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Nationale

Ramtane Lamamra : «L’Algérie ne fera pas les erreurs de la Syrie et de la Libye»

Ramtane Lamamra : «L’Algérie ne fera pas les erreurs de la Syrie et de la Libye»

Le nouveau vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra a écarté tout risque d’embrasement, comme ce fut le cas en Syrie et en Libye hier lors de son passage à la Chaîne III de la radio nationale : « Nous ne pouvons vivre ce qui s’est passé en Libye ou en Syrie. La Libye et la Syrie ont commis des erreurs que nous n’allons pas faire. Il ne faut pas s’inquiéter. Il faut être responsable. Nous avons notre histoire, notre peuple. Nous sommes passés par des preuves, et sortis grandis.

Tout cela fait partie du débat fraternel démocratique. La Syrie, la Libye ont fait des erreurs que nous ne ferons pas. Nous ne tomberons pas dans ce cycle de violences », assure Ramtane Lamamra. Revenant sur la place et le rôle de la prochaine conférence nationale inclusive et indépendante, Lamamra a ajouté que celle-ci sera souveraine et devra mettre le plus tôt possible en place une plateforme politique, économique et institutionnelle. « le gouvernement, une fois formé, va lancer des consultations », dit-il. Au sujet de la nouvelle composante du gouvernement, Lamamra a exclu que des personnalités de l’opposition y siégeront : « C’est un changement important et substantiel. Le gouvernement qui sera formé doit prendre des décisions importantes. Il n’y a pas de tractations avec l’opposition. Si des éléments de l’opposition et de la société souhaitent être présents au gouvernement, ils sont les bienvenus ». Lamamra promet de « nouveaux visages, des femmes, des jeunes ».

Pour la présence de l’opposition au sein du gouvernement, il dira que « c’est souhaitable. Nous n’avons rien à cacher ».

Au sujet de la dissolution des deux chambres du Parlement, il a indiqué que l’APN et le Conseil de la Nation ne seront, pas dissouts : « Le président de la République a clairement dit dans son message que toutes les institutions de la République continueront à fonctionner normalement jusqu’à l’élection du nouveau président de la République ».

Interrogé sur le risque de voir les offres du pouvoir rejetées avec la poursuite des manifestations jusqu’au départ du président Abdelaziz Bouteflika, le vice-Premier ministre pense qu’« il faut convaincre, qu’il faut ouvrir des opportunités de communication d’aller vers les citoyens ». Le vice-Premier ministre a ensuite décliné le « plan de travail » présenté par le président Bouteflika, qui « permettra de répondre à l’appel pressant au changement et de veiller à ce qu’il se déroule dans le calme et dans la sérénité. Quand la patrie gagne, tout le monde gagne. Quand elle perd, tout le monde perd », souligne-t-il. Pour le vice-Premier ministre, « plus tôt le travail de la conférence se termine, plus tôt le président Bouteflika remettra les clés du Palais d’El Mouradia à celui qui sera élu démocratiquement par le peuple. Personne n’a intérêt à ce que la période de transition s’éternise ». Lamamra a insisté sur le mot « plan de travail », assurant que la feuille de route pour la transition sortira de la conférence nationale inclusive : « Le président Bouteflika n’a pas présenté une recette

magique. Il n’est pas l’organisateur, ni lui ni le gouvernement qui ne sont que des facilitateurs », soutient-il. Mais si la conférence souhaite la présence d’un représentant de la présidence pour répondre à des questions précises, « il n’y a aucune objection », dit-il. Il poursuit en assurant que le président Bouteflika « ne propose pas de faire lui-même cette Constitution ou de faire cette conférence. Il a décidé que le moment est venu de donner la parole au peuple et non de lui présenter un programme, puisque l’aspiration du changement est profonde ». Ramtane Lamamra dit être optimiste quant à l’adhésion d’une grande majorité des Algériens à cette conférence nationale inclusive. « Nous refusons d’envisager le pire pour le pays. Nous ferons tout ce qui est humainement possible pour qu’il y ait un large pan d’adhésion », répond-il aux questions des journalistes. Il explique que cette conférence nationale inclusive va réunir tous les Algériens, dans toutes leurs composantes : « Nous avons dégagé trois blocs. Les partis de l’Alliance présidentielle, ceux de l’opposition et les représentants de la société civile. Mais chacun sera représenté en fonction de son poids sur la société », a-t-il tenu à avertir. Selon lui, les réactions de rejet « sont parfaitement respectables. Nous sommes admiratifs de ces manifestations pacifiques, de la mobilisation de notre jeunesse qui a démontré sa grande ambition pour le pays et sa parfaite maîtrise de l’organisation et des nouvelles technologies », dit-il.

Lamamra précise que la conférence nationale est souveraine du choix du système politique qui constituera les fondations de la deuxième République. Selon lui, les points qui ne sont pas discutables et sur lesquels la majorité des Algériens sont d’accord sont le caractère républicain et démocratique et les constantes nationales (arabité, amazighité et islamité).

Enfin, répondant une question sur le fait d’avoir réservé sa première déclaration à un média étranger (RFI), il a tenu à apporter cette précision : « Je suis désolé. RFI est le média par excellence pour communiquer avec l’Afrique. Beaucoup de personnalités algériennes et africaines m’ont appelé après cette interview. »

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