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Nationale

Quel rôle pour les wilayas déléguées ?

Quel rôle pour les wilayas déléguées ?

Sept mois après la publication du décret portant création de dix wilayas déléguées au Sud, une virée du ministre de l’Intérieur dans l’une des nouvelles entités administrative lui a certainement permis de mesurer l’impact qu’a eu la décision sur le développement local.

Bien que d’aucuns s’accordent à dire que la concrétisation de la mesure nécessite plus de temps dans la mesure où la mise en place d’infrastructures et leurs dotation de personnel qualifié nécessiterait forcément du temps et même un budget conséquent. Cela dit, le ministre n’aura pas manqué, au passage, de vanter le bien-fondé de cette nouvelle organisation qui vise selon lui à « rapprocher le pouvoir décisionnel du citoyen ».

Rappelant que la décision a été prise dans l’intérêt des habitants des nouvelles circonscriptions créées, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales a estimé que : « les efforts de développement menés dans ces nouvelles circonscriptions administratives leur permettront de se hisser au rang de wilaya à part entière ».

Noureddine Bedoui a tenu par ailleurs à inviter, en marge de sa virée à Touggourt dans la wilaya de Ouargla où il s’est enquis du degré d’avancement de projets et du fonctionnement d’installations relevant de son secteur, les responsables et élus locaux « à relever ce défi, pour la contribution au développement local et la satisfaction des attentes du citoyen ».

Le nouveau découpage annoncé par le président de la République à la veille de son élection pour un quatrième mandat et qui fut rappelons-le probablement motivé par la montée au créneau des populations du Sud (celle d’In Salah, précisément révoltée contre des explorations expérimentales de champs pour l’extraction d’hydrocarbures non conventionnelles -aujourd’hui nécessairement abandonnées au vu de la chute vertigineuse que connaissent les prix du pétrole conventionnel-) s’est concrétisé à partir du mois de mai dernier lorsque dix daïras du grand Sud avaient été promues en wilayas déléguées. 

Timimoun et Bordj Badji Mokhtar dans la wilaya d’Adrar, Ouled Djellal (Biskra), Béni Abbas (Bechar), In-Salah et In-Guezzam (Tamanrasset), Touggourt (Ouargla), Djanet (Illizi), El-Meghaier (El-Oued), et El-Meniaa (Ghardaïa) ont ainsi été hissées au rang de wilayas déléguées avec des prérogatives semblables à celles des wilayas mais dont le pouvoir décisionnel est resté exclusivement rattaché à la wilaya mère.

Il est vrai et nul ne peut contester l’importance d’une telle décision dans ces contrées lointaines où l’étendu des espaces semblait constitué un frein au développement local tant les distances sont énormes.

Seulement, l’option d’étendre à partir de cette année (dixit le minitre de l’Intérieur au mois de novembre dernier) cette mesure aux wilayas des Hauts-plateaux –une quinzaine- et en 2017 aux régions du Nord, si bien entendu la prise de la mesure se concrétise, reste pour nombre d’observateurs peu convaincante.

Sachant que nombre de projets dont la réalisation avait été annoncée pour 2015 et 2016 ont carrément été « mis au tiroir », il serait incohérent de prétendre faire plus de bénéfice en optant pour le partage du territoire, dans la mesure où dans certaines régions du nord ou même des Hauts-plateaux, il suffirait juste de donner plus de prérogatives à la plus petite subdivision territoriale, la commune en l’occurrence.

D’autant que les dernières décisions de décentralisation de certains services dont celle d’étendre la délivrance de documents jadis des seules prérogatives des daïras ou des wilayas à l’image du passeport biométrique ou encore de la carte grise ont permis de décongestionner ses grandes structures administratives.

Le ministre de l’Intérieur n’a d’ailleurs pas omis lors de sa virée à Touggourt de faire un saut au siège de la commune de Touggourt où il a inspecté le service des passeports biométriques.

En effet, la mesure si elle venait à être prise, ne tient plus la route en ces temps de vache maigre où la politique de rigueur dans les dépenses à laquelle est désormais contraint le pays au vu de la crise financière qui pointe à l’horizon nécessite -et le chef du gouvernement ne manque plus de le rappeler à chacune de ces sorties- plus de pondération.

La création de nouvelles wilayas déléguées suppose, en effet, d’importantes dépenses, que ce soit pour le personnel à recruter pour gérer ces nouvelles entités, des édifices à construire et à équiper pour abriter les nouvelles structures, des logements de fonction pour le personnel, un parc automobile, des frais de gestion et des salaires, pour ne citer que ces frais presque indispensables pour le seul démarrage de ces nouvelles entités territoriales.

Sachant que les affectations budgétaires des maigres dividendes des ventes des hydrocarbures à engranger à moyen terme doivent plutôt tenir compte d’impératifs vitaux pour le bon fonctionnement de ce qui existe déjà. En attendant le sursaut souhaité pour la diversification de l’économie nationale basée jusque-là sur la seule rente pétrolière.

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