Réformes scolaires : «L’école est sur la bonne voie»
Si les nouvelles dispositions relatives à la rentrée scolaire 2026-2027 suscitent des critiques de la part de certains syndicats, notamment sur leur calendrier et certains choix pédagogiques, elles sont, en revanche, favorablement accueillies par plusieurs spécialistes de l’éducation. Pour le conseiller en éducation Kamel Nouari, les orientations annoncées par le ministre de l’Éducation nationale, Mohamed Seghir Saâdaoui, constituent « une étape importante » dans la construction d’une école moderne, plus performante et davantage tournée vers les défis de demain.
Contacté par Le Jeune Indépendant, M. Nouari estime que les orientations retenues par le ministère s’inscrivent dans une vision visant à bâtir une école de qualité, capable d’accompagner les mutations internationales, de consolider la stabilité du système éducatif et d’améliorer les performances des élèves. Selon lui, ces décisions répondent à des attentes de longue date et traduisent une réelle volonté de renforcer les apprentissages, d’élever le niveau de l’enseignement et d’adapter les programmes aux exigences du monde contemporain.
Parmi les mesures qu’il juge les plus marquantes, figure l’introduction de l’anglais dès la troisième année de l’enseignement primaire, tandis que le français sera désormais enseigné à partir de la quatrième année. À son avis, il s’agit d’une décision « courageuse », l’anglais s’étant imposé comme la langue de référence dans les domaines de la recherche scientifique, de l’intelligence artificielle, de la cybersécurité et des nouvelles technologies.
Kamel Nouari salue également la réorganisation de l’enseignement de certaines disciplines au lycée. Selon lui, la redistribution des matières entre les différents niveaux permettra de concentrer les efforts sur les enseignements essentiels en fonction des futures spécialités universitaires des élèves. Cette réforme devrait aussi alléger les épreuves du baccalauréat en réduisant le nombre de matières évaluées et, par conséquent, la durée des examens.
Le renforcement de l’enseignement de l’anglais dans les filières scientifiques et technologiques constitue, selon lui, une évolution logique. « Aujourd’hui, la quasi-totalité de la production scientifique mondiale est publiée en anglais. Il était indispensable d’accorder à cette langue la place qu’elle mérite dans les cursus scientifiques », souligne-t-il.
Le conseiller insiste également sur la nécessité de réviser les programmes scolaires, estimant que certains contenus ne correspondent plus aux réalités actuelles. Pour lui, l’actualisation des curricula est devenue indispensable afin de mieux préparer les élèves aux exigences de l’enseignement supérieur et du marché du travail.
Miser sur le potentiel créatif des élèves
Par ailleurs, Kamel Nouari se félicite de la pérennisation du Concours national de l’innovation scolaire, convaincu que « l’élève algérien possède un véritable potentiel de créativité lorsqu’il évolue dans un environnement favorable ». Il estime que cette initiative contribuera à encourager l’excellence, l’esprit d’innovation et la culture de la performance.
Il accueille également favorablement la poursuite du programme de relance du sport scolaire, la promotion de la santé en milieu éducatif ainsi que le renforcement de la prise en charge pédagogique des élèves hospitalisés. À ses yeux, ces actions participent à l’amélioration du bien-être des élèves tout en les protégeant de différents risques sociaux.
Autre chantier qu’il juge stratégique : la poursuite de la transformation numérique du secteur. Le conseiller considère que l’interconnexion des bases de données et la numérisation des services renforceront la gouvernance du système éducatif et amélioreront les prestations offertes à l’ensemble de la communauté éducative.
Kamel Nouari se montre également favorable à une évolution progressive du système du tronc commun vers celui des filières dans l’enseignement secondaire. Selon lui, cette organisation permettra une meilleure orientation des élèves et une adaptation plus efficace des parcours de formation aux besoins du développement national.
Enfin, il considère que l’introduction de l’informatique en tant que discipline renforcée au lycée constitue une décision en phase avec les profondes mutations numériques que connaît le monde. Cette évolution contribuera, selon lui, à développer les compétences scientifiques des futurs étudiants et à répondre aux besoins croissants de l’économie nationale en matière de numérique.
Kamel Nouari estime que ces réformes méritent d’être soutenues. Il rappelle que les performances réalisées par les élèves algériens, notamment la première place obtenue par l’Algérie aux Olympiades africaines de mathématiques 2026, témoignent du potentiel de la jeunesse. Pour lui, une école davantage ouverte sur les sciences, les technologies et l’innovation permettra de valoriser ces compétences et de mieux préparer les générations futures aux défis de demain.
Tout en reconnaissant que la réussite de ces réformes dépendra de leur mise en œuvre sur le terrain, il considère qu’elles constituent une véritable opportunité pour améliorer durablement le système éducatif national. Une analyse qui contraste avec les réserves exprimées par certaines organisations syndicales et illustre le débat suscité par les changements annoncés à quelques semaines de la rentrée scolaire.