Réhabilitation et modernisation des hôtels : La Cour des comptes relève des lacunes
Le programme de réhabilitation et de modernisation (PRM) des structures relevant du portefeuille du Groupe Hôtellerie, tourisme et thermalisme (HTT) n’a pas atteint les objectifs escomptés, consistant notamment à mettre à niveau les structures hôtelières et touristiques du groupe aux normes internationales, et ce dans l’objectif de développer leur activité et leur rentabilité. Ce programme n’a été réalisé qu’à hauteur de 43 % et son coût de réalisation a presque doublé. C’est le constat établi par la Cour des comptes dans son rapport annuel.
Lancé en 2012, après plus de 11 ans de son adoption par le Conseil des participations de l’Etat (CPE), ce programme n’a pas atteint les objectifs fixés, selon cette institution supérieure de contrôle du patrimoine et des fonds publics. Pourquoi ? Plusieurs lacunes ont été signalées par la Cour des comptes, laquelle a relevé « les faiblesses des études technique et économique du PRM, un mode de financement inadapté, l’absence d’une gouvernance et d’une supervision à la hauteur du programme et les déficiences caractérisant les procédures de contrôle interne ».
Tous ces facteurs ont entravé la mise en œuvre de ce programme de réhabilitation et de modernisation de ces infrastructures hôtelières. L’institution, qui dit que l’objectif principal du PRM consistant en la réhabilitation et la modernisation de 61 unités et la réalisation de 2 nouvelles unités, « n’a été réalisé qu’à hauteur de 43 % ». Ce retard dans la réalisation de ce projet a aussi été accompagné par un accroissement exorbitant du coût de sa réalisation. Il est passé de 74 milliards de dinars à 126 milliards de dinars, selon la Cour des comptes, qui a également signalé « un nombre important de contrats en contentieux pour cause de défaillance des entreprises de réalisation ».
L’institution a aussi évoqué les objectifs liés à l’amélioration des principaux indicateurs de gestion des unités hôtelières du groupe grâce à l’amélioration de la qualité des services hôteliers et l’augmentation du taux d’occupation des chambres, qui n’ont cependant pas été atteints par toutes les unités hôtelières.
« Les indicateurs retenus, notamment le chiffre d’affaires, la valeur ajoutée, l’excédent brut d’exploitation et le résultat net de l’exercice, ont connu à partir de l’exercice 2015, dans toutes les unités, des baisses significatives qui se sont répercutées sur la structure financière du groupe lui-même et celle des filiales, remettant ainsi en cause la pérennité de l’exploitation de plusieurs d’entre elles », a-t-on précisé.
La Cour des comptes, qui a indiqué que l’activité du groupe public est inscrite comme l’une des priorités des programmes publics pour la diversification de l’économie nationale, a fait savoir que l’évaluation du programme de réhabilitation et de modernisation des structures relevant du portefeuille du groupe HTT, a été menée suite à une saisine du Premier ministre.
Le contrôle a ciblé 17 unités hôtelières relevant de sept EPE-EGT, à savoir celle de Zéralda, de Sidi-Fredj de la thalassothérapie, de l’Est, de Kabylie, de Ghardaïa et des Andalouses.
La Cour des comptes, qui a expliqué que l’objectif du PRM vise la mise à niveau les structures hôtelières et touristiques du groupe aux normes internationales, le développement de leurs produits hôteliers et la promotion de la qualité de leurs services pour une plus grande attractivité des touristes et une amélioration de leur activité et leur rentabilité, a souligné l’impact du retard dans la réalisation de ce programme. Il « a eu des répercussions négatives sur l’activité et la situation économique et financière, aussi bien du groupe que de ses filiales », précisant que « cet état de fait, qui a remis en cause la pérennité de l’exploitation de quatre filiales, risque de remettre encore en cause celle d’autres filiales ».
La Cour des comptes, qui réfute le motif de la pandémie du coronavirus sur l’activité de ces établissements, a émis une série de recommandations. Il s’agit d’« instaurer un système de supervision rigoureux et permanent par le groupe de tous les contrats d’étude et de travaux en cours de réalisation, de clarifier et d’assainir la situation juridique, comptable et financière de certains hôtels, et de réfléchir à d’autres voies juridiques et économiques spécifiques à la gestion publique, notamment celles offertes par les ressources du partenariat public-privé ».