Réforme de l’Union africaine: L’Algérie préconise une approche pragmatique
Lors de la séance consacrée à la réforme institutionnelle de l’Union africain, dans le cadre des travaux, de la 39e session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine, le président Abdelmadjid Tebboune, représenté par le Premier ministre Sifi Ghrieb, a pris la parole pour réaffirmer l’engagement de l’Algérie en faveur d’une réforme institutionnelle réaliste et efficace de l’organisation continentale.
D’emblée, le chef de l’État a tenu à saluer les efforts engagés au sein de l’organisation, exprimant son appréciation au président William Ruto pour le rapport exhaustif qu’il a présenté sur la réforme institutionnelle de l’Union africaine . Soulignant que ce document « reflète un effort considérable dans la conduite de ce chantier stratégique depuis sa désignation, en 2024, à la tête du processus de réforme ». Et d’assurer « nous réaffirmons notre soutien à ses efforts soutenus visant à faire aboutir ce parcours vital pour notre organisation. »
Près d’une décennie après le lancement du processus en 2016, l’heure est à l’évaluation lucide, à indiqué Tebboune ,notant que si des « résultats relativement satisfaisants » ont été enregistrés, « l’extension des travaux, la diversification de leurs champs d’action et la multiplication des défis imposent désormais une halte responsable pour l’évaluation, la révision et la rectification ».
Dans cette perspective, l’Algérie plaide pour la poursuite du chantier, mais selon une méthode renouvelée. « selon une approche réformatrice renouvelée et plus efficiente, fondée sur la clarté de la vision et le réalisme dans l’exécution », a soutenu le président Tebboune. Mettant en avant « un esprit pragmatique tenant compte de nos capacités financières et humaines » et sur « une démarche progressive et flexible, axée sur le traitement des axes de réforme au cas par cas, loin des approches globales susceptibles d’épuiser nos ressources et d’affaiblir l’efficacité de nos décisions ».
Trois priorités structurent cette vision. D’abord, « renforcer l’efficacité des organes politiques de l’Union africaine », en rationalisant leur fonctionnement et en concentrant leur action sur les dossiers prioritaires, tout en garantissant la cohérence stratégique face aux défis actuels.
Ensuite, « poursuivre la réforme structurelle de l’Union et de ses programmes de manière graduelle et réaliste », afin d’assurer une utilisation optimale des ressources et de consolider l’indépendance décisionnelle du continent. Le président a mis en garde contre « une dépendance excessive vis-à-vis des partenaires extérieurs » et appelé à consacrer « les principes de transparence et d’efficacité dans l’exécution des programmes », à moderniser les mécanismes de recrutement et de suivi, à rationaliser les dépenses et à explorer « de nouvelles sources de financement durable ».
Enfin, la troisième priorité concerne la paix et la sécurité. Il s’agit, selon le chef de l’État, de « restructurer le système continental de paix et de sécurité de manière à garantir l’activation pleine et entière de ses piliers », en renforçant la diplomatie préventive, en intensifiant les efforts de médiation et en assurant « l’efficacité du Fonds pour la paix » face à la montée des menaces sécuritaires.
S’agissant des autres dossiers inscrits à l’agenda, à l’instar du Parlement panafricain, de la Cour africaine de justice ou encore de la restructuration des 57 unités relevant de l’Union ,Alger préconise « la progressivité et la prudence », en examinant ces questions « une à une », avec une attention particulière portée « aux incidences financières et structurelles, notamment à moyen et long termes ».
Le président Tebboune a, en outre relevé l’obligation de « renforcer et consacrer le rôle central du Comité des représentants permanents » dans le suivi de la mise en œuvre des orientations arrêtées par les organes délibérants, en coordination étroite avec la Commission de l’Union africaine et sous la supervision du coordinateur du processus de réforme.