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Nationale

Rabat joue et perd

Rabat joue et perd

Les manœuvres répétées et les pressions exercées par le Maroc sur ses alliés pour tenter d’exclure la République sahraouie
du 4e Forum afro-arabe, tenu mercredi dernier dans la capitale équato-guinéenne, ont buté sur l’intransigeance des pays africains et arabes, soucieux de défendre des principes de droit aux détriments d’objectifs coloniaux étroits.

En se dressant une nouvelle fois face à la posture marocaine, les pays africains ont rappelé surtout que les valeurs et principes qui gouvernent l’union africaine ne sauraient en aucun cas être négociables ou servir de matière au chantage.

Pour l’Afrique aucun compromis n’est possible lorsqu’il s’agit des principes de gouvernance et de droit qui ont présidé, justement, à la création de l’Union Africaine (UA) et sur la base desquelles elle est comptable devant les peuples.

Ce sont ces principes souverains auxquels s’est associée la République sahraouie, membre fondateur de l’UA. Les Etats membres ont dans le même le temps réaffirmé avec force leur attachement aux idéaux de solidarité active avec les peuples luttant pour leur libération ainsi que pour le parachèvement du processus de décolonisation de l’Afrique.

Dans cette optique, Dlamini Zuma, présidente de la Commission de l’union africaine a affirmé que l’UA « continuera à soutenir les peuples palestinien et sahraoui jusque-là ce qu’ils recouvrent leurs droits nationaux « .

En dépit d’une action de propagande menée tous azimuts depuis quelques mois pour faire accrediter la thèse selon laquelle l’Afrique était divisée sur la question du Sahara occidental, le Maroc s’est vu infligé un sévère camouflet à Malabo, éloquemment illustrée par la forte mobilisation et le soutien de l’Afrique en faveur de la position et du statut de la République sahraouie en tant que membre fondateur de l’Union africaine.

Cette mobilisation africaine a été davantage confirmée tant elle s’est a benéficié de la caution de tous les Etats membres de l’Union africaine, y compris les alliés traditionnels du Maroc.

Sur les 21 pays que compte la Ligue arabe, seuls quatre pays du Golfe (Arabie saoudite, Qatar, Emirats arabes-unis et Bahreïn) en plus de la Jordanie se sont retirés des travaux du Sommet, la Ligue arabe se retrouvait présente par les deux tiers de ses membres.

Cela d’autant que ce retrait n’a aucunement altéré la poursuite des travaux dans la sérénité, l’unité et la solidarité qui fondent les principes et valeurs de l’Afrique.

Dans un entretien accordé au site d’information TSA, Abdelkader Messahel, ministre des Affaires maghrébines, de l’Union africaine et de la Ligue des Etats arabes affirmait que le retrait marocain « n’a pas eu d’impact sur le sommet afro-arabe, soulignant que « l’Afrique a démontré de la manière la plus unanime que les principes et fondements de son union ne sont pas négociables quel que soit le partenaire. « .

M. Messahel a représenté M. Abdelaziz Bouteflika, président de la République à ce 4ème Sommet arabo-africain.

Dès lors, l’Afrique a démontré à travers cette position unanime qu’on ne touche pas aux fondements de cette organisation. La RASD est un membre fondateur de l’Union africaine. Et aucune adhésion ne peut se faire au détriment du principe fondateur de l’Union africaine.

Le Maroc a demandé le retrait de la Rasd avant de demander le report du sommet. Il ne l’a pas obtenu. Dans ce forum qui regroupe une soixantaine de pays, sept se sont retirés. Mais 54 pays africains et les deux tiers de la Ligue arabe étaient présents.

Le ministre a indiqué aussi que « les deux tiers des pays membres de la Ligue arabe ont participé à ce sommet « en dépit du retrait des monarchies du Golfe connues pour leur alignement chauvin au palais royal alaouite.

Toutefois, les contingences politiques ont fini par peser sur les échanges commerciaux. Ainsi sur le plan économique le partenariat arabo-africain accuse le pas en raison d’absence de projets concrets, à contrario des partenariats qui existent entre l’Afrique et la Chine, l’Inde, les États-Unis et l’Europe.

Par cette position de soutien renouvelé à la cause sahraouie, l’Afrique dans son ensemble entendait délivrer un message politique fort et sans ambiguïté, soulignant leur attachement à préserver l’unité de ses rangs et sa cohésion contre toute tentative visant à les mettre en échec. Par ailleurs, M. Messahel, a souligné l’ »intérêt majeur » accordé par l’Algérie depuis son indépendance à sa profondeur stratégique arabo-africaine.

L’Algérie « accorde depuis son indépendance un intérêt majeur à sa profondeur stratégique arabo-africaine « , a précisé M. Messahel dans son intervention dans ce rendez-vous africain.

L’Algérie « n’a jamais hésité à apporter son aide aux Etats africains et arabes ni à établir avec eux des passerelles de fraternité et de solidarité », a ajouté le ministre, affirmant que l’Algérie « a toujours veillé à soutenir les mécanismes de coopération arabo-africaine et à mettre en œuvre ses stratégies et plans de travail par la mobilisation de tous les moyens disponibles ».

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