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Culture

Rabie Houti Band : « Nous avons choisi la fusion pour toucher le plus de public »

Rabie Houti Band : « Nous avons choisi la fusion pour toucher le plus de public »

Après près de huit ans d’absence, Rabie Houti a renoué avec la scène musicale algérienne ramadan dernier. Une mini-tournée l’ayant conduit à Oran, Alger, Annaba et Constantine. Des retrouvailles émouvantes avec le public algérien. Un public qu’il qualifie de génial et généreux. Dans cette interview, il parle, à cœur ouvert, de sa musique son groupe éponyme, de ses influences musicales, du confinement…

Le Jeune indépendant : Après deux années d’absence, due à la pandémie COVID-19, vous renouez avec la scène musicale algérienne avec une tournée à Oran, Alger, Constantine et Annaba. Votre ressenti en retrouvant le public algérien ?

Rabie Houti : Le monde entier était en arrêt pendant 2 ans donc la scène nous a vraiment manqué et surtout la scène algérienne. Je n’ai pas rejoué en Algérie depuis 2014 ; c’est un grand plaisir de retrouver le public algérien présent en force et de partager cette joie et ce bonheur avec lui.

Comment est né le Rabie Houti Band ? Pourquoi porte-t-il votre nom ? Cela signifie-t-il que les membres de ce groupe ne sont pas permanents ? Vous vous inscrivez dans le registre musique world fusion. Pourquoi le choix de la fusion ?

Le Rabie Houti Band est né de la rencontre de 5 musiciens : Benjamin Saubion, Pedro Coudsi, Quentin Aubignac, Benjamin Michel et moi même. Ce projet musical porte mon nom parce qu’au début, j’ai commencé en solo en faisant des petits concerts voix, violon et oud. Je voulais lancer ma carrière solo, mais j’avais besoin de soutien et de musiciens pour partager cette expérience avec moi, d’où le projet Rabie Houti Band.
Avec ce projet on fusionne plusieurs styles musicaux comme l’arabo-andalou, la musique algérienne, la musique électro et le rock. Il est dur de nous classer dans un registre musical précis. Souvent, les gens nous posent la question si on est un groupe de musique arabo-andalouse ou un groupe fusion Maghreb… Je dis tout simplement que nous avons créé notre style et notre son et on fait du Rabie Houti Band. En fait, nous avons choisi la fusion pour toucher le plus de public et surtout rendre cette musique plus universelle parce que chaque membre du groupe a ces influences. La rencontre avec l’autre et la richesse des autres cultures font la force de notre projet

En optant pour différents sons (blues rock, groove, jazz, rock…) vous n’aviez pas peur de dénaturer ou trahir votre musique de prédilection, à savoir la musique arabo-andalouse ?

C’était un choix de faire une fusion pareil et de pousser les limites, car, malheureusement, la musique arabo-andalouse n’est pas connue sur la scène musicale internationale. C’est une vérité qu’on doit accepter. Si on prend l’exemple de la musique gnawa ou celui de la musique rai, s’il n’y avait pas eu des fusions avec les différents styles personnes connaîtrait le rai ou le gnawa. Mais cela ne veut pas dire qu’il faut abandonner et oublier le patrimoine original. Il faut sauvegarder ce magnifique patrimoine et continuer à le transmettre, mais, en parallèle, il ne faut pas hésiter à le rendre universel et accessible à un public plus large et mondial.

Votre répertoire est-il composé de création ou de reprises ?

Notre répertoire est composé de reprise de musique traditionnelle mais réarranger mais aussi de création (texte et musique). Notre source d’inspiration reste toujours la musique arabo-andalous pour la composition, mais pour l’arrangement ça navigue entre le rock et l’électro.

Votre 1er album « Tahtaha » est sorti en 2019. Pourquoi ce titre ?
« Tahtaha » est une place connue à Oran, plus précisément à M’dina Jdida. C’était une place permettant de rassembler les gens ; un lieu de rencontre, des poètes et des musiciens… Les habitants se rencontraient sur cette place et partageaient leur art, leur passion et leur amour pour la vie…

Durant le confinement, dû à la COVID-19, vous avez été très actif : nouvelles compositions, arrangements de morceaux traditionnels, featuring… Plus de détails ?

Le confinement, pour moi, c’était l’occasion d’entrer dans une bulle de création et pour repenser les projets musicaux. D’ailleurs, pendant le confinement, j’ai réussi à enregistrer un nouvel album pour un nouveau projet intitulé « Zamen ». Sorti le 19 mars 2022, l’album est dispo sur toutes les plates-formes. Le projet « Zamen » a vu le jour grâce à Stephane Puech, un grand arrangeur et compositeur montpelliérain. J’ai eu l’honneur de travailler avec lui sur ce projet. En fait, « Zamen » présente toute la fresque arabo-andalouse du 13ème siècle jusqu’à aujourd’hui, c’est-à-dire en commençant par la nouba classique en passant par le hawzi, le chaâbi et la chansonnette du 20ème siècle, mais bien sûr avec une vision de Rabie Houti Band.

Pendant le confinement, j’ai réalisé pas mal de « feat » (duo, ndlr) avec des musiciens à travers le monde. Par exemple, vous pouvez retrouver la chanson « Alala ylali » sur YouTube qu’on a reprise dans plusieurs langues et avec plusieurs chanteurs à travers le monde (Algérie, Mexique, Suisse, France, Guadeloupe, Maroc…). C’était un clip pour fêter le déconfinement qui avait pour titre « L’Espoir ».

Comment avez-vous vécu le déconfinement sur le plan musical ?

Le déconfinement sur le plan musical était vraiment difficile, avec tous les concerts reportés, puis annulés. C’était un peu compliqué, mais on avait réussi à faire quelques concerts. C’était seulement des concerts locaux.

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