Réduction des émissions à effet de serre : Sonatrach et l’italien ENI scellent un partenariat
L’Algérie continue ses efforts visant la réduction des émissions à effet de serre, dont le méthane. C’est sur le savoir-faire et l’expertise de l’italien ENI que l’Algérie devrait s’appuyer, à la faveur de la signature d’un protocole d’intention pour identifier et promouvoir des opportunités et initiatives concrètes visant la décarbonation du secteur pétrolier et gazier, au moment où la réglementation européenne, qui pourrait être appliquée dès 2027, exige la déclaration et la vérification des émissions de méthane de ses fournisseurs.
C’est une nouvelle étape de coopération que viennent de franchir Sonatrach et le groupe énergétique italien ENI. Sonatrach a annoncé ce lundi, dans un communiqué, la signature d’un protocole d’intention pour « identifier et promouvoir des opportunités et initiatives concrètes visant la décarbonation du secteur pétrolier et gazier ainsi que la réduction des émissions de gaz à effet de serre, y compris le méthane en Algérie, en s’appuyant sur les meilleures pratiques internationales du secteur pétrolier et gazier ».
En plus de poursuivre les travaux déjà engagés depuis 2023, ce nouveau protocole permettra d’« explorer de nouveaux domaines afin de mettre en œuvre des initiatives de réduction des émissions de gaz à effet de serre ». Il vise également à coopérer dans le domaine des initiatives de captage naturel du CO₂ par le biais du projet forestier.
Ce protocole s’inscrit « dans la continuité des travaux et des actions menés dans le cadre du mémorandum d’intention signé en 2023 entre Sonatrach et ENI », et ce dans le cadre de la coopération technologique pour la réduction et la valorisation du torchage du gaz, ainsi que pour le développement de technologies de réduction des émissions, selon la même source.
« Les résultats de ces travaux, y compris les bilans énergétiques, ont permis d’identifier des opportunités d’intérêt mutuel et de mettre en œuvre des actions concrètes », a précisé Sonatrach, mettant en avant le programme structuré d’activités conjointes qui a été mis en œuvre. Ce dernier comprend des « analyses techniques », des « initiatives de renforcement des capacités » et des « visites de terrain » visant à identifier les possibilités de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de méthane.
Des formations ciblées ont également permis de mettre en œuvre, immédiatement et précisément, les mesures sur le site, a ajouté le groupe, qui est revenu sur les résultats obtenus grâce à ces activités. Il s’agit de l’identification des initiatives dans plusieurs domaines, notamment la réduction des émissions fugitives et mise à l’évent, l’efficacité énergétique, la réduction du torchage et l’évaluation des possibilités de captage, d’utilisation et de stockage du carbone, selon les explications de Sonatrach.
« La mise en œuvre du mémorandum d’entente signé en 2023 a également permis de mener conjointement une campagne de détection et de réparation des fuites (LDAR), ce qui a permis de réduire considérablement les émissions fugitives », a-t-on fait savoir, affirmant que des campagnes de mesures LDAR sont désormais menées de manière autonome et systématique au niveau des groupements exploités conjointement par Sonatrach et ENI. « L’évaluation des émissions de référence a également été réalisée sur six installations exploitées par Sonatrach et ENI en Algérie », a précisé le groupe public, qui a mis en exergue la « vaste expérience » de l’italien ENI dans les énergies renouvelables, les procédés de bioraffinage et l’économie circulaire, laquelle « favorise un accès efficace et durable à l’énergie au profit des institutions locales dans les pays où elle est présente ».
La signature de ce partenariat s’inscrit dans le cadre des efforts déjà engagés par l’Algérie visant la réduction des émissions de méthane. La stratégie climat de Sonatrach vise, en effet, l’élimination quasi totale des émissions de méthane d’ici à 2030. Pour y parvenir, l’entreprise déploie un programme technologique intensif pour cartographier les fuites et éliminer le torchage de routine. Ceci au moment où la réglementation européenne, dont l’application est prévue pour 2027, exige la déclaration et la vérification des émissions de méthane.
La conformité à cette réglementation nécessite beaucoup de moyens, de la technologie, des équipements de surveillance et un grand financement. Ce qui rend sa mise en œuvre immédiate impossible, selon nombre de spécialistes qui estiment que l’UE n’a d’autre alternative que de revenir sur sa décision et de différer l’application de cette réglementation. Les principaux fournisseurs des pays européens en énergie, dont l’Algérie, ont déjà saisi la Commission européenne en vue de prendre des mesures rapides et nécessaires afin de clarifier et d’adopter des amendements ciblés au règlement de l’UE sur le méthane.
Il convient de signaler les progrès réalisés par l’Algérie s’agissant de la réduction du volume du gaz torché. Les performances de l’Algérie en la matière ont déjà été saluées par la Banque mondiale, qui avait fait état d’une baisse de 5 % du volume de gaz torché et de 3 % de l’intensité du torchage.