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Op-Ed

Quelle mission pour le Trévidic ?

Alors que François Hollande, président de la République française, entre, armé jusqu’aux dents, en compétition de sang dans les jeux de DynastyWarriors, Transformer, Sniper Elite, et que sais-je encore de ces nouveaux jeux de purifications ethniques, l’Algérie a droit, quant à elle, à une visite pour le moins surprenante qui a quand même abouti après tant de tractations. Le juge qui est déboussolé du terrain des bavures et des guerres où opère sa Marseillaise et son président sera ici.

Chez nous. Eh oui ! Marc Trévidic va fouler demain le sol algérien pour satisfaire les soupçons français qui planent sur un dossier resté longtemps comme une épée de Damoclès sur la tête des sécurisants algériens. Il fallait donc le faire ! Battre cette carte. Politiser ce dossier des deux côtés. Un joker qui rapporte aux enchères circonstancielles. Pauvres moines, otages, à titre posthume, d’un « rapt » entêté d’esprits malveillants qui s’affairent à gâcher un semblant d’accalmie entre les deux pays. Ou à entériner un pouvoir en Algérie, ou, ou…

Au-delà de cet aspect juridique, et à travers tout ce qui s’est passé, le lieu de Tibhirine devrait être avant toute chose un symbole. Le dernier message d’amour, d’espérance des victimes et non des victimaires encore acteurs des Back offices. Des deux côtés.
Ce que les moines auraient voulu laisser, de l’avis d’un ex-ambassadeur de France en Algérie, ce n’est certainement pas une procédure judiciaire, mais un sens de sacrifice pour la paix entre les peuples. Hélas ! Personne ne l’entend de cette oreille. La politique le voit autrement, la course au pouvoir le piétine sans regret ni conscience, l’argent et le gain de marchés n’ont carrément pas d’oreilles…

L’Algérie qui se lorgne aux moments de grands conflits armés internationaux de son principe fondateur, la non-ingérence dans ses affaires et celles des autres fait une pause dans l’Acta Sanctorum interprété par un juge antiterroriste qui voudrait inspecter sa cuisine, son intimité, sa salle à manger, son salon et son jardin. Autres temps, autres mœurs. Quelle réussite pour la France qui arracherait un atout de souveraineté nationale qu’elle vise : responsabiliser les services de sécurité.

Ces services qui font journellement un important travail pour empêcher la terreur (de quelque nature qu’elle soit) d’atteindre le peuple et par la même occasion l’Europe. Il est illusoire de voir dans les Services une sorte d’assurance contre le danger ni pour les imams, ni pour les moines, ni pour les bouddhistes. Nationaux ou étrangers. Aujourd’hui, plus qu’à l’époque de la Guerre froide, le monde connaît une forte insécurité, mais elle est d’un autre ordre. Elle est plus le reflet d’une défaillance politique à assurer une vie décente qu’un sursaut terroriste.

Les exemples pullulent autour de nous. Ce fait social, les Services le transmettent certainement aux plus hautes autorités civiles et militaires. De la France, de l’Algérie et d’ailleurs … Mais les politiques, y compris les nôtres, s’entêtent à faire l’autruche.
« Bouteflika est là jusqu’à 2019… voire même après », jure Amara Benyounes.
« Je sécurise le territoire », acquiesce le juge en mission. 

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