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Nationale

Récession: L’urgence d’un plan de relance

Récession: L’urgence d’un plan de relance

Le dernier rapport de la Banque mondiale concernant la classification des pays par Revenu National Brut (RNB) par habitant a déclassé l’Algérie, en 2019, dans la catégorie revenu intermédiaire de la tranche inférieur. Un an auparavant, en 2018 l’Algérie était dans la catégorie revenue intermédiaire de la tranche supérieure. 
La raison, le revenu national brut par habitant est descendu en dessous de 4046 dollars. Un seuil minimum qui permet à un pays d’être classé dans la tranche supérieure. En 2019, le RNB par habitant a baissé à 3970 dollars alors qu’il était de 4060 dollars un an plus tôt. Dans les faits, cette régression du RNB par habitant a débuté en 2014.

En 2013, l’Algérie avait atteint un pic de 5480 dollars de revenu nationale brut par habitant. 
Ce niveau élevé de revenu par habitant a été réalisé grâce à un prix moyen du baril de pétrole dépassant les 100 dollars et un taux de croissance de l’économie nationale de l’ordre de 2,80%. Une croissance soutenue surtout par la dépense publique.

Mais avec l’effondrement des marchés pétroliers en 2015 et la réduction des investissements socio-économiques de l’Etat le RNB par habitant a baissé à 4270 dollars en 2016. Cette année-là et malgré la réalisation d’une croissance assez forte de 3,20%, le RNB par habitant a poursuivi sa dégringolade. 

En 2017 et 2018 la croissance de l’économie algérienne va encore chutée pour n’atteindre, respectivement, que 1,30 % et 1,40%. Plus grave encore, la croissance économique réalisée en 2017 et 2018 était inférieure à la croissance démographique. En 2017, la population algérienne s’est accrue de 2,07% et en 2018 de 2,03%. En 2019, l’instabilité politique marquée par les manifestations populaires rejetant le 5e mandat du président déchu Abdelaziz Bouteflika et la gestion du gouvernement Bedoui feront effondrés la croissance économique à 0,8%. C’est le taux de croissance le plus bas jamais réalisé par le pays depuis 1995.

En tenant compte du taux de croissance démographique qui a été de 1,93% en 2019, soit deux fois supérieur à celui de l’économie, nous pourront déduire que l’économie nationale avait en réalité réalisée une croissance négative. En tenant compte de l’augmentation de la population en moyenne de 2% par an, l’économie algérienne doit réaliser un taux dépassant les 3% pour réaliser une croissance positive de son économie.

Pour l’année en cours et en raison de la pandémie du covid-19 et ses conséquences sur le monde les prévisions concernant l’économie nationale sont peu reluisantes, de l’avis même du Premier Ministre Abdelaziz Djerad. Il a reconnu que le pays faisait face à une situation économique « sans précédent ».

En marge de l’ouverture des travaux de la réunion du gouvernement avec les partenaires sociaux et les opérateurs économiques , Djerad a également évoqué les principales raisons de l’effondrement de l’économie nationale. Il a souligné que la crise sanitaire du coronavirus avait provoqué une crise économique aiguë en Algérie. Mais, selon Djerad, la crise sanitaire n’est pas la seule raison de ce déclin. « L’Algérie fait face à une situation économique difficile et inédite, en raison de plusieurs facteurs, notamment la crise structurelle héritée de l’ancien gouvernement et la chute des cours des hydrocarbures », explique-t-il.

Selon les prévisions de la banque africaine de développement (BAD), l’économie algérienne devrait réaliser une croissance négative de l’ordre de 4,4% dans le cas où la pandémie recule durant ce mois de juillet et un scénario pessimiste de moins 5,4% dans le cas où la pandémie se poursuit jusqu’au mois de décembre de 2020.
Une telle récession aggraverait le taux de chômage et alourdirait le déficit budgétaire et celui de la balance des paiements. Sans oublier le lourd impact, sur le moyen et long terme, de l’effondrement des prix du baril de pétrole ainsi que la baisse de la production des hydrocarbures.
Pour atténuer les conséquences de cette conjoncture économique défavorable le gouvernement a adopté un plan de soutien à l’économie d’un montant de 1000 milliards de dinars, soit l’équivalent de 7,8 milliards de dollars. Il est question également de dynamiser le potentiel productif national dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie et des mines pour diversifier l’économie et sortir de la dépendance des hydrocarbures.

Pour le gouvernement, réduire l’impact négatif du covid-19 et de l’effondrement des marchés pétroliers est un défi majeur qui doit être relevé coute que coute.

Pour revenir à la situation économique de 2019 et en tenant compte d’une augmentation démographique de 1,9% l’économie algérienne doit réaliser une croissance supérieure à 6% en 2021.
Une forte croissance qui doit de mettre un terme au processus de baisse du revenu moyen par habitant qui a débuté en 2014 et hérité par des années de gabegie net de dilapidation des deniers publics. 

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