Réélection de Macron: une victoire au goût amer – Le Jeune Indépendant
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Réélection de Macron: une victoire au goût amer

Réélection de Macron: une victoire au goût amer

Les Français ont donné au président sortant Emmanuel Macron les clés d’un second quinquennat, encore une fois au détriment de la dirigeante de l’extrême droite Marine Le Pen, sans cependant adhérer à son projet. Il est le premier président à être réélu hors cohabitation, un défi que n’ont pas réalisé avant lui Nicolas Sarkozy et François Hollande. Il a bénéficié d’un vote-barrage pour empêcher l’extrême droite xénophobe de s’emparer du pays où est née la déclaration universelle des droits de l’homme. Macron gagne sans triompher.

Dimanche soir, il y a eu un ouf de soulagement mais pas de grande liesse populaire dans les rues de Paris. Emmanuel Macron a recueilli 58% des suffrages contre 42% pour sa rivale. L’écart de 16 points est ample mais moins important qu’en 2017 où il a été de 30 points. Il illustre la progression de l’extrême droite et confirme une reconfiguration du champ politique où les socialistes et la droite traditionnelle sont à l’agonie. En cinq ans, Marine Le Pen a progressé de presque 3 millions de voix; ce qui la rapproche de plus en plus de l’Elysée.

Si cela devait advenir dans cinq ans, Emmanuel Macron rentrerait dans l’histoire comme le dirigeant qui aura confié à l’extrême droite les portes de l’Elysée. Impopulaire et élu en partie par défaut, il est désormais tenaillé entre l’application de son programme et l’impératif de s’ouvrir vers ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, de gauche ou de droite.

Dans son discours après l’annonce de sa victoire, il a pris bonne note de cet impératif en disant se sentir « obligé » d’élargir sa base politique dans un pays fracturé. « Nul ne sera laissé au bord du chemin », a-t-il promis. C’est d’autant plus urgent qu’un troisième tour est prévu en juin lors des élections législatives. Si son camp ne les remporte pas, il se verra imposer une cohabitation avec un Premier ministre issu de l’Union populaire incarnée par Jean-Luc Mélenchon ou du Rassemblement National de Marine Le Pen. Ce sera un bicéphalisme synonyme de paralysie.

A 70 ans, Jean-Luc Mélenchon s’est engagé à ne plus se présenter à un nouveau scrutin présidentiel. Mais depuis sa défaite au premier tour, il supplie les Français de lui donner une majorité à ces législatives. « Faites de moi le Premier ministre », exhorte-t-il avec insistance.

Du côté de Macron, on ne cache pas son agacement. « Je pense que c’est un jeu dangereux, mais je suis convaincu que les Français auront la volonté de donner l’ambition et les moyens à Emmanuel Macron de pouvoir porter le pouvoir sur lequel il a été élu », a expliqué le député Christophe Castaner. « Déjà en 2017, on avait entendu Jean-Luc Mélenchon remettre en cause l’élection parce qu’il n’était pas qualifié au second tour, pour Jean-Luc Mélenchon, une élection qu’il ne gagne pas est une élection qui n’existe pas », a cinglé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Défiance au pouvoir
La carte des résultats dessine deux France. L’une a voté Emmanuel Macron: les grandes métropoles, les classes moyennes supérieures et les retraités. Et l’autre, celle qui a choisi Marine Le Pen, plus populaire, qui se sent souvent exclue, particulièrement dans le nord-est et le pourtour méditerranéen.

Avec plus de 60% de voix, Marine Le Pen a par ailleurs réalisé des scores historiques en Outremer, notamment aux Antilles, en Guyane, à la Réunion et à Mayotte (59,10%) sur fond de défiance envers les autorités ou de contestation contre le pass sanitaire.

Mme Le Pen a dit lancer elle aussi dès dimanche soir « la grande bataille électorale des législatives », prévues les 12 et 19 juin. Elle a vu dans son score inédit « une éclatante victoire » et la manifestation du « souhait » des Français d' »un contrepouvoir fort à Emmanuel Macron ».

L’enjeu pour le Rassemblement national, sera de dépasser le statut d’un parti contestataire qui recueille un pourcentage considérable de voix, infuse dans la société mais n’arrivera peut-être jamais au pouvoir parce qu’il n’a pas d’alliés. Le RN compte seulement six députés dans la législature qui s’achève.

L’autre candidat d’extrême droite éliminé au premier tour Eric Zemmour a appelé « le bloc national » à s’unir mais n’a pu s’empêcher de relever, cinglant, que c’est « la huitième fois que la défaite frappe le nom de Le Pen ».

Dans le monde, la réélection d’Emmanuel Macron a été applaudie dans de nombreuses capitales, même à Moscou. . Le président russe Vladimir Poutine a adressé lundi matin ses félicitations à Emmanuel Macron, lui souhaitant du « succès » pour son nouveau mandat, en dépit des vives tensions liées à l’Ukraine, selon le Kremlin. « Je vous souhaite sincèrement du succès dans votre action publique, ainsi qu’une bonne santé », a déclaré M. Poutine dans un télégramme.

Le président chinois Xi Jinping a envoyé lundi un message à son homologue français pour le « féliciter » de sa réélection. « Je souhaite continuer à travailler avec le président Macron pour défendre (…), comme depuis l’établissement de nos relations diplomatiques, les principes d’indépendance, de compréhension mutuelle, de clairvoyance et d’avantages mutuels », a déclaré M. Xi à la télévision chinoise CCTV.

Le président américain Joe Biden a félicité M. Macron, affirmant que leurs deux pays continueraient à coopérer pour « défendre la démocratie ». « Je suis impatient de poursuivre notre étroite coopération – notamment pour soutenir l’Ukraine, défendre la démocratie et contrer le changement climatique », a tweeté M. Biden, qualifiant la France de « partenaire-clé pour faire face aux défis mondiaux ».

Les dirigeants de l’Union européenne se sont réjouis que l’Europe puisse « compter sur la France cinq ans de plus », selon les mots du président du Conseil européen Charles Michel, qui représente les Etats membres. « Je me réjouis de pouvoir continuer notre excellente coopération. Ensemble, nous ferons avancer la France et l’Europe », a abondé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

« Félicitations, cher président @EmmanuelMacron », a tweeté le dirigeant social-démocrate allemand Olaf Scholz: « Tes électeurs ont envoyé aujourd’hui un signal fort en faveur de l’Europe. Je me réjouis que nous poursuivons notre bonne collaboration! ».

L’Union africaine (UA) a félicité Emmanuel Macron pour sa « brillante » réélection. « J’adresse mes chaleureuses félicitations au président Emmanuel Macron pour sa brillante réélection », a écrit sur Twitter Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’UA.

« Je suis heureux de poursuivre avec lui notre engagement pour bâtir entre l’Afrique et la France, et plus largement l’Europe, des relations rénovées et mutuellement avantageuses », a-t-il ajouté.

De son côté, le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, très engagé dans la lutte contre le jihadisme au Sahel, a également félicité Emmanuel Macron pour sa « brillante » réélection qui « cristallise un couronnement de son action politique interne et de son engagement international ».

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