Réchauffement des relations entre l’Algérie et le Niger : Relance d’un partenariat stratégique
Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a annoncé ce lundi, lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue de la République du Niger, le général d’armée Abdourahamane Tiani, la relance d’un partenariat stratégique multidimensionnel avec le Niger, marquant un réchauffement politique au sommet.
Le président Tebboune a affirmé que cette visite « met fin à une étape non naturelle de froideur dans les relations bilatérales », précisant que « les deux peuples frères ont continué à communiquer ». Le chef de l’Etat a souligné la dimension fraternelle de ce rapprochement, estimant que la rencontre « élève le niveau de fraternité et d’amitié entre nous, en tant que voisins, frères et amis », traduisant une volonté commune de recentrer les relations sur la solidarité et l’histoire commune, à travers un agenda dense, articulé autour de la sécurité, de l’énergie et de la formation.
Au centre des discussions, la sécurité régionale a constitué un axe majeur. Le Sahel, confronté à l’instabilité et à la menace terroriste, impose une coopération renforcée. « La sécurité du Niger est la sécurité de l’Algérie. Nous sommes dans la même tranchée dans toutes les circonstances », a assuré le président Tebboune, soulignant que l’Algérie mobilisera « toutes les capacités et l’expertise dont elle dispose » pour accompagner le Niger dans la lutte contre le terrorisme.
Les deux pays ont ainsi convenu de renforcer leur collaboration sécuritaire, partageant renseignement et expertise militaire, afin de stabiliser une région stratégique pour l’ensemble du Continent africain. Cette approche traduit une vision partagée de la sécurité comme piliers du développement et de la stabilité régionale.
L’énergie constitue un autre volet central du partenariat. Alger et Niamey ont décidé d’accélérer les projets structurants, notamment le lancement du gazoducgazoduc Un gazoduc est une canalisation destinée au transport de matières gazeuses sous pression, la plupart du temps des hydrocarbures. Selon leur nature d'usage, les gazoducs peuvent être classés en trois familles principales : 1- gazoducs de collecte, ramenant le gaz sorti des gisements ou des stockages souterrains vers des sites de traitement. 2- gazoduc de transport ou de transit, acheminant sous haute pression le gaz traité (déshydraté, désulfuré, ...) aux portes des zones urbaines ou des sites industriels de consommation 3- gazoducs de distribution, répartissant le gaz à basse pression au plus près des consommateurs domestiques ou des petites industries. transsaharien, qui traversera le Niger. « Immédiatement après le mois de ramadan, les procédures opérationnelles seront engagées pour entamer la pose du pipeline sur le sol nigérien », a précisé le président Tebboune. La coopération bilatérale ne se limite pas aux hydrocarbures et à l’électricité. Elle s’étend à la formation universitaire, professionnelle et militaire, renforçant la capacité du Niger à développer ses ressources humaines, tout en consolidant ses institutions. « L’Algérie est prête à accompagner ses frères au Niger dans tout ce dont ils ont besoin, sans lésiner sur les moyens dont nous disposons », a réaffirmé le chef de l’Etat, soulignant un engagement concret et durable.
En plus des secteurs régaliens et économiques, les deux dirigeants ont évoqué des projets à forte portée sociale. Santé, éducation et culture font partie intégrante de cette coopération renouvelée. La création d’établissements secondaires, l’implantation d’un service de dialyse et la mise en place d’une maison de la Presse à Niamey pour les médias nigériens illustrent une volonté de renforcer le tissu social et le dialogue culturel.
« Nous préservons l’affection qui nous unit depuis des générations », a conclu le président Tebboune, promettant que « les peuples algérien et nigérien demeureront deux peuples frères et voisins, unis par des liens solides ». Une affirmation qui résonne comme un appel à la stabilité et à la coopération dans tout le Sahel.
Pour sa part, le président Tiani a déclaré : « Notre présence aujourd’hui reflète l’importance que nous accordons à renforcer les relations de fraternité et de coopération entre nos deux peuples, nos deux gouvernements et nos deux pays ». « Je tiens tout particulièrement à exprimer ma fierté face à la solidité des relations historiques qui unissent nos deux peuples et à notre volonté commune d’insuffler un nouvel élan à notre coopération fraternelle et de bon voisinage », a-t-il ajouté.
Soulignant le rôle central de l’Algérie dans la préservation de la souveraineté du Niger, le président nigérien a déclaré que « la position de l’Algérie en faveur du respect de la souveraineté du Niger et de ses choix politiques internes est une position honorable pour votre gouvernement et pour le grand peuple algérien ». Il a ajouté qu’aucun « Africain ne peut imaginer que l’Algérie, qui a souffert pendant plus d’un siècle des affres du colonialisme, puisse permettre que son territoire soit utilisé pour attaquer un pays africain frère ». Il a également souligné la responsabilité de chaque pays africain, affirmant que « nous sommes convaincus qu’une page importante de l’histoire du Sahel et de l’Afrique s’écrit aujourd’hui et que chaque pays choisira sa position en fonction de ses convictions, de ses intérêts et des valeurs auxquelles il croit ». Il a conclu en affirmant que « c’est dans cet esprit que nous sommes venus dans votre pays frère, ami et voisin ».