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Recul dans le trafic de drogue à Alger

Recul dans le trafic de drogue à Alger

On assiste depuis près d’un mois à un recul dans le trafic de drogue dans la capitale. Les consommateurs de cannabis, qui sont des milliers, ne trouvent plus de vendeurs ou de fournisseurs pour s’approvisionner en kif traité. La raison de cette situation inédite n’est autre que le resserrement de l’étau des services de sécurité sur les réseaux de trafic de drogue.

Les coups sévères infligés par les services de police d’Alger aux réseaux de trafic et autres fournisseurs de drogue et la traque sans relâche des vendeurs de kif dans les petites ruelles sont derrière la pénurie de cannabis annoncée depuis un mois dans les quartiers de la capitale. Des milliers de consommateurs algérois peinent à s’approvisionner en drogue.

Dans des quartiers comme Baba Hassen, Ouled Fayet, Alger-Centre, Bab Djedid, Kouba, Dély Ibrahim, et même dans les bastions des vendeurs de drogue à l’image des Barreaux rouges et de Climat de France, la drogue se fait très rare.

Dans les nouvelles cités où la vente de stupéfiants était importante, les vendeurs, souvent des jeunes âgés entre 25 et 45 ans, ne proposent plus des petites plaquettes de cannabis car le kif traité se fait rare depuis plus d’un mois.

En face, les consommateurs accros à la drogue, qui se comptent par milliers, ont multiplié leurs contacts afin de s’en procurer chez des vendeurs traditionnels ou autres. Souvent, ils font appel à des intermédiaires pour acheter quelques dizaines de grammes de kif traité. Mais en vain, car toutes leurs tentatives se sont avérées vaines, car la pénurie de cannabis a touché presque 90% des vendeurs et autres fournisseurs habituels.

La raison de cette pénurie réside essentiellement dans la traque sans relâche des services de sécurité contre les réseaux de trafic de drogue mais, également, contre les petits vendeurs des quartiers d’Alger. Rares sont ceux qui proposent actuellement des morceaux de cannabis à leurs clients. Face à ce manque, le prix de la drogue a grimpé de près de 300% chez certains revendeurs.

Du côté de la Sûreté d’Alger, les opérations de lutte contre les stupéfiants se poursuivent toujours afin de diminuer au maximum le nombre de vendeurs qui utilisent, souvent, les cages des immeubles pour écouler leurs « marchandises ».

Grâce à cette nouvelle stratégie entreprise par les éléments de la Sûreté d’Alger, le nombre des saisies de drogues a été important, alors que beaucoup de réseaux sont démantelés, cela sans parler du nombre de vendeurs arrêtés durant les trois derniers mois. Les opérations anticipées des services de police ont permis, donc, de cerner la vente des drogues à Alger et ses environs. 

Les vannes fermées

Les services de police d’Alger ont mené quelque 300 opérations anti-stups entre novembre 2016 et début janvier 2017. Le nombre des opérations reflète parfaitement la traque que les policiers mènent contre les trafiquants et vendeurs de drogue.

Le 29 novembre 2016, deux réseaux de trafic de stupéfiants avaient été démantelés par la police judiciaire (PJ) relevant de la Sûreté d’Alger, ce qui a permis la récupération de 40 000 psychotropes et de 4 kilos de drogue.

En tout, sept trafiquants ont été arrêtés et 4 véhicules, une motocyclette, plus de 20 armes blanches, 20 téléphones mobiles, trois balances électroniques, une paire de jumelles, deux talkies-walkies, un pistolet en fer et plus de 47 millions de centimes ont été saisis lors de cette opération. Le premier réseau démantelé l’a été suite à la provenance d’un renseignement à la PJ faisant état de la présence de suspects dans la commune de Chéraga qui vendaient de la drogue.

Les investigations lancées par la police judiciaire ont permis d’identifier le premier membre du réseau aux alentours de Chéraga. Ce dernier a été interpellé à bord d’un véhicule touristique, ses acolytes ont été appréhendés à leur tour.

Ce réseau alimentait les quartiers de Chéraga, Aïn Bénian, Ouled Fayet et Souidania en psychotropes. Les gains sont estimés à des centaines de millions par les enquêteurs. Le second réseau démantelé par la police judiciaire est composé de quatre présumés trafiquants spécialisés dans le trafic de cannabis.

Cette opération a permis aux policiers de saisir quatre kilos de drogue, 47 millions de centimes (représentant les revenus des ventes de drogue), deux véhicules touristiques, 19 armes blanches, 3 balances électroniques, deux talkies-walkies, 16 téléphones mobiles et un pistolet fabriqué en fer. Le réseau en question activait aux alentours de la zone industrielle de Rouiba, où les policiers ont pris leur temps pour surveiller les mouvements des présumés trafiquants.

Un million d’Algériens en consomment

Actuellement, on compte près d’un million d’Algériens qui consomment de la drogue soit par injection, par joint ou en papier d’emballage, soit en sniffant. Les grosses quantités de drogue, durant ces cinq dernières années, en provenance des frontières du pays ont systématiquement augmenté le nombre des consommateurs. 

Si les chiffres avancés par la Forem (Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche) parlent de plus de 300 000 Algériens qui s’adonnent régulièrement à la drogue, les services de sécurité, eux, estiment plutôt le chiffre à un million de personnes.

Le nombre indiqué par les services de sécurité est appuyé par des sources judiciaires qui, non seulement le confirment mais, aussi, parlent d’un nombre qui sera en augmentation dans les années à venir. Selon une source judiciaire, chaque jour, une moyenne de 20 affaires liées au trafic et consommation de drogue passent dans un tribunal du pays. Dans chaque affaire, trois à six personnes sont impliquées pour vente de cannabis ou consommation de joints.

Des trafiquants et des consommateurs dont l’âge ne dépasse pas, souvent, les 45 ans. En 2016, plus de 50 240 personnes ont été traduites devant la justice pour des affaires de drogue et des peines ont été prononcées à leur encontre, allant de 3 mois à 15 ans de prison ferme, ajoute la même source.

Autre phénomène à relever : d’habitude les consommateurs de drogue étaient exclusivement de sexe masculin, mais aujourd’hui la femme est de plus en plus présente dans le trafic et la consommation des stupéfiants.

Elles sont des milliers en Algérie. Fournisseuses, consommatrices, vendeuses et convoyeuses, beaucoup de jeunes femmes âgées entre 18 et 42 ans ont été appréhendées par les gendarmes et les policiers dans divers coins du pays en possession de grosses quantités de drogue.

D’ailleurs, l’affaire de Sidi Bel Abbès, où trois jeunes filles avaient été arrêtées en 2013 dans un taxi en possession de trois ceintures contenant chacune 20 kg de drogue, est un signal fort de cette nouvelle méthode de trafic au féminin.

En décembre 2012, une jeune fille âgée de 26 ans et son ami ont été arrêtés par les éléments de la police judiciaire de Bouzaréah, pour consommation d’héroïne et deux injections ont été découvertes par les policiers lors d’une course-poursuite.

A Bordj El Bahri, une jeune fille algérienne qui accompagnait un ressortissant malien dans un luxueux véhicule a été interpellée par les policiers de la Sûreté de Bordj El Bahri en possession de 400 grammes d’héroïne.

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