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Nationale

Référendum: Un scrutin à un taux inédit

Référendum: Un scrutin à un taux inédit

C’est sans doute un scrutin des plus particuliers dans l’histoire électorale du pays. Avec un taux de participation de 23,7 %, on est face à un scrutin inédit. Il s’agit du plus bas taux de participation dans l’histoire électorale en Algérie.
Troisième du genre après celui de 1976, initié par les réformes de feu Houari Boumedienne et du 23 février e 1989 qui jeta les fondements du multipartisme, ce scrutin sur la révision constitutionnelle qui fut une promesse électorale du président de la république, Abdelmadjid Tebboune, aura vécu une longue gestation, de presque neuf mois. Une durée qui s’explique par la conjoncture exceptionnelle caractérisée par la pandémie du coronavirus et ses inattendues conséquences sur les plans économique, social et politique.

Alors, qu’on pensait que ce rendez-vous allait consacrer une nouvelle victoire pour Tebboune, bien plus qu’une garantie de légitimité ou de dividendes politiques pour l’avenir, voilà que la santé personnelle de l’initiateur du projet vienne chambouler les calculs et desservir la fête. Le taux de participation conforte cette atmosphère.

Le fait est assez inédit pour ne pas le relever. C’est la première dame du pays, Madame Tebboune, qui a voté pour son époux, par procuration, ce dimanche au Centre de vote de l’école Ahmed Aroua à Bouchaoui(Chéraga).

Il est à rappeler que le Président de la République se trouve en soins dans un hôpital spécialisé en Allemagne.
Les derniers communiqués officiels sur son état de santé évoquent des bilans satisfaisants et rassurants. Dimanche, un de ses conseillers, Abdelhafid Allahoum, a donné, à l’issue de l’accomplissement de son vote, ce même jour des nouvelles du chef de l’Etat, rassurant que ce dernier était “en bonne santé”.

Globalement, à part l’atmosphère délétère, voire violente dans certaines zones, qui a précédé le vote au niveau de trois wilayas (Tizi-Ouzou, Bejaia et Bouira), le scrutin s’est déroulé dans une ambiance calme et dans la sérénité. En fin d’après-midi, ce taux n’a pas crevé les plafonds, restant dans des niveaux très bas, donnant une indication sur ce qu’a aller être le taux final.  Les plus pessimistes tablaient sur un 30% mais pas un score aussi bas.

Il est connu que l’absentéisme est une tendance lourde chez l’électorat, depuis sans doute les présidentielles de 1995 ou celles de 2004. Un comportement qui dénote non plus une dépolitisation de larges franges de la jeunesse, mais plutôt une carence vive dans les rapports de confiance entre l’électeur et les instances élues. Ce fossé ne cesse de se creuser davantage.
C’est ce qui explique la tiédeur dans l’animation des meetings et autres rassemblements populaires lors de la campagne électorale. Une monotonie du discours qui s’ajoute à la passivité du public.

Il est vrai que le contexte sanitaire est pour beaucoup dans cette relative démobilisation, bien u’il s’agissait d’un projet de Loi fondamentale, dont les auteurs insistaient pour qu’elle soit l’émanation du mouvement citoyen du 22 février 2019, ou le hirak qui a provoqué la chute de l’ancien régime de Bouteflika.

L’autorité nationale indépendante chargée des élections (ANIE) a tenté, dès la matinée, de booster les opérations de vote, en permettant aux électeurs d’accomplir leur devoir avec simple présentation d’une pièce d’identité ou d’un permis de conduire.

Tous les observateurs s’accordent à dire que l’enjeu primordial de cette échéance était le taux de participation de l’électorat national. Un flou médiatique avait accompagné la campagne électorale, notamment avec l’absence flagrante de sondage, commandé ni par des institutions publiques, ni par d’organismes privés.

Un constat amer qui dure depuis des années, alors que la construction d’un système démocratique suppose au minimum l’existence des indicateurs sociologiques, à même de servir les différents gouvernants dans toute démarche future.

Pour les observateurs, la tenue d’un tel rendez-vous dans cette conjoncture exceptionnelle, est en soi un grand pas qui va libérer les pouvoirs publics. Un chantier achevé, mais d’autres vont commencer incessamment.

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