-- -- -- / -- -- --
Nationale

Refugiés syriens: Amnesty International épingle le Maroc

Refugiés syriens: Amnesty International épingle le Maroc

Les autorités marocaines bafouent les obligations internationales en matière de protection des réfugiés en bloquant un groupe de réfugiés syriens dans une zone désertique à la frontière entre le Maroc et l’Algérie, les privant de la possibilité de demander l’asile et de recevoir une aide humanitaire d’urgence.

Les propos graves et accusateurs sont ceux de l’ONG Amnesty International, qui a enquêté sur cette question. A l’inverse de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) qui refuse de condamner le Maroc dans l’affaire des refugiés syriens où figurent dix enfants, deux personnes souffrant d’hypertension et l’une d’une maladie rénale qui figurent parmi le groupe coincé depuis deux mois dans la zone tampon située sur le territoire marocain, à un kilomètre de l’oasis de Figuig, au Maroc, et à cinq kilomètres de Béni Ounif, en Algérie, Amnesty international (AI) n’y va pas par quatre chemins pour accuser directement le royaume de bafouer les obligations internationales en matière de protection des refugiés : « En refusant aux réfugiés syriens la possibilité d’entrer en contact avec le HCR, les autorités marocaines bafouent leurs obligations internationales.

Ces personnes ont fui des massacres et des bombardements en Syrie et sont venues chercher la sécurité dans un autre pays ; les autorités marocaines doivent leur accorder le droit de demander l’asile », indique Heba Morayef, directrice des recherches pour l’Afrique du Nord à Amnesty International dans un rapport rendu public jeudi dernier.

AI a mis à nu les desseins du Maroc qui veut coller à l’Algérie l’étiquette de mauvais élève en matière de droits de l’homme : « En les privant de la possibilité de demander l’asile et de recevoir une aide humanitaire d’urgence », International ajoute la directrice des recherches de l’AI.

Le rapport de AI cite le Haut commissariat aux refugiés (HCR) qui s’est dit, le 30 mai passé, « profondément préoccupé par la détérioration rapide des conditions pour ce groupe de réfugiés vulnérables ». 

Le document de l’AI relève même des détails qui donnent des frissons dans le dos : deux Syriens bloqués souffraient d’hypertension et un autre d’une maladie rénale, mais les autorités marocaines ne leur ont offert aucun soin et ne leur ont pas permis de rencontrer les médecins qui accompagnaient les organisations marocaines de défense des droits humains qui ont tenté de se rendre sur place.

Et d’ajouter que les réfugiés « dormaient dans des abris de fortune, ne les protégeant guère des insolations dans une région où les températures peuvent atteindre 45 degrés, ni de la menace des attaques de serpents ».

AI contredit dans ce document la thèse marocaine soutenant que les réfugiés ne se trouvaient pas sur son territoire : « Le gouvernement marocain a jusqu’à présent soutenu que ces réfugiés ne se trouvaient pas sur son territoire.

Amnesty International a examiné les données cartographiques et les images satellites publiquement disponibles, et a confirmé à partir des données GPS qu’ils se trouvaient bien en territoire marocain », souligne l’ONG.

La directrice des recherches de l’AI épingle le Maroc de en matière de droits de l’homme : « Les autorités marocaines ne doivent pas mettre en danger la vie des réfugiés en les laissant piégés à la frontière dans des conditions difficiles et sans aide humanitaire. Elles doivent immédiatement leur permettre d’entrer dans le pays et d’exercer leur droit de demander l’asile auprès du bureau compétent du HCR au Maroc », prévient-elle.

La responsabilité du Maroc est aujourd’hui entièrement engagée devant l’opinion internationale et les instances onusiennes, même si une partie de la presse occidentale continue de fermer les yeux sur ce terrible drame, comme celui d’Al Hoceima, où les autorités marocaines répriment à tour de bras et en vase clos toute manifestation pacifique de la population locale qui continue, vaille que vaille, à sortir dans la rue pour exprimer son ras-le-bol.

Une chape de plomb semble avoir recouvert la cité depuis la vague d’arrestations dans les rangs des meneurs de la révolte. Le photojournaliste Louis Witter, présent à Al Hoceima, le quartier de Sid El Abed, lieu des rassemblements nocturnes, a été bouclé le 7 juin au soir.

Sur son compte Twitter, il relate la situation : un dispositif composé de femmes policières a quadrillé la grande place. Plusieurs groupes de centaines de personnes ont été, selon lui, « éparpillés sans possibilité de se rejoindre » pour les empêcher de défiler : « Jour après jour les habitants des quartiers contestataires sont repoussés dans les montagnes, qu’ils doivent contourner de nuit », dit-il. 
Selon lui, les habitants de la ville hésitent de plus en plus à s’adresser à la presse « de peur de représailles ».

« Selon des témoignages concordants, la plupart des manifestants qui s’expriment à visage découvert dans les médias sont convoqués par la police locale. Nombre d’adultes ont préféré ne pas sortir à la nuit tombée, laissant davantage des jeunes d’une vingtaine d’années investir les rues. Certains attendent l’arrivée des vacanciers rifains de l’étranger pour manifester en plus grand nombre », ajoute ce reporter.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email