Réformes de l’école : 2026, l’année du grand chantier
Le secteur de l’Éducation nationale devrait connaître plusieurs réformes importantes, au cours de cette année 2026. Des changements sont attendus aussi bien au niveau des programmes, des examens que de l’organisation et de la gestion du système éducatif. Le conseiller pédagogique, Kamel Nouari, a plaidé pour une refonte approfondie du système éducatif, soulignant l’impératif d’adapter l’école algérienne aux évolutions pédagogiques, technologiques et socio-économiques actuelles.
Contacté par le Jeune Indépendant, Kamel Nouari a dressé une feuille de route des grands changements attendus pour cette année. Selon lui, l’année 2026 ne sera pas une année comme les autres pour les élèves et les personnels de l’éducation, affirmant que le ministère de l’Education nationale s’apprête à lever le gel sur plusieurs dossiers stratégiques et engager une mutation structurelle de l’école algérienne.
Nouari a estimé que la priorité devrait porter sur la révision des programmes et des curricula de certains niveaux des trois cycles d’enseignement, afin de les rendre plus cohérents avec les exigences contemporaines et les besoins réels des élèves.
Le conseiller pédagogique a également insisté sur la nécessité de revoir les examens officiels de la session 2027, en particulier l’examen du baccalauréat. Il préconise un recentrage sur les matières fondamentales, l’introduction de nouvelles filières adaptées au marché du travail, ainsi qu’un allègement des contenus au niveau de l’enseignement moyen et la suppression de certaines matières dans le cycle primaire.
Sur le plan institutionnel, Nouari a appelé à la restructuration de l’Inspection générale de l’éducation et à l’installation effective des inspections régionales prévues par les textes réglementaires en vigueur, restés inappliqués depuis 2020. Il a également plaidé pour l’installation des directions récemment créées au sein de l’administration centrale du ministère de l’Éducation nationale, notamment celles dédiées au sport scolaire et aux activités culturelles.
Abordant la question de l’enseignement privé, le conseiller pédagogique a souligné l’urgence de promulguer le cadre juridique régissant les écoles privées. Ce texte prévoit notamment l’uniformisation des normes de construction scolaire, l’application des programmes nationaux et l’ouverture à des établissements spécialisés, tels que les lycées de mathématiques, d’informatique ou de cybersécurité.
Nouari a, par ailleurs, appelé à l’ouverture de concours professionnels pour les enseignants et les personnels administratifs, conformément aux nouveaux textes réglementaires, ainsi qu’à une révision du dispositif de formation, du volume horaire et des contenus pédagogiques. Il a également plaidé pour la création de nouveaux instituts nationaux de formation dédiés au secteur de l’éducation.
Parmi les propositions avancées figurent l’introduction de l’éducation islamique au cycle moyen à partir de l’année scolaire 2026-2027, l’instauration d’un nouveau programme d’anglais en deuxième année moyenne, ainsi que la publication des textes relatifs au statut particulier des corps de l’éducation et à celui des enseignants retraités.
Le conseiller pédagogique a, enfin, appelé à l’organisation de conférences nationales réunissant experts et acteurs du secteur, afin d’ouvrir un débat approfondi sur des dossiers jugés sensibles, notamment l’orientation scolaire, les filières d’enseignement, les programmes, le baccalauréat, la formation, la gestion décentralisée et les résultats du système éducatif, notamment en lien avec les exigences de l’enseignement universitaire.