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Nationale

Quelle feuille de route pour le gouvernement ?

Quelle feuille de route pour le gouvernement ?

Les algériens et tous ceux qui s’intéressent situation du pays savent qu’un cinquième seulement des électeurs algériens a ainsi voté en faveur de la réforme constitutionnelle. Le taux de participation de 23,7 % dévoilé par l’ANIE est inédit et entre en l’histoire pour un scrutin qui devait être déterminant pour une constitution censée être fédératrice.

Au-delà des conditions défavorables qui ont entouré ce référendum depuis sa gestation et jusqu’à son déroulement, les résultats du oui, du non, des bulletins annulés et des abstentions sont de messages et de leçons à décortiquer. Pour les observateurs, ces scores invitent à la réflexion, à une relecture de la réalité politique et social du pays nécessitant, au demeurant, l’élaboration d’une nouvelle feuille de route.

Cependant, l’état de santé du chef de l’État et sa possible convalescence ne favorise pas pour le moment des prises de décisions fermes, tranchantes et pragmatiques. Une situation qui complique la visibilité du gouvernement d’Abdelaziz Djerad, appelé finalement à devenir, sans le vouloir, l’unique joueur vedette sous les feux de la rampe. Plus qu’un fardeau politique, cet exécutif plus hétéroclite que technocrate souffre déjà de ces quelques voix dissonantes, mal aimées ou impopulaires au sein de sa composante. Un déséquilibre qui désavantage lourdement le Premier ministre, appelé finalement à chercher une nouvelle unité dans le discours, une solidarité à toute épreuve et un programme novateur de réforme.

Que faut-il faire et par où commencer les chantiers qui rétablissent les liens de confiance entre les gouvernés et les gouvernants ? Selon des sources parlementaires, les autorités devront accélérer les réformes politiques, en lançant rapidement la révision de l’architecture juridique du système politique et le jeu institutionnel. L’une des premières démarches est de réviser la loi électorale, qui ne semble guère satisfaire ni l’opposition, ni de larges franges de la société. L’avant-projet est déjà sous la loupe, au niveau du ministère de l’intérieur. C’est un comité d’experts, dirigé par le professeur Ahmed Laraba qui s’attelle depuis quelques semaines à réexaminer le dispositif, avant de le proposer en conseil des ministres et ensuite au parlement pour adoption.

Selon les mêmes sources, l’avant-projet de la loi électorale devrait connaître de profonds changements, surtout qu’elle sera l’émanation de la Loi fondamentale, récemment votée. Le texte serait peut-être fin prêt avant la fin de l’année, car on prévoit, selon un plan initial du président Abdelmadjid Tebboune, l’organisation des élections locales et de wilayas soit le 22 février 2021 comme clin d’œil à la genèse du hirak, ou en avril de la même année. Si bien sûr, la situation sanitaire s’améliore durablement, ainsi que l’économie dont les indicateurs sont en rouge.

Pour le gouvernement, cette loi est une priorité, autant que les autres textes à caractère économique ou judiciaire. Car, on sait que le président Tebboune mise depuis son accession à la magistrature suprême, à la mise en place de nouvelles composantes humaines au sein des assemblées populaires communales et de wilayas. Ce sont ces institutions, fermées aux acteurs de la société civile et au mouvement associatif, qui vont accueillir de têtes nouvelles, et qui vont fouetter la vie politique et socioéconomique. L’enjeu pour Tebboune est de permettre aussi à des forces du hirak et du mouvement citoyen de donner un autre souffle aux institutions de base, et de renouveler les personnels politiques, en prévision des élections législatives.

Selon les mêmes sources, il s’agit à travers cette démarche de démanteler le système, de répondre aux aspirations populaires et de jeter les fondements de cette nouvelle République.

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