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Nationale

Réalisation des objectifs de développement en Afrique : Plaidoyer pour des systèmes fiscaux équitables

Réalisation des objectifs de développement en Afrique : Plaidoyer pour des systèmes fiscaux équitables
Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred.

L’importance de l’administration fiscale dans la réalisation des objectifs de développement en Afrique a été soulignée par le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzred, qui s’est exprimé ce mardi, à l’ouverture des travaux du Forum sur l’administration fiscale africaine (ATAF 2025) qu’abrite l’Algérie pour la première fois, placé sous le thème « Adoption d’approches efficaces et ciblées pour des systèmes fiscaux équitables », appelant à une coopération fiscale africaine.

Le ministre, qui a donné le coup d’envoi officiel du Forum en présence de plusieurs membres du gouvernement, de responsables d’organisations, de chefs d’entreprises et de représentants des administrations fiscales africaines, a souligné l’importance de cette rencontre. « Ce Forum peut jouer un rôle majeur dans la coordination des efforts des pays africains et de leurs administrations fiscales, afin d’atteindre l’efficacité et les objectifs permettant une gestion équilibrée du développement, notamment dans un cadre de justice sociale », a précisé le ministre. Dans ce sens, il a mis en avant « l’importance de l’administration fiscale pour tous les pays du monde, en particulier pour les pays africains encore en développement, qui cherchent à trouver la voie la plus rapide vers la réalisation de leurs objectifs ».

De son côté, le président du Forum sur l’administration fiscale africaine, Edward Kieswetter, a appelé à l’unification des efforts pour concrétiser la Vision 2063 de l’Union africaine, qui aspire à une Afrique intégrée, prospère et financièrement autonome, garantissant la dignité et le bien-être de chaque citoyen africain.

La prochaine étape exige, selon le président du Forum, la mise en place de systèmes fiscaux équitables, garantissant une contribution juste des riches et des grandes entreprises, tout en protégeant les revenus modestes et les petites entreprises, et en renforçant la coopération africaine et internationale pour lutter contre l’évasion fiscale et le transfert des bénéfices à l’étranger.

Soulignant le grand potentiel du continent s’agissant principalement des richesses naturelles immenses et des esprits créatifs, M. Kieswetter a salué les progrès tangibles accomplis par de nombreux pays africains dans la numérisation de leurs systèmes fiscaux et la lutte contre les flux financiers illicites, précisant que ces efforts ont permis de récupérer des milliards de dollars appartenant aux peuples africains. Il a estimé qu’il s’agit là d’« une avancée essentielle vers le financement du développement à partir de ressources internes ».

 

Le rôle clé de la technologie et de la numérisation

 

 

Pour sa part, la secrétaire exécutive du Forum sur l’administration fiscale africaine, Mary Baine, a insisté sur le rôle central des recettes fiscales dans le financement du développement durable en Afrique, soulignant la nécessité de passer du discours à l’action et de l’analyse aux solutions concrètes adaptées au contexte africain.

Selon elle, le développement du continent ne pourra se réaliser que si les Etats parviennent à mobiliser leurs ressources financières et à les gérer de manière équitable, efficace et transparente. Mme Baine a ajouté que se conformer au système fiscal doit se faire sur la base de la confiance et non pas sous la contrainte, affirmant que la technologie et la numérisation sont devenues des leviers essentiels pour améliorer l’efficacité et l’équité du recouvrement fiscal.

La secrétaire exécutive du Forum a, en outre, rappelé que le taux moyen des impôts par rapport au PIB en Afrique s’est établi à 15 % au cours des onze dernières années, soit « beaucoup moins que dans les pays développés où il dépasse les 20 % ». Elle a précisé que les impôts indirects, notamment la TVA, représentent environ 30 % des recettes totales, mais que seulement cinq pays sur trente-neuf atteignent la moitié de leur potentiel réel dans ce domaine.

 

Recouvrer 10 milliards de dollars supplémentaires d’ici 2030

 

Mme Baine a indiqué que le Forum sur l’administration fiscale africaine a lancé l’initiative « Revenue Choices for Development in Africa » (Les recettes pour le développement en Afrique), qui vise à aider les pays africains à recouvrer jusqu’à 10 milliards de dollars supplémentaires d’ici à 2030, tout en accélérant la transformation numérique des administrations fiscales.

Elle a, en outre, souligné le rôle de la numérisation et du recours à l’intelligence artificielle dans l’amélioration du recouvrement fiscal, des outils qui permettront aussi de détecter les fraudes, affirmant que les données sont désormais le « nouveau pétrole ».

Se fiant aux études faites dans ce sens, la secrétaire exécutive du Forum sur l’administration fiscale africaine a fait savoir que la numérisation des systèmes fiscaux pourrait augmenter les recettes de jusqu’à 3 % du PIB.



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