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Nationale

Qui a assassiné le jeune Abderrahmane Mellouk ?

Qui a assassiné le jeune Abderrahmane Mellouk ?

Qui a assassiné le jeune Abderrahmane Mellouk, âgé exactement de 22 ans et résidant du petit village d’Immalitène dans la commune rurale de Boudjima ? Cette affaire de meurtre remontant à 2014 est digne des grandes intrigues romanesques d’Agatha Christie.

Beaucoup de personnages entrent en scène et susceptibles d’être suspectés, mais un seul est réellement coupable. La famille Mellouk de Boudjima n’a, depuis le mercredi 5 février 2014, jour de la découverte de sa dépouille sur le rivage de la plage de Tassalast (Tigzirt), pas fait le deuil du sien. Et pourtant, le jeune Abderrahmane Mellouk a bel et bien été assassiné. L’autopsie a révélé que la mort a été provoquée par l’absorption d’eau et la respiration coupée par le sable qui a obstrué les voies respiratoires. En cette matinée du mercredi 5 février 2014, Abderrahmane Mellouk, porté disparu depuis samedi le premier février 20I4, a été retrouvé mort sur le rivage. Le corps sans vie oscillait au gré des petites vagues qui s’écrasaient sur la plage. Le corps était caché uniquement par un short. Les pieds étaient aussi couverts de chaussures.

Hormis ces deux éléments d’atours, rien d’autres. Le tricot de peau, la chemise, la veste et le pantalon avaient disparu. Idem concernant les pièces d’identités. Le seul document trouvé sur le corps sans vie et on ne sait d’ailleurs comment était la photocopie de la CNI d’une femme, originaire des Ouadhias. Les deux téléphones portables de la victime avaient également disparu. L’un des portables sera pourtant retrouvé, et ce à un endroit lointain de la plage de Tassalast. En effet, ce portable en question sera retrouvé au village de Tamazirt-Ourabah, commune de Mizrana dans un garage dépourvu de portail. C’est le propriétaire du garage qui trouvera ce portable cellulaire posé dans le creux d’une roue sans pneu. Mais qu’en est-il du corps pour légitimer le soupçon d’un assassinat ? L’autopsie révélera une blessure profonde au niveau de la partie droite du crâne, non loin de la nuque. Le cou et la partie du thorax, côté droit porteront également les traces de ce qui semble être des coups provoqués par un objet tranchant comme la lame d’un couteau.

Sur les pieds et certaines autres parties du corps comme les jambes et les cuisses, il a été également relevé des plaques de couleur jaunâtre, plaques que ne portait pas le défunt de son vivant. Par quoi ont-elles été provoquées ? Mystère. Selon le frère de la victime, Chérif, qui s’est confié au Jeune Indépendant, Abderrahmane a quitté le domicile familial le premier février 2014. Vers la fin de l’après-midi, il se retrouvera attablé avec deux des ses amis dans un débit de boissons alcoolisées, sis au chef-lieu de commune de Boudjima.

A un moment donné, il les quittera pour un moment pour un brin de causette avec deux autres amis à lui. Ceux-ci étaient à bord d’une Peugeot 306. La victime était dehors et ses deux interlocuteurs étaient restés à l’intérieur de leur véhicule. Une fois la discussion terminée, il rejoindra ses deux amis qui étaient restés à table. Et quelques instants plus tard, une autre voiture arrive, une Mercedes de couleur blanche. A son bord, deux hommes et apparemment des connaissances encore de la victime. Ceux-ci révéleront plus tard à la famille Mellouk qu’ils avaient déposé Abderrahmane à Chréa, car c’est là qu’ils devaient s’arrêter pour faire honneur à Bacchus. Ils révéleront également que Abderrahmane les a informés qu’il voulait se rendre à Tigzirt et s’il leur était possible de l’y déposer. Comme la destination de Tigzirt ne figurait pas à leur agenda, ils l’ont déposé au croisement pour qu’il puisse faire de l’autostop, plus exactement au lieudit « Chréa ». Un riverain de Chréa informera quant à lui la famille Mellouk que Abderrahmane est arrivé à la hauteur de son domicile pour

quémander ensuite de l’eau. Il était plus de 17 heures. « J’ai remarqué, dira ce riverain à la famille Mellouk, que le jeune homme était perturbé psychologiquement. Comme s’il a vécu et subi un mauvais moment. » Une fois étanché sa soif, Abderrahmane reviendra sur ses pieds. Le riverain, par acquis de conscience, lui emboîtera le pas. Il voulait aussi s’assurer que le jeune homme qui lui a quémandé de l’eau ne faisait pas partie de quelque groupe de malfrat. Cependant, il ne rattrapera pas Abderrahmane. En revanche, il remarquera deux hommes debout à côté d’une voiture garée. Une Xiara. A son approche, ils monteront dans le véhicule. Il ne réussira pas à distinguer leurs visages. Le temps était sombre et les vitres étaient du genre fumées. Abderrahmane était-il à bord de cette Xiara ? Personne ne pouvait le dire. N’ayant pas réussi à rattraper Abderrahmane, le riverain n’eut d’autre choix que rentrer chez-lui.

De leur côté, ses deux amis de beuverie qui étaient attablés dans le débit de boissons alcoolisées de Boudjima ont essayé de le joindre au téléphone mais en vain. Il était 22 heures environ selon leur propre témoignage. Toujours selon leurs dires, le téléphone de Abderrahmane sonnait et au bout d’un moment il y a eu un déclic, bruit semble à celui d’un bouton de décrochage pour réceptionner l’appel. Cependant, aucune voix n’a répondu. Plus tard, l’enquête de la gendarmerie révélera que ce déclic à partir du téléphone de la victime se situait entre le village d’El-Kelaâ (Tigzirt) et une zone sise sur le territoire communal de Mizrana. Et depuis ce soir du premier février 2014, la famille Mellouk n’aura de nouvelle du sien que cinq jours plus tard, soit le mercredi 5 février où on leur a annoncé la triste nouvelle. Aujourd’hui encore, soit depuis quatre ans et demi, l’enquête n’a pas encore révélé le ou les responsables de la mort du jeune Abderahmane. Cherif Mellouk a souligné que le procureur de la république auprès du tribunal de Tigzirt, qu’il a saisi pour lui faire connaître où en est l’enquête, lui a indiqué que celle-ci n’a encore rien donné.

Notre interlocuteur nous a indiqué aussi que l’enquête en question a été menée par les gendarmes de Makouda et Tigzirt. Il va sans dire que les gendarmes ont auditionné tous ceux qui ont été en contact avec la victime durant le jour de sa disparition et même avant. Idem concernant la femme dont la photocopie de la CNI a été retrouvée sur la victime a subi les questions des gendarmes. Il n’en demeure pas moins que le ou les assassins ne sont pas encore démasqués. Bien des interrogations se posent. Où exactement le ou les criminels ont mis fin à la vie du jeune Abderrahmane ? Comment a-t-on pu retrouver sur lui une photocopie de la CNI d’une femme alors que les autres pièces d’identité ont disparu ? Pourquoi le défunt avait toujours sur lui les chaussures et le Short alors que les autres effets vestimentaires ont disparu ? Si le short peut s’expliquer par le fait qu’on eut pu manifester quelque pudeur pour le corps, mais les chaussures ?

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