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Nationale

Réglementation UE sur le méthane : Le ministère de l’Énergie confirme le front commun de l’Algérie avec Washington et Doha

Réglementation UE sur le méthane : Le ministère de l’Énergie confirme le front commun de l’Algérie avec Washington et Doha

Au lendemain des révélations  Financial Times et le Jeune Indépendant, le ministère des Hydrocarbures a officialisé la signature par l’Algérie d’une lettre ouverte conjointe avec les États-Unis, le Qatar et le Nigeria. Adressée aux dirigeants européens, cette initiative dénonce des contraintes réglementaires intenables qui font peser un risque immédiat sur l’approvisionnement en énergie du Vieux Continent.

Le ministère des Hydrocarbures a annoncé que l’Algérie a co-signé une lettre ouverte conjointe exigeant une révision urgente du règlement de l’Union européenne (UE) sur les émissions de méthane (EUMR). En s’alignant aux côtés des États-Unis, du Qatar et du Nigeria, l’Algérie intègre un puissant quatuor énergétique. Cette alliance inédite a adressé un message ferme à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ainsi qu’au président du Conseil européen, António Costa, pour dénoncer une législation déconnectée des réalités industrielles.

Le Secrétaire américain à l’Énergie, Chris Wright, a publiquement relayé la gravité de cette démarche commune. Dans une déclaration sans équivoque, il a averti que les réglementations proposées par l’UE sur le méthane, applicables au gaz naturel et au pétrole, allaient inévitablement faire grimper les prix de l’énergie et exposer les citoyens européens à des coupures d’électricité en plein hiver (winter blackouts). Selon les données d’une analyse industrielle indépendante citée dans la lettre commune, publiée, ce jeudi, sur le réseau X par Chris Wright, la quasi-totalité des importations de pétrole de l’UE et une quantité significative de ses importations de gaz naturel seront en situation de non-conformité dès janvier 2027 si le texte reste en l’état.

L’argumentaire développé par le quatuor de signataires met en lumière l’urgence absolue de la situation face au calendrier de l’UE. La lettre souligne que la fenêtre d’action pour modifier le texte est extrêmement étroite, car les importateurs ont déjà entamé le processus d’achat du pétrole et du gaz destinés à être stockés pour l’année 2027.

À l’heure actuelle, il n’existe tout simplement aucune voie viable vers la conformité. Le document officiel pointe également du doigt l’insuffisance des solutions de repli de la Commission européenne. Compter sur de futures lignes directrices non contraignantes ou sur une non-application discrétionnaire des sanctions par les 27 États membres ne résout en rien les risques financiers et juridiques colossaux. Les exportateurs et les importateurs refusent en effet de s’engager dans des accords contractuels portant sur des dizaines de milliards d’euros s’ils savent pertinemment qu’ils violent le droit européen.

L’Europe dos au mur

Pour désamorcer cette impasse, la lettre ouverte formule des revendications précises visant à assouplir le cadre européen. Les signataires réclament en premier lieu l’adoption d’un mécanisme suspensif  dit « Stop the Clock » (moratoire), afin d’accorder le délai nécessaire à l’élaboration de méthodologies réalistes et de trajectoires de conformité adaptées à toutes les parties.

Par ailleurs, ils exigent la garantie de protection des contrats existants « Grandfathering » (antériorité) conclus durant la mise en œuvre des amendements, compte tenu de leur nature à long terme et de leur volume financier. Enfin, le quatuor demande la levée pure et simple des sanctions résultant de la non-conformité pendant toute la durée de cette période transitoire.

Le ministère algérien n’a pas manqué de rappeler que l’Algérie, fournisseur historique et fiable, ne s’oppose pas aux objectifs climatiques. Sonatrach et les producteurs partenaires déploient des efforts concrets et d’importants capitaux pour réduire l’intensité de leurs émissions de méthane, rejoignant l’avis exprimé dans le document officiel qui rappelle que les nations productrices progressent activement dans ce domaine.
Dans une déclaration liée à cette signature, le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, a plaidé pour le bon sens, appelant à une approche pragmatique capable de concilier la durabilité environnementale et les impératifs de la sécurité énergétique.

Alors que l’Europe tente encore de se reconstruire après sa rupture avec le gaz russe, ce front commun mené par ses fournisseurs les plus stratégiques sonne comme un avertissement ultime. La panique commence d’ailleurs à gagner les rangs européens  A Bruxelles, une autre lettre circule où la République tchèque et la Slovaquie réclament elles aussi un report d’au moins trois ans de la réglementation.

Le ministère des Hydrocarbures a conclu en affirmant que l’Algérie maintiendra un dialogue actif avec les institutions européennes pour parvenir à un cadre équilibré qui préserve les intérêts communs de toutes les parties.

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