Recherche scientifique : Les cerveaux de la diaspora à la table des grands projets
Le Haut Conseil de la communauté scientifique nationale à l’étranger a tenu, ce dimanche à Alger, sa première réunion avec à l’ordre du jour ses règles de fonctionnement, ses commissions spécialisées et son premier programme annuel. Placée auprès du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, cette instance est appelée à examiner les grands projets scientifiques et technologiques ainsi qu’à transmettre directement ses recommandations à la Présidence.
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, présidant cette rencontre, a salué, à cette occasion, «la haute conscience patriotique » des scientifiques et experts algériens établis à l’étranger qui ont répondu à l’appel à contribuer au développement scientifique et économique national.
Le ministre a surtout défini la nouvelle relation recherchée avec ces compétences. Il s’agit, selon ses termes, de passer « de relations circonstancielles et de contacts dispersés à un partenariat institutionnel permanent ». Une évolution qui donne au Conseil un rôle précis dans le rapprochement entre l’expertise acquise à l’étranger et les besoins du pays. Des laboratoires aux universités, en passant par les entreprises technologiques, les compétences algériennes établies à l’étranger sont ainsi appelées à prendre une place plus structurée dans les grands dossiers scientifiques du pays.
Cette première rencontre des experts de la diaspora a été l’occasion pour le coordonnateur du Haut Conseil, Elias Zerhouni, de présenter les principales missions confiées à cette instance. Elles portent sur l’évaluation scientifique et technologique des projets d’importance nationale, l’échange de connaissances et la veille sur les technologies développées dans les pays avancés et émergents. Le Conseil devra ainsi produire des avis, des études et des rapports annuels destinés directement à la présidence de la République. La composition de l’instance traduit cette ouverture sur plusieurs secteurs. Elle réunit 27 scientifiques et experts issus de la communauté nationale à l’étranger, auxquels s’ajoutent six représentants de secteurs ministériels stratégiques et trois responsables d’entreprises établies à l’étranger, actives dans la recherche et le développement. Cette diversité contribue ainsi à rapprocher expertise scientifique, besoins institutionnels et réalités économiques autour des projets présentant un intérêt national.
C’est dans cette perspective que les participants à cette réunion ont examiné les premières étapes nécessaires au fonctionnement de l’instance, notamment l’adoption du règlement intérieur, la constitution des commissions spécialisées et l’élaboration du programme annuel de travail. Ces commissions auront à étudier les projets retenus et à coordonner les contributions des différents membres.
Les travaux devront déboucher sur des recommandations, des études et des rapports annuels transmis directement à la présidence de la République. Ces documents porteront notamment sur la pertinence scientifique et technologique des grands projets et pourront contribuer à l’orientation des politiques publiques dans les domaines de la recherche, de l’innovation et du développement durable, l’objectif étant de donner une traduction concrète à l’expertise de la diaspora, à travers des avis scientifiques, des études et des coopérations dans les domaines prioritaires.
Pour rappel, la réunion de dimanche est venue couronner plusieurs mois de préparation. Le processus avait été lancé le 28 juin avec la réunion constitutive du Haut Conseil, organisée au pôle scientifique et technologique de Sidi Abdellah, avec la participation de 31 chercheurs et experts algériens établis dans différents pays. Une nouvelle étape avait été franchie le 11 août lorsque Kamel Baddari avait reçu le Pr Noureddine Melikechi, vice-coordinateur du Haut Conseil. Les discussions avaient porté sur le transfert technologique, la valorisation des expertises scientifiques et la mobilité académique et scientifique.
Melikechi avait alors présenté les premières démarches engagées pour entamer les missions de la nouvelle instance. Le cadre juridique a ensuite été formalisé par le décret présidentiel n° 26-293 du 7 septembre dernier. Le texte a fixé les missions, la composition et l’organisation du Haut Conseil, placé auprès du président de la République et doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Il convient de noter qu’à la veille de la cette première réunion, M. Baddari s’est entretenu avec Elias Zerhouni.
Les deux responsables avaient notamment évoqué le Centre des technologies des systèmes d’enseignement virtuel et de l’intelligence artificielle ainsi que son programme de développement. Avec cette première session, le Haut Conseil entre ainsi dans sa phase de travail. Les prochaines étapes devront préciser les dossiers sur lesquels l’expertise de la diaspora sera mobilisée et les premières recommandations qui seront soumises à la Présidence.