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Nationale

Recherche et patrimoine : la Présidence crée deux structures stratégiques

Recherche et patrimoine : la Présidence crée deux structures stratégiques

Avec le lancement prochain d’un Haut Conseil des scientifiques et d’une Agence nationale d’archéologie, la présidence de la République pose les jalons d’une nouvelle gouvernance pour la recherche et la mémoire. Une dynamique saluée par le spécialiste Samir Belkacemi, qui appelle toutefois à l’octroi de moyens financiers à la hauteur des ambitions affichées.

Les deux nouvelles institutions placées sous son autorité directe, à savoir un Haut Conseil des scientifiques et chercheurs et une Agence nationale d’archéologie, visent, d’une part, à renforcer l’intégration des compétences scientifiques nationales et de la diaspora, et, d’autre part, à donner un nouvel élan à la préservation et à la valorisation du patrimoine historique algérien.

Pour le docteur en archéologie et spécialiste du patrimoine national, Samir Belkacemi, cette annonce va dans le bon sens. « Même si je ne connais pas encore exactement son fonctionnement, j’en ai pris connaissance à travers l’annonce. Il me semble que c’est une bonne initiative », a-t-il soutenu, soulignant, d’emblée, le potentiel de cette nouvelle structure.

Selon lui, l’Algérie dispose déjà d’un capital humain scientifique important, mais doit surtout franchir un cap en matière d’organisation et de moyens. Il a, en ce sens, insisté sur la nécessité de renforcer les ressources financières et logistiques dans le secteur de la recherche archéologique : « On a les compétences scientifiques, mais il faut trouver les financements, on en a vraiment besoin. Les travaux de fouilles, la main-d’œuvre technique… »

Pour le spécialiste, il s’agit d’engager un véritable programme national de recherche et de fouilles, en mesure d’explorer « des périodes encore méconnues de l’histoire humaine dans la région ». Samir Belkacemi a mis l’accent sur la nécessité de revaloriser les traces historiques liées à la période numide, souvent menacées ou insuffisamment étudiées selon lui.

« On a besoin d’un grand programme vers ce que nous ne connaissons pas des plus vieilles traces de l’être humain dans la région », a-t-il déclaré. Il évoque, par ailleurs, les effets historiques de la période coloniale française sur la détérioration de certains vestiges numides, arguant toutefois que cet héritage, particulièrement vaste, n’a pas été intégralement effacé.

Selon un large consensus établi par les historiens, archéologues et spécialistes de l’historiographie coloniale, l’administration coloniale a largement privilégié l’exploration et la mise en valeur des vestiges romains et byzantins, reléguant dans l’ombre la civilisation numide, longtemps marginalisée dans les politiques de fouilles et de recherche.

Selon l’Unesco, de nombreux objets, stèles et éléments du mobilier funéraire numide ont été pillés ou transférés vers des musées en Europe, notamment durant les périodes d’expansion urbaine et militaire. Par ailleurs, de grands monuments funéraires, tels que le mausolée royal d’Imedghassen, ont subi d’importantes dégradations liées aux travaux d’aménagement, à un manque de protection ou encore à des actes de vandalisme, toujours selon la même source.

Parmi les sites évoqués par le chercheur figure Siga, situé dans la wilaya d’Aïn Témouchent. Un lieu qu’il considère comme central dans l’histoire ancienne du pays. Ce site archéologique fut, aux yeux du spécialiste, la capitale du royaume numide occidental des Massaesyles et une place forte associée au roi Syphax au IIIᵉ siècle avant J.-C. « A Aïn Témouchent, Siga est à explorer », a-t-il mentionné, soulignant le potentiel encore largement inexploité du patrimoine archéologique national.

A travers ces deux futures institutions, les autorités entendent structurer davantage la recherche scientifique et renforcer la préservation du patrimoine historique. Pour les spécialistes, à l’image de Samir Belkacemi, cette annonce devrait permettre de faire progresser la recherche scientifique et archéologique en Algérie.

Khalil Aouir



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