reconnaître la République populaire de Chine, de même qu’elle a défendu la campagne chinoise pour que ce pays soit reconnu à l’ONU. L’ambassadeur de Chine en Algérie avait prévu, récemment, que les relations algéro-chinoises seraient «plus brillantes» à l’avenir compte tenu des nombreux éléments qui renforcent ces relations.

«Ces relations, qui s’étendent à plus d’un demi-siècle, connaissent une nouvelle étape de coopération entre les deux pays contre la pandémie, et notamment sur la crise libyenne et la défense conjointe des mêmes principes dans le cadre de la solidarité avec l’Afrique», a déclaré l’ambassadeur chinois, soulignant «la détermination commune» des dirigeants des deux pays à «réaliser une grande intégration économique».

La route de la soie, élément moteur

L’ambassadeur chinois a exprimé la volonté de son pays de renforcer la coordination stratégique entre les deux pays à travers l’édification sino-algérienne de «la Ceinture et la Route» ainsi que l’édification d’une Algérie nouvelle afin que la coopération pragmatique sino-algérienne «porte ses fruits et atteigne un niveau supérieur».

L’Algérie a adhéré officiellement au projet gigantesque chinois appelé «Nouvelles routes de la soie» en signant un décret présidentiel portant ratification du mémorandum d’entente entre l’Algérie et la Chine sur la coopération dans le cadre de l’Initiative de la ceinture économique de la route de la soie et la route de la soie maritime du XXIe siècle, publié dans le Journal officiel. Signé à Beijing en septembre 2018, entre les gouvernements algérien et chinois, ce mémorandum d’entente sur la coopération définit les différents aspects de la coopération bilatérale dans le cadre de cette initiative. A travers cet accord, les deux pays œuvrent à consolider les relations

politiques, renforcer les liens économiques et intensifier l’échange interpersonnel et l’échange culturel, contribuant ainsi à la réalisation des objectifs communs du développement. L’Algérie et la Chine œuvrent également à «instaurer une coopération fructueuse et un développement durable grâce aux potentialités, opportunités et avantages intégrés offerts par les économies des deux pays».

Les deux pays œuvrent aussi à «renforcer la coopération avec les Etats participant à l’initiative et consolider leur développement économique réalisant leur progrès», ainsi qu’à renforcer l’échange et le soutien mutuels, conformément au concept de l’initiative. «La ceinture et la route est une initiative fondée sur la coopération, le développement et le gain mutuel, à travers le plein emploi des mécanismes bilatéraux de coopération existants et des mécanismes multilatéraux qui lient les parties», ajoute le communiqué.

Lancées en 2013 par le président chinois Xi Jinping, les «Nouvelles routes de la soie» sont un ensemble de projets d’infrastructures visant à consolider les relations commerciales de Pékin sur trois continents : Asie, Europe et Afrique. Le projet est connu en Chine sous le nom «La ceinture et la route» : une ceinture terrestre reliant l’Empire du Milieu à l’Europe occidentale via l’Asie centrale et la Russie ; et une route maritime lui permettant de rejoindre l’Afrique et l’Europe par la mer de Chine et l’océan Indien. Environ 18% du total des importations algériennes provenaient de Chine en 2017, faisant de Pékin le premier fournisseur de l’Algérie, devant la France (environ 9%) et trois autres pays de l’Union européenne.

La Chine n’était en 2017 que le 13e client de l’Algérie, ne recevant que 2% de ses exportations. Cette inclusion de l’Algérie dans la route de la soie est porteuse d’immenses possibilités. L’Algérie pourra même penser, dans le cadre d’un partenariat gagnant-gagnant avec le partenaire chinois, à la mise en place du plan énergies renouvelables et la locomotion électrique, ainsi qu’à la mise en place d’une université chinoise en Algérie pour les sciences et la technologie. La Chine, notamment à travers des entreprises de la construction, est au premier rang des investisseurs étrangers en Algérie (2016).

La participation d’Alger à l’initiative «Belt and Road» devrait permettre de créer de nouvelles opportunités de développement en Algérie et créer de nouveaux emplois alors que le pays souffre actuellement d’un taux de chômage élevé (taux officiel de 13% en 2020). Son économie est toujours très dépendante du secteur des hydrocarbures.

Les projets liés à la BRI pourraient favoriser cette diversification et amener plus d’investisseurs chinois et étrangers en Algérie. L’autre point est celui des infrastructures. La BRI pourrait permettre à l’Algérie de renforcer sa position de hub en Méditerranée entre l’Europe et l’Afrique, et de faciliter le développement d’infrastructures déjà existantes.

Les autorités algériennes, qui ont pris conscience tardivement du caractère déséquilibré de la relation économique avec le partenaire chinois, ont commencé à le lui faire savoir au cours des toutes dernières années, et ce en réclamant plus d’investissements des entreprises chinoises dans notre pays. Le projet chinois et les chances qu’il offre à l’Algérie ainsi qu’aux pays du Maghreb étaient précisément le sujet choisi par le think tank Care pour la reprise de ses activités. Dans des proportions plus modestes, le déficit commercial de l’Algérie avec le partenaire chinois était quand même supérieur à 7 milliards de dollars en 2017. Ce qui a représenté près des trois quarts du déficit global l’année dernière.

Du fait de la qualité de sa relation politique avec la Chine, mais aussi du fait de son poids économique, de son potentiel énergétique et de son positionnement stratégique à l’intersection entre l’Europe et l’Afrique arabe, l’Algérie semble particulièrement bien placée pour se positionner en partenaire pivot pour de gros investissements en infrastructures, orientés notamment vers le désenclavement du Continent

africain. L’Algérie n’a d’ailleurs pas été absente des projets de financement chinois au cours des dernières années. Dans le prolongement de l’accord de partenariat stratégique signé par les Présidents des deux pays en 2014, deux projets importants sont notamment en cours de finalisation. Ils concernent la réalisation du port de Cherchell pour environ 3 milliards de dollars et un ambitieux projet d’exploitation des gisements de phosphate de la région de Tébessa, avec un investissement prévu de près de 6 milliards de dollars.

On peut y ajouter trois projets de partenariat industriel conclus entre des entreprises algériennes et des entreprises chinoises dans les domaines des véhicules utilitaires, de la production de terminaux électroniques de paiement et de l’industrie du marbre. D’autre part, pour que la Transsaharienne soit réellement un succès, l’ensemble de la communauté internationale, y compris la Chine, devront poursuivre leurs efforts pour assurer la sécurité sur ces routes et lutter contre le terrorisme. Les projets des nouvelles routes de la soie en Algérie devraient accompagner le développement et, ainsi, créer de nouvelles opportunités pour les entreprises de la rive nord de la Méditerranée et renforcer la connectivité de l’Europe à l’Afrique subsaharienne.

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