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Nationale

Que voulait-on cacher de si grave ?

Que voulait-on cacher de si grave ?

Au moment où le tour du ministre des Finances, Abderrahmane Benkhalfaest venu pour exposer la situation financière du pays lors de la tripartite, la presse nationale a été conviée à quitter la salle sans aucune raison apparente. Quel est le but de cette décision ? Pourtant, toutes les interventions ont été faites en présence des journalistes, hormis celle du ministre des Finances.

Ce dernier veut-il cacher les chiffres ? Ce n’est pas une affaire privée pour être traitée en privé Dans ce cas d’espèce le huis clos est-il justifié ?

En théorie, le ministère des Finances au même titre que tous les autres départements est chargé de rendre encore plus visible l’engagement du président de la République et en faire une réalité plus concrète.

A ce titre, il est dans cette obligation de rendre publics les chiffres même si ces derniers ne plaisent pas à tout le monde. La bonne gouvernance obéit à des principes clairs. C’est un exemple qui tend à dire comment faire pour avoir une gouvernance plus transparente et plus à l’écoute des citoyens. L’intervention de Benkhalfa était très attendue dans un contexte marqué par de grandes incertitudes sur l’avenir du pays.

Si l’intervention de AbderrahmaneBenkhalfa sur l’évolution de la situation financière du pays s’est déroulée à huis clos, c’est assurément pour lui permettre de dire toute la vérité aux représentants du patronat, mais aussi des travailleurs.
Le premier argentier du pays devait à cette occasion dresser un tableau complet des finances du pays.

Le budget annuel, les dépenses, les recettes, le niveau des prélèvements des recettes, les recettes fiscales et enfin les recettes non fiscales.

Quel intérêt y a-t-il à garder secret ces chiffres ? Pour les citoyens et les contribuables aux finances, il est en effet nécessaire d’exercer un regard critique sur les comptes publics et leur administration. Malgré la publication de l’ensemble des informations par les pouvoirs publics, il est souvent difficile d’y voir clair et de donner du sens à ces informations.

Et c’est précisément là oùle bât blesse. A-t-on peur de révéler les mauvaises nouvelles aux citoyens qui ne demandent qu’à prendre connaissance des vrais comptes du pays et non qu’on les considèrer comme des mineurs. En agissant de la sorte, le gouvernement Sellal donne l’impression que le pays est au bord de l’explosion et que le navire tangue dangereusement.

C’est là que le fossé entre l’Etat et les citoyens se creuse davantage. Sellal devrait s’inspirer de son prédécesseur Ahmed Ouyahia qui préconise « d’avoir recours aux experts en matière financière et d’information pour expliciter les mesures financières aux citoyens et empêcher que le doute soit semé parmi eux ». Si le gouvernement ne veut pas d’audits, c’est qu’il cache quelque chose.

Et à ce jeu-là, il donne une autre occasion aux pourfendeurs du régime de tomber à bras raccourcis sur sa gestion et par extension sur le programme présidentiel puisqu’il a été chargé de le traduire sur le terrain. Sellal a regretté que « certains ont parié sur un vacillement rapide de l’Algérie », alors que « d’autres ont abandonné le navire pour ne pas être comptables d’un naufrage qu’ils pensaient inéluctable ».

Une pique sévère à l’adresse du MSP qui était encore hier l’allié sûr avec lequel on composait l’alliance présidentielle. Et comme à son habitude, il n’a pas raté l’occasion de brosser un tableau idyllique de la situation en affirmant péremptoirement que le pays « est sûr et stable » : « Comment pouvait-il en être autrement alors que des pays réputés plus aisés financièrement triplaient les prix du carburant, opéraient des coupes drastiques dans les aides sociales, rationnaient l’eau et l’électricité et mettaient des fonctionnaires au chômage technique ? », s’est-il risqué à faire une comparaison avec des pays à l’économe solide.

Mais à sa décharge, il a indiquéque même si les prix des matières premières, dont essentiellement le pétrole, revenaient à des niveaux élevés dans le futur, « ils ne suffiront pas à couvrir le développement socioéconomique du pays ». Un devoir de vérité qui commence à prendre forme chez les gouvernants algériens.

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