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Nationale

Relance économique: Les solutions de Belmihoub

Relance économique: Les solutions de Belmihoub

Deux facteurs sont primordiaux pour concrétiser la relance économique. C’est la transparence et la numérisation pour faire barrage à la bureaucratie et à la corruption. Deux fléaux qui minent l’économie nationale et sur lesquels il faudrait agir et travailler d’arrache-pied. 

C’est l’idée forte qui a été développé hier par le ministre délégué auprès du Premier ministère chargé de la Prospective, professeur Mohamed Cherif Belmihoub, à la veille de la tripartite consacrée au plan de la relance économique prévue entre le gouvernement et les partenaires sociaux.

Professeur Belmihoub a précisé qu’il s’agit de simplifier les procédures administratives, de rendre transparentes les décisions économiques et de lutter contre la corruption et les pratiques prédatrices, de manière à s’assurer qu’il n’y aura pas de réversibilité de la situation initiale. « La question de la gouvernance est primordiale pour le plan de la relance économique.

Sans la transparence, la responsabilité et la redevabilité, vous mettez les ressources que vous voulez, vous n’obtiendrez pas de résultats », déclare-t-il lors de son passage à la radio nationale.
Sur le plan de relance, le ministre dévoile trois phases. D’abord, celle dite d’urgence. Elle consiste à se pencher immédiatement sur les préoccupations des opérateurs économiques, à résoudre pendant l’année en cours. Ensuite, l’étape 2021 -2022 ; l’objectif étant de préparer les conditions requises pour une transformation structurelle.

Le plan censé couvrir la période 2024-2025 pour l’introduction des grandes réformes envisagées par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Ce sont notamment la sortie de la dépendance des hydrocarbures, la diversification de l’économie et aller vers le commerce extérieur, explique l’expert en économie.
De même, le gouvernement se fixe deux objectifs majeurs ; la sécurité alimentaire et la sécurité énergétique. 

Pour le ministre, la stratégie du gouvernement est « claire », d’où la mise en place d’un département ministériel dédié aux mines et celui de l’industrie pharmaceutique. Ce qui permettra, ajoute-t-il, de développer le tissu industriel et de satisfaire les besoins locaux en matière de produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques. L’agriculture est une question « décisive » pour le gouvernement qui s’oriente vers le développement de la culture saharienne, renchérit-t-il encore. 

Quels types de financements ?
Pour le financement de ce plan de relance économique, Belmihoub recense quelques dispositifs, tels les ressources qui n’ont pas été exploitées, citant à titre d’exemple les comptes de réverses à l’‘instar des CAS (comptes d’affectation spéciaux). L’on compte également à redynamiser le marché financier à commencer par le lancement des produits de la finance islamique.

S’ajoute à cela, les IDE (investissements directs étrangers) dans le cadre de partenariat ou à travers l’installation des entreprises étrangères avec leurs propres fonds, surtout que beaucoup de contraintes ont été levées en la matière. Le ministre estime que la réduction des importations permettra aussi d’orienter des sommes des réserves au financement du plan en question, sans exclure la possibilité de faire appel au marché financier local.

Par ailleurs, M. Belmihoub a mis l’accent sur la révision des « dépenses fiscales »,c’est-à-dire exonérer les opérateurs économiques des impôts et des taxes sans avoir un retour. « Là où il y a des incitations, il faut qu’il ait une contrepartie », martèle l’expert.

Ce plan de relance économique « pragmatique » visera, rappelle-t-il, à obtenir d’ici la fin de l’année, un impact immédiat sur la vie du citoyen et des entreprises. Il s’agit précisément de sauver le tissu économique et d’une soutenabilité économique et financière de ce qui va être mis en place comme mesures et projets, ajoute-t-il.

Aujourd’hui, le gouvernement est en face de trois crises cumulées et superposées, ce qui fait que le défi à affronter est immense, surtout que notre économie n’est pas résiliente en raison de son hyper-dépendance aux hydrocarbures, fait-il observer.

Dans cette démarche, dit-il, le président de la république a souligné qu’elle soit souveraine et protectrice du pouvoir de décision politique, c’est-à-dire sans recourir à des institutions internationales. Mais, elle doit surtout être solidaire, ce qui impliquera le partage de la responsabilité et des résultats escomptés, poursuit-il.

Evoquant la question de l’investissement, M. Belmihoub a relevé que les participants à cette rencontre auront à aborder tous les aspects liés au climat des affaires, juridique et institutionnel, de manière à démanteler les monopoles et les oligopoles pour libérer totalement l’investissement. 
« La question de la concurrence et des marchés sera abordée, à même de faire sortir l’économie des monopoles, des oligopoles et des captures des rentes par une catégorie qui ne produit pas la croissance » fait-il constater, soulignant qu’il faudrait lever tout ce tas de facteurs de blocage.

Sur ce point, l’expert en économie insiste sur « le déboulonnage » du système en place aussi bien dans sa configuration institutionnelle que dans sa dimension structurelle.

Selon le ministre, la conférence nationale d’aujourd’hui se veut une démarche « inclusive » entre gouvernement, partenaires sociaux et experts afin de passer en revue l’ensemble des secteurs économiques.

Onze ateliers sont prévus où le gouvernement va afficher clairement sa vision sur la configuration de l’économie et sera tout ouïe, quant aux propositions et doléances des spécialistes et des partenaires sociaux. 

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