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Nationale

Rapport Ksentini: Situation inquiétante

Rapport Ksentini: Situation inquiétante

En dépit des sommes «colossales» consenties par l’Etat pour améliorer les conditions de vie des citoyens, les droits socioéconomiques des Algériens restent bafoués. Le rapport annuel 2013 de la commission Ksentini portant sur l’état des droits de l’homme en Algérie, met en évidence le fait que l’argent public n’est pas toujours utilisé à bon escient.

«Autant l’Etat mobilise des moyens financiers colossaux pour insérer les gens dans le marché du travail, et pour les intégrer dans le jeu économique et d’entreprise, finance le service public, autant les résultats demeurent en deçà des objectifs escomptés», note le rapport de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH). Le rapport évoque à ce titre la constante détérioration des hôpitaux et des centres de santé, la pénurie de médicaments, le manque de matériel et la mauvaise prise en charge des malades.
Le rapport Ksentini s’est également penché sur le problème du chômage, les disparités régionales, le manque de formation des jeunes ainsi que sur le problème du logement qui subsiste malgré les différents programmes lancés par le gouvernement pour endiguer la crise.

A l’origine de cet échec, la commission Ksentini pose avec acuité le fléau de la corruption qui «gangrène» l’économie de l’Algérie dans des proportions insupportables et qui «dégrade» l’image du pays. Les auteurs du rapport constatent qu’il y a une tendance à banaliser la corruption en Algérie, en prévenant que l’impunité de ses auteurs risque d’entraver toute démarche destinée à atteindre les objectifs socio-économiques du pays.

Toujours dans le contexte socioéconomique, le rapport évoque les disparités entre les différentes couches sociales en raison de l’enrichissement illicite de certaines personnes. Dans le chapitre des droits de l’homme, le président de la commission a évoqué la question des disparus dont «le dossier est clos du point de vue de la loi». Selon le président de la commission, il y a eu 7200 cas de disparitions forcées entre 1992 et 1998.

La quasi-totalité des familles des disparus, soit 95 %, ont accepté l’indemnité et les autres solutions proposées par l’Etat dans la cadre de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Concernant la torture, M. Ksentini a affirmé que la CNCPPDH «n’a reçu aucune plainte sur les cas de torture» ajoutant que «l’Algérie n’a rien à cacher». toujours dans le chapitre des droits de l’homme, la CNCPPDH a relevé qu’il y a des insuffisances en matière de gestion des tensions sociales.Le rapport a rappelé dans ce sens que les mouvements de protestation qui, en dépit d’un recul, se sont poursuivis en 2013 à travers des rassemblements fréquents. Concernant le pouvoir d’achat, la commission a souligné qu’au «moment où l’Algérie dispose de 190 milliards de dollars de réserves de change, la majorité des Algériens, dont le salaire de 70 % d’entre eux ne dépasse pas 30 000 dinars, restent confrontés à la flambée des prix et à la détérioration du pouvoir d’achat.

La peine de mort pour les tueurs d’enfants

Evoquant les droits de l’enfant en Algérie, le rapport a déploré l’absence d’une instance nationale de protection de l’enfance ou un mécanisme d’alerte face au phénomène d’enlèvement des enfants dont plusieurs cas graves ont été enregistrés ces dernières années. Dans ce même rapport, d’ailleurs, le président de la commission se prononce pour la peine de mort à l’égard des kidnappeurs et des tueurs d’enfants.

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