Rattrapage des cours perdus : Les parents d’élèves s’inquiètent
Les vacances imposées par la propagation de la Covid-19 ne seront pas sans conséquence sur la scolarité des élèves et le déroulement des cours. Les parents d’élèves s’inquiètent quant à l’impossibilité de rattraper les cours perdus.
Après une suspension des cours qui a duré 17 jours, les élèves ont repris, depuis une semaine, le chemin de l’école. C’est ce que les hautes autorités du pays ont décidé après consultation du comité scientifique du suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus et de l’autorité sanitaire. Une reprise attendue en raison du léger recul du nombre de contaminations au coronavirus et de la nécessité de rattraper le retard dans les programmes scolaires.
Le ministre de l’Education a vite pris des mesures urgentes pour la réorganisation du reste de l’année scolaire, et ce afin de permettre le parachèvement normal des cours. Ces mesures semblent ne pas convaincre les parents d’élèves qui refusent le recours au bourrage des leçons pour finir le programme.
L’Organisation nationale des parents d’élèves (ONPE) n’a pas manqué d’exprimer ses inquiétudes quant à l’impact de ces arrêts de cours forcés sur les élèves aussi bien au plan psychologique qu’au plan de l’apprentissage. Dans un communiqué rendu public, l’organisation, présidée par Ali Benzina, a critiqué les mesures prises par le ministère de l’Education pour sauver la saison scolaire, considérant cela comme une simple procédure organisationnelle de routine en l’absence totale de vrais solutions pour remédier à la situation.
Pour l’Organisation nationale des parents d’élèves, ces mesures comprennent également de nombreux déséquilibres, notamment en ce qui concerne les devoirs et les examens.
Pour l’ONPE, «le ministère, à travers ces mesures, ne fait que jeter de la poudre aux yeux et traite les problèmes de manière superficielle». L’organisation a déploré le grand écart entre les établissements, notamment en ce qui concerne l’avancement du programme. «Il y a eu des grèves pendant le premier semestre, l’avancement des vacances d’hiver ainsi que la suspension des cours pendant deux semaines. Tout cela a entraîné un retard d’environ un mois», a estimé l’organisation avant d’ajouter que «nombreux sont ceux qui estiment qu’il est facile de rattraper le retard des cours, enregistré jusqu’ici, mais je ne pense pas que cela soit aussi simple que ça, d’autant plus que nous sommes aux portes des examens».
L’organisation de M. Benzina trouve étrange qu’un représentant du ministère de l’Education considère que l’interruption n’a pas dépassé 5 jours, alors que l’inspecteur central parle de 11 jours, et ce au moment où des écoles primaires ont dû fermer les portes du 2 au 16 janvier, alors que d’autres ont suspendu les cours depuis le 12 décembre 2021, sans parler de l’absence d’élèves et d’enseignants affectés par la Covid-19.
L’Organisation nationale des parents d’élèves s’interroge sur le fait que le ministère ne dispose pas de données malgré la présence de cellules de suivi au niveau des directions. Selon l’ONPE, le plus important n’est pas de terminer l’année scolaire et d’achever les cours mais d’assurer l’équilibre dans l’acquisition du savoir par les élèves. L’Organisation nationale des parents d’élèves a évoqué, encore une fois, l’affaire des bulletins du premier trimestre non remis aux élèves. «Désormais, la balle est dans le camp du ministère de l’Education nationale. Nous, en tant qu’organisation de parents d’élèves, avons lancé deux appels.
Nous avons demandé au ministre de l’Education de trouver des solutions rapides pour les bulletins de notes que les élèves n’ont pas reçus au premier trimestre. Nous avons également lancé un appel au président de la République pour qu’il intervienne et mettre fin aux dépassements que nous avons constatés dans le secteur», a rappelé le communiqué de l’ONPE, qui a tenu à renouveler son appel au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour qu’il intervienne.