Réforme de l’école : Le SNAPEP met en garde contre les querelles politiques
Le chantier de réforme du système éducatif engagé par le ministère de l’Education nationale continue de susciter des réactions au sein de la communauté éducative. Le Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement primaire (SNAPEP) apporte son soutien de principe à cette démarche, tout en plaidant pour un dialogue permanent avec les acteurs du terrain. Le syndicat met également en garde contre toute politisation du débat et défend une école solidement ancrée dans son identité, mais ouverte aux sciences, aux technologies et aux langues.
Dans un communiqué rendu public ce , dimanche le SNAPEP qualifie la réforme de l’école algérienne de « nécessité nationale, pédagogique et stratégique ». Celle-ci doit, selon lui, permettre de rétablir les équilibres du système éducatif, de consolider son identité et d’améliorer ses résultats, tout en l’adaptant davantage aux exigences de la science, du savoir, des technologies et des langues vivantes.
Pour le syndicat, la réforme ne doit pas être soumise aux « surenchères politiques » ni devenir un espace de règlement de comptes idéologiques. Il rappelle que l’école constitue une institution nationale stratégique, dont l’Etat a la responsabilité de définir les grandes orientations, en cohérence avec la Constitution, les constantes nationales et l’identité algérienne.
Dans ce cadre, les réformes engagées par le ministère de l’Education nationale doivent être discutées « avec calme et responsabilité », dans une approche pédagogique et à l’écart de toute instrumentalisation politique.
Le SNAPEP souligne également que les personnels de l’éducation attendent depuis longtemps la prise en charge de plusieurs dysfonctionnements accumulés au sein du système éducatif. L’ouverture du chantier de la réforme doit ainsi constituer une occasion de « reconstruire l’école algérienne sur des bases claires, stables et évolutives ».
Sur la question des langues, le syndicat appelle à éviter toute dérive vers une « bataille identitaire ». L’anglais et les autres langues internationales doivent être considérés comme des instruments au service du progrès, de la science et du savoir. Le choix des enseignements linguistiques doit, selon le SNAPEP, répondre avant tout à « l’intérêt national et pédagogique ».
Dans cette optique, le syndicat refuse que la langue française devienne « une question politique » susceptible d’être utilisée pour entraver les réformes. Il rejette également toute transformation du débat linguistique en conflit avec une langue ou une culture, rappelant que « l’Algérie est un Etat souverain » et qu’elle est en droit de déterminer les choix qu’elle juge les plus appropriés pour ses enfants et leur avenir.
Le SNAPEP met en garde contre la politisation
Le syndicat dénonce, par ailleurs, l’apparition de positions politiques appelant au report des réformes ou à l’élargissement du cercle des intervenants. Une telle démarche pourrait, selon lui, conduire à « enliser le projet dans des débats politiques et idéologiques sans fin ».
Tout en se déclarant favorable à l’implication de la famille éducative, des experts, des syndicats et des associations de parents d’élèves, le SNAPEP insiste sur la nécessité de préserver l’objectif de la concertation : enrichir et développer la réforme, et non la bloquer ou la ramener à son point de départ.
S’adressant aux formations politiques, le syndicat s’interroge : « Pourquoi l’intérêt de l’élève algérien ne pourrait-il pas constituer un point de convergence entre tous ? » Il déplore ainsi la tendance à transformer les enjeux éducatifs en terrain d’affrontement politique dès qu’un chantier de modernisation est engagé.
Le SNAPEP réaffirme ainsi son soutien au chantier de réforme du système éducatif, appelant à une démarche fondée sur une vision « nationale, institutionnelle, scientifique et pédagogique », loin des « tiraillements politiques et idéologiques ».
Pour le syndicat, la réussite de cette réforme passe nécessairement par l’implication de l’ensemble des acteurs du secteur. Il appelle à associer les compétences et les experts, mais également les enseignants, les inspecteurs, les praticiens de terrain, les organisations syndicales et les associations de parents d’élèves, afin d’enrichir le processus et d’en renforcer la pertinence.
Dans le même esprit, le SNAPEP appelle à une « mobilisation nationale » autour de l’école algérienne, rejetant toute tentative de transformer la réforme en terrain d’affrontement partisan ou idéologique.
Pour le syndicat, cette démarche doit placer « l’élève au premier plan », faire de « l’enseignant le partenaire essentiel » et maintenir « la famille éducative au cœur de la réforme ». Le SNAPEP assure enfin qu’il continuera à soutenir « toute démarche sérieuse » en faveur de la réforme de l’école, tout en préservant son droit à la proposition, à la critique et au suivi du processus.