-- -- -- / -- -- --
Sports

Rachid Mekhloufi fait partie des rebelles du foot

Rachid Mekhloufi fait partie des rebelles du foot

« Qu’est-ce qu’on connaît du foot ? La Ligue des champions ? Le montant des transferts ? Les tribunes qui sifflent ? La violence ? Le business ? Vous avez raison, c’est ça aussi le foot.

Mais moi, je vais vous parler d’autre chose. Je vais vous parler des vraies valeurs, des hommes. » C’est par ces paroles qu’Eric Cantona débute son émission. Une émission de Canal + intitulée « Les rebelles du foot » et dédiée aux footballeurs qui ont marqué l’histoire du sport roi.

Avant-hier en début de soirée, juste après le match Paris St Germain – Caen, Canal + diffuse un nouveau numéro de cette émission consacrée à Rachid Mekhloufi. Place à Cantona qui reprend la parole : « Croire à ce qui est juste et tourner la gloire pour défendre une cause. Oublier un, un jour de la révolution. En 1958, Rachid Mekhloufi l’a fait avec neuf compagnons pour porter les couleurs d’un pays qui n’existait pas encor. »

Le court-métrage dure une vingtaine de minutes mais est riche en émotions, en témoignages. Rachid Mekhloufi est un joueur de l’équipe de France qui, pendant la guerre d’Algérie, choisit la clandestinité et rallie son pays pour en défendre les couleurs en 1958 dans l’équipe du FLN.

A propos de témoignages, d’illustres personnages du sport parlent de lui. Michel Nait Chalall, un journaliste qui n’est plus à présenter, Jean-Michel Larqué ou encore Bernard Pivot qui, dans ce documentaire, fait une reconstitution de la « désertion » de Mekhloufi de France vers Tunis.

« Pour moi, Rachid Mekhloufi reste l’un des 5 meilleurs joueurs qu’il y avait sur terre. J’étais ébloui par son élégance, par son talent, sa petite moustache et par son football qui nous faisait rêver. » (dixit Michel NaIt Challal). De son côté, l’ex-international français de l’AS Saint-Etienne, club où a évolué Mekhloufi, dit de lui : « Il faisait partie de la race de ces joueurs que lorsqu’ils sont sur un terrain, inventent et créent quelque chose pour vous épater »

International français, Rachid Mekhloufi abandonne Saint-Etienne et ses espoirs de disputer la coupe du monde 1958, pour rejoindre clandestinement huit de ses compatriotes et fonder l’équipe du FLN.
Une équipe qui deviendra le symbole de la nouvelle Algérie jusqu’à son indépendance en 1962.

L’hôpital de Saint‐Etienne en pleine nuit. Trois hommes en sortent sans un bruit, l’un d’entre eux porte encore un bandage sur la tête. Ils s’engouffrent dans une voiture, une Aronde, qui passe devant le stade Geoffroy‐Guichard, dont la masse imposante est tapie dans l’ombre, et prend la route vers la Suisse. Nous sommes le 14 avril 1958.

Dans l’hôtel Majestic de Tunis pendant la reconstitution, Mekhloufi répond aux questions de Bernard Pivot. Sans se gêner, notre héros dit clairement à son ami journaliste que « l’émotion avec l’Algérie était encore plus grande qu’avec celle de l’équipe de France », avant d’esquisser un petit sourire dont il a le secret. Un sourire synonyme d’un « excusez-moi », symbole de politesse d’un Mekhloufi très généreux et, ô combien, estimé par les Français.

Il voulait tout simplement parler de ce premier match avec l’équipe du FLN joué au stade Zouiten de Tunis, le premier sous le maillot algérien après avoir quitté la France comme un clandestin mais aussi comme un déserteur puisqu’il effectuait, au moment de son escapade, son service militaire de citoyen français.

L’appel de la nation n’a pas de prix et c’est la raison pour laquelle Eric Cantona a choisi d’incorporer Rachid Mekhloufi au sein des footballeurs qui ont marqué l’histoire de la rébellion du football.

Commentaires
Email
Mot de passe
Prénom
Nom
Email
Mot de passe
Réinitialisez
Email