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Op-Ed

Que fait-on de Lydia et d’Abdenour ?

Que fait-on de Lydia et d’Abdenour ?

Lydia, 32 ans célibataire,” créatrice “dans une boîte de design et de marketing. Elle est la fille d’une enseignante de sciences naturelle au lycée et d’un administrateur dans une entreprise publique, tous les deux retraités.

Lydia ne porte pas le voile et le conçoit comme une forme de soumission et de négation de soi. Elle est condescendante envers les femmes qui le portent sans être mauvaise langue à leur égard.

Elle est très créative et travaille assidûment pour pouvoir monter un projet personnel qui lui tient à cœur depuis quelques temps. Un projet qui lui ouvrirait des perspectives et lui accorderait plus d’autonomie pour s’affirmer en tant que femme ayant du potentiel et des compétences

Avec son modeste salaire, elle mettra 30 ans avant de pouvoir amasser 50% seulement du capital requis pour le projet. Elle envisage de recourir à des financements. Elle a été alors orientée vers des bienfaiteurs dont de haut fonctionnaires pour l’aider mais tous lui ont fait des avances vu qu’elle fume, s’habille en petites robes et nage en bikini.

Elle en a ragé !

Elle dit en avoir marre de ce pays où les femmes sont des convoitées pour leurs corps ou classées dans la rubrique « mineures à vie » mais ne veut pas non plus se barrer car elle tient à être toujours proche de ses parents.

Lydia se ” cultive” en regardant Laurent Ruquier sur une chaine de télévision française et ne regrette pas de n’avoir jamais lu un livre en Arabe. Sans que ce soit un choix. C’est venu comme ça. Les livres chez ses parents sont en français.

Lydia est très généreuse et donne beaucoup de son temps aux femmes en détresse vivant dans des foyers d’accueil. Elle en a fait son combat, une porte par laquelle elle reste à l’écoute des douleurs féminines de tout genre et aussi les espoirs.

Lydia aspire à un changement radical et ne souhaite pas cependant que les islamistes prennent le pouvoir. Que fait-on de Lydia?

Abdenour, 53 ans, ne veut pas que sa femme travaille avec des hommes. Toutes les femmes de sa famille portent le hijab . Il travaille dignement pour gagner sa vie, fait sa prière du vendredi à la mosquée et ne rate pas les tarawihs (prières surérogatoires) durant le Ramadhan. Il ne regarde pas les télévisions officielles, n’a jamais voyagé, veut faire une Omra.
Il a perdu son frère soldat dans un accrochage lors de la décennie noire, victime de terroristes.
Sa fille est étudiante à l’université, s’habille en jean-liquette, se maquille les yeux au khol et poste des tik-tok sur des chansons Rai de cabaret. Son fils, ingénieur commercial a postulé pour un emploi une vingtaine de fois dans des sociétés nationales et privées et le poste a été a chaque fois, selon lui, donne à une fille.
Il a fini par bosser dans une superette d’un ami de son oncle pour une éventuelle harga.
Abdenour veut juste pouvoir vivre dignement et le cout de l’huile, du poulet, des factures, d’internet dépassent de loin son petit salaire.
Abdenour est particulièrement sensible au discours religieux comme la quasi-totalité des Algériens. Que fais-t-on d’Abdenour?

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