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Culture

Reggam le maître tisseur

Reggam le maître tisseur

El Reggam, personnage mythique qui a façonné, durant des siècles, l’histoire du tapis traditionnel grâce à son génie créateur, est à l’honneur lors de l’exposition dont le vernissage a eu lieu ce jeudi 23 avril, le musée des arts et des traditions populaires de Médéa, dans le contexte du Mois du Patrimoine. Une exposition visible jusqu’au 15 juillet prochain.

L’exposition sur El Reggam sera lancée dans une ambiance de fête populaire, de fantasia au musée de Médéa dans la commune de Si El Mahdjoub. Peu connu jusqu’ici du grand public, El Reggam reste sans conteste l’élément clé dans le processus de fabrication du tapis traditionnel.

Ce maître tisseur, dont le métier a disparu aujourd’hui, est le concepteur artistique du tapis. De nature nomade, sillonnant les contrées et les tribus, le maître tisseur a pour habitude de s’installer au sein d’une famille pour imaginer à leur profit le tapis, il choisit alors la laine qui sert à la confection du tapis, les couleurs et les motifs.

El Reggam prend le soin, afin que chaque tapis puisse être différent des précédents, de s’assurer à lui donner un cachet particulier qui le différencierait des autres. Il s’agit de personnaliser l’œuvre qu’il conçoit et dessine pour son « client ». Son travail s’accompagne, le plus souvent, de chansons populaires, de plaisanteries et de contes permettant de créer une ambiance qui stimule les exécutantes de l’œuvre, des femmes rodées à ce métier passionnant, mais néanmoins pénible, qui requiert attention et grande concentration.

Les visiteurs attendus à cette exposition, qui s’étalera jusqu’en juillet prochain, auront l’occasion de découvrir quelques uns des plus célèbres tapis traditionnels, encore en vogue dans certaines régions d’Algérie, à l’instar des tapis de Tlemcen, Babar à Kenchela, Aflou à Laghouat, Ghardaïa et de Ath Hichem dans la wilaya de Tizi-Ouzou.

Une rétrospective retraçant les différentes étapes de fabrication du tapis, depuis la tonte de la laine de mouton, le triage, le lavage, en passant par le reinage, le cadrage, jusqu’au filage du tapis, est également accessible au public, dans l’une des allées du musée national des arts et des traditions populaires de Médéa.

Ce métier séculaire a donné naissance, au cours de son évolution, à de multiples croyances, qui ont tendance à disparaître et auxquelles les artisans accordent beaucoup d’attention. Le métier à tisser devait impérativement être installé au milieu de la tente ou de la rahba (cour), salué, en outre, chaque matin, pour éloigner le mauvais sort. Il est alors recommandé d’éviter d’accrocher, quoique ce soit, au dessus du métier à tisser ou de s’assoir sur l’ensouple inférieure.

Le tapis est ainsi considéré comme un « être vivant » qui nait, grandit, puis meurt, et doit bénéficier, à cet égard, du plus grand respect. Les anciens pensent que le meilleur jour pour entamer la confection d’un tapis est, soit le lundi, le jeudi ou le samedi. Ils observent aussi un rituel, fait notamment d’échanges de salutations entre maître-tisseurs, durant les différentes phases de confection, de la pose du métier jusqu’à son démantèlement. 

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