Racisme en Liga :  Les insultes contre Vinicius tournent à l’affaire d’État  – Le Jeune Indépendant
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Racisme en Liga :  Les insultes contre Vinicius tournent à l’affaire d’État 

Racisme en Liga :   Les insultes contre Vinicius tournent à l’affaire d’État 

Si l’Espagne semble enfin prendre conscience du traitement que subit l’attaquant du Real, le Brésil hausse le ton.

Ce mardi matin, la police espagnole a d’abord annoncé avoir arrêté quatre personnes impliquées dans une affaire où Vinicius Jr est la victime. Cette opération concernait la pendaison sous un pont de Madrid d’un mannequin à l’effigie de l’attaquant du Real Madrid, avant un derby contre l’Atlético en Coupe du Roi, fin janvier.

Un peu plus tard, les forces de l’ordre ont indiqué que trois jeunes hommes avaient été interpellés à Valence, suspectés d’avoir proféré des insultes racistes au Brésilien dimanche au stade de Mestalla. De Valladolid à Valence, en passant par Majorque, Gérone et la capitale espagnole, l’ailier supersonique est devenu la cible constante de nombreux supporteurs adverses en Liga, dégueulant de honteux « mono » (« singe » en VF) à l’adresse du joueur. Mais les événements de Mestalla marquent peut-être, enfin, un tournant dans cette succession d’épisodes largement impunis.

 Le Brésil et le « principe d’extraterritorialité »

En quelques heures, le fâcheux épisode a trouvé un écho à Hiroshima au Japon, lieu d’accueil du G7 à 10.000 kilomètres de Valence, d’où Lula a vigoureusement réagi. Vinicius « a été attaqué, on l’a traité de singe, s’est insurgé le président brésilien en conférence de presse. Il n’est pas possible, en plein XXIe siècle, d’avoir des préjugés raciaux aussi forts dans autant de stades de football ». Ces nouvelles injures racistes ont sérieusement tendu les relations entre le pays d’origine et celui d’accueil, depuis 2018, de l’attaquant madrilène. Celui-ci, qui a obtenu la nationalité espagnole en septembre 2022, a même laissé entendre qu’il était prêt à chercher une destination moins hostile, malgré un contrat courant jusqu’en 2027.

Surtout, le ministre de la Justice du Brésil a brandi le « principe d’extraterritorialité ». « Le Code pénal prévoit que, dans des situations exceptionnelles, il est possible d’appliquer la loi brésilienne dans le cas de crimes contre des Brésiliens, même à l’étranger », a détaillé Flavio Dino. On voit mal comment cette « extraterritorialité » pourrait entrer en vigueur ici, mais l’essentiel est ailleurs : pour le Brésil, cette énième affaire de racisme contre l’une de ses idoles a provoqué un début de crise diplomatique avec l’Espagne. Avec les messages de soutien pour Vinicius affluant de stars aussi influentes que Kylian Mbappé et Cristiano Ronaldo, sans oublier la Fondation Pelé sur le compte Twitter du défunt Roi, le pays se retrouve sous des projecteurs bien peu flatteurs et semble commencer à faire son introspection.

Ce mardi, la une de Marca, quotidien sportif madrilène et pro-Real pas toujours net par le passé sur le sujet, affiche un édito sur fond noir. Avec un message très clair : « Ce n’est pas suffisant de ne pas être racistes, il faut être antiracistes. » Chose rare dans un pays aussi clivé entre capitale et Catalogne, Mundo Deportivo, concurrent barcelonais de Marca, est venu au soutien d’un joueur Merengue, également défendu avec vigueur par Xavi, l’entraîneur du Barça. « Basta ya », autrement dit « ça suffit »… Ce titre barre la une du journal. Son directeur de la rédaction juge que « les insultes contre Vinicius font mal à toute la société ». Même s’il tient à préciser que « l’attitude du joueur mérite d’être applaudie pour cette dénonciation [du racisme] et d’être critiquée pour ses gestes de mépris envers ses collègues de travail et les supporteurs. »

 « Une minorité d’excités » pour le ministre des Affaires étrangères

De quoi donner du poids à ceux qui justifient les injures adressées à Vinicius – expulsé pour un coup de coude dimanche dans les arrêts de jeu à Mestalla – par son comportement jugé provocateur. Et minimiser, une fois de plus, le racisme qui imprègne les tribunes espagnoles (et bien d’autres), à la manière de Javier Tebas. Le président de la Liga s’est prêté à une joute verbale sur Twitter avec le joueur, et a assuré que ni l’Espagne ni son championnat n’étaient racistes, contrairement à ce que disait l’attaquant du Real. « La société espagnole est une société majoritairement tolérante », juge aussi José Manuel Albares, le ministre des Affaires étrangères, relayé par Marca.

« Ces incidents sont intolérables et absolument condamnables non seulement dans l’espace sportif mais plus largement dans un pays comme l’Espagne, terre d’accueil qui fait de la diversité son étendard », a-t-il ajouté au sujet des multiples affaires Vinicius. « Les insultes proviennent d’une minorité d’excités qui confondent passion et haine et qui ne devraient plus remettre les pieds sur un terrain de football. » Ni dans les tribunes, d’ailleurs.

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