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Nationale

Réda Malek illumine les AE

Réda Malek illumine les AE

La commémoration de la Journée de la diplomatie algérienne, célébrée le 8 octobre, a été particulièrement émouvante jeudi dernier. En raison de témoignages touchants sur l’épopée de l’appareil diplomatique révolutionnaire de la jeune République algérienne qui a su inspirer les héritiers de la trempe de Ramtane Lamamra, l’actuel ministre d’Etat, des Affaires étrangères et de la Coopération.

Un invité de marque : l’ex-chef du gouvernement et signataire des Accords d’Evian, ancien diplomate, Réda Malek dont la communication a encore une fois ravi l’audience par la richesse du propos et l’engagement éternel du moudjahid pour l’Algérie. Magnéto.
A l’entrée déjà, comme à l’accoutumée, l’accueil est plus que cordial.

Les invités sont orientés par un service de sécurité dont la vigilance n’entame pas les bonnes manières. Parking à la disposition de tous, ambassadeurs en poste à Alger, personnalités nationales et invités divers, tout le monde bénéficie des meilleurs égards. Nous sommes au ministère des Affaires étrangères à Alger en ce jeudi 8 octobre et l’ambiance qui caractérise la célébration de la Journée de la diplomatie algérienne reflète l’état d’esprit de la centrale. Un vrai anniversaire, avec son lot de surprises.

D’abord l’exposition photos sur les murs du grand hall retraçant le parcours épique des Algériens dans le recouvrement de leur indépendance d’un point de vue diplomatique.

On se dirige ensuite vers la grande salle de conférence, grand amphitéâtre calfeutré où s’installent les invités dont quelques membres du gouvernement tels Houda Imane Ferraoun, des Postes et Télécommunications qui ont émis un timbre qui représente le nouveau siège du ministère des Affaires étrangères , Ould Ali El Hadi, ministre de la Jeunesse et des Sports, Mihoubi Azeddine à la tête du département de la Culture.

On aura aussi remarqué la présence de Kamel Rezag-Bara, conseiller du Président de la République. En observant le porte-parole du ministère, Abdelaziz Benali Chérif, le visage illuminé par un grand sourire malgré la charge de travail, on comprend vite que le programme ne sera pas décevant.

Lutte et sagesse

D’abord ce discours d’ouverture de Ramtane Lamamra. Evocation du 8 Octobre 1962 quand le premier président de la RADP, Ahmed Ben Bella hissa le drapeau algérien à l’ONU, rappel des fondamentaux de la diplomatie algérienne, bref historique mettant en exergue les engagements de l’Algérie sur la scène internationale en concluant, avec cette démarche pédagogique propre à Lamamra, sur le crédo algérien en faveur du règlement pacifique des crises.

Une projection vient alors illustrer par des images d’archives et contemporaines le discours du MAE. Emotion dans la salle, le document filmé rend hommage aux héros disparus qui ont écrit l’histoire fabuleuse contre l’oppression coloniale, avec comme dernier cliché ce slogan : « L’Algérie exportatrice de paix et de stabilité ». 

On invite alors un des doyens de la diplomatie algérienne à prendre la parole. Le charismatique Réda Malek monte les quelques marches de la tribune pour s’asseoir à côté de Ramtane Lamamra. Toujours aussi éloquent malgré l’âge et son lot de soucis de santé.

Lucide, de cette voix égale, franche et déterminée du tribun qui témoigne d’une épopée collective sans mégalomanie. Réda Malek va dans le vif du sujet. Il insiste sur les principes de base de la Révolution, celui du respect de la loi, de la morale en dépit d’une lutte armée.

L’exemple de ce pasteur américain, curieux touriste dans la wilaya III que le colonel Amirouche relâchera sain et sauf en indemnisant son véhicule incendié par les Moudjahiddine pour raconter l’impact positif de la sagesse des révolutionnaires algériens dans le capital de sympathie aux Etats-Unis, suite à cet incident. Leçon de diplomatie en pleine guerre.

Même sort heureux pour deux hommes d’église de Tibhirine, au cours de la Guerre de Libération mais finalement assassinés par les terroristes durant tragédie nationale. Le signataire des Accords d’Evian ne se contente pas de revenir sur les succès diplomatiques de l’Algérie à l’ONU, il analyse, compare et ironise sur les convictions en rappelant à chaque fois l’apport substantifique du souffle de Novembre qui animent l’esprit et la lettre de la diplomatie algérienne.

L’Algérie reconnaissante

C’est alors le moment de décorer à titre posthume quatre pionniers de la diplomatie : Toufik Bouattoura, Abdelkader Chanderli, M’hamed Yazid et Abdelatif Rahal. Pour ce dernier, c’est sa fille et son fils qui ont reçu la distinction, tandis qu’ils remettent à leur tour un présent, d’une valeur inestimable, au Ministère des Affaires étrangères.

Il s’agit d’une correspondance manuscrite de feu leur père Abdellatif Rahal portant Lettre de créances auprès de la République française en tant que premier ambassadeur chez l’ex-colonisateur. Le fils Rahal rapporte le récit de Si Abdellatif quant à l’enveloppe portant naïvement l’adresse de la présidence française, première expérience anecdotique d’un jeune Etat renaissant après plus d’un siècle de joug colonial, grâce à une glorieuse Révolution.

Pour terminer, le spectacle de différentes chorégraphies représentant la diversité des genres musicaux de l’Algérie régale l’assistance par une touche festive avant un banquet offert aux invités et qui donne l’occasion aux uns et aux autres d’échanger leurs souvenirs ou anecdotes. Une belle journée où la famille des AE n’a cependant pas pu s’empêcher d’avoir une pensée pour Sabira Ighil, la jeune diplomate décédée lors d’un accident au Gabon à fin du mois dernier.

Lamamra lui a rendu hommage dans son discours et l’on apprend qu’une cérémonie sera bientôt organisée à la mémoire de tous les diplomates disparus au cours de leur mission. Parce que la République sait reconnaître aussi ce qu’elle doit à sa diplomatie. 

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