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Nationale

Que d’efforts restent encore à faire

Que d’efforts restent encore à faire

Tous les ans, la Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée partout dans le monde pour rappeler les principes fondamentaux de la liberté de la presse, d’évaluer la liberté de la presse, de défendre l’indépendance des médias et de rendre hommage aux journalistes qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession. En Algérie cette journée est dédiée chaque année aux journalistes disparus ou assassinés par les terroristes durant les années 90.

Cette journée revient avec son lot d’incertitudes et de déceptions sur l’état des lieux de la presse en générale. Vingt-six (26) ans après l’aventure intellectuelle, qui a vu naitre une presse indépendante avec cinq titres, quatre en langue française (Le Jeune indépendant, El Watan, le Soir d’Algérie et Algérie-Républicain, aujourd’hui disparu des étals) et un en langue arabe (El Khabar) le paysage médiatique est aujourd’hui renforcé par 170 titres et presque 50 chaines de télévision privées.

Mais la conjoncture financière difficile que traverse le secteur conséquemment à la chute drastique des recettes publicitaires risque de mettre à mal un nombre élevé de titres qui sont aujourd’hui menacés de disparition.

Des centaines de journalistes pourraient le cas échéant se retrouver sans emploi. Le président de la République Abdelaziz Bouteflika a saisi l’occasion de la célébration de la journée internationale de la presse pour évoquer pour la première fois depuis son accession au trône en 1999 le prix payé par la corporation et les sacrifices consentis pour épargner au pays une descente aux enfers aux conséquences incalculables : « la corporation a été au premier rang de la résistance pour la survie de l’Algérie et le triomphe des lumières de l’islam et de l’honneur de la patrie sur la barbarie du terrorisme.

C’est là, une occasion, pour nous recueillir, une nouvelle fois, à la mémoire des martyrs du devoir national, hommes et femmes, victimes du terrorisme. La lutte nationale et les sacrifices incommensurables qui ont jalonné le parcours de la presse nationale, dans le cadre des batailles, des acquis et des douleurs de son peuple, lui valent respect et reconnaissance » dit-il.

Le chef de l’Etat compte aussi sur la presse nationale pour l’aider à faire aboutir les réformes : « L’Algérie fait face aujourd’hui à de nouveaux défis.

Concernant les défis de la réforme nationale, le secteur de l’information dans notre pays fournira un service important à notre société en contribuant à expliquer l’impératif de la consolidation de l’État de droit et à convaincre de la nécessité de réhabiliter l’effort et le travail et de promouvoir la qualité, des valeurs qui permettent d’être au diapason des pays émergents parmi lesquels l’Algérie mériterait légitimement sa place », a affirmé le président Bouteflika dans ce message.

Mais cela suffira-t-il à balayer d’un revers de la main des années durant lesquelles l’Etat à ignorer un secteur livré aux prédateurs, des amis et des copains. Si le secteur de la presse écrite enregistre aujourd’hui le plus grand nombre de travailleurs, l’Etat a aujourd’hui, a les yeux rivés que pour certaines chaînes privées au statut hybride.

Un état des lieux de la presse est plus que nécessaire

La presse en Algérie a besoin plus que jamais d’un nouveau souffle après 26 ans d’existence. Sans présumer de la destination que prendra cette enveloppe financière (plus de 50 milliards de centimes qui dorment depuis plus de dix ans) ne faut-il pas associer les professionnels de la presse dans la prise de décision ? 

L’ouverture du secteur de l’audiovisuel des lustres a été précédé par une sorte d’expérimentation en tolérant dans la foulée 18 chaînes satellitaires aux cahiers de charges inexistants qui diffusent leurs programmes après autorisation du ministère de la Communication.

Ces chaînes algériennes ont considérés à ce jour comme étant des chaînes étrangères. Cet état de fait, fait que les journalistes travaillent dans des conditions extrêmement pénibles et ne sont nullement protégés ni dans leur rédaction ni à l’extérieur. En réalité les journalistes des différentes chaines satellitaires sont en train de vivre la même expérience que celle de leurs confrères de la presse écrite.

Une expérience caractérisée par l’anarchie, le manque de considération et des droits foulés au sol par de nombreux employeurs qui sont très souvent proche des responsables du régime. Est-ce de cela que le pays a le plus besoin ?

Le premier rapport sur la liberté d’expression et les conditions socioprofessionnelles des journalistes algériens établis par l’Initiative pour la dignité du journaliste algérien (INDJ), exprime une inquiétude générale que les pouvoirs publics doivent au plus pressé y remédier.

Ce rapport est basé sur des faits réels puisés sur le quotidien des journalistes algériens qui exercent au sein des rédactions déjà que tous les textes de loi promulgués (loi sur l’information et loi sur l’audiovisuelle) ne sont pas encore applicables du fait de l’absence de l’autorité de régulation de la presse écrite et d’un conseil d’éthique et de déontologie.

Le 23 mai 2011, une commission nationale mise en place par l’ex ministre de la Communication de l’époque, Nacer Mehal, fût chargée de mettre sur pied une grille de salaire pour les journalistes. La grille n’a concerné que les journalistes exerçant dans le secteur public.

En procédant de la sorte, Mehal a échoué dans sa tentative d’instituer une grille nationale pour tous les journalistes. Par ailleurs, il est constaté que la loi sur l’information n’est pas encore appliquée du fait de l’absence de textes d’application, ainsi que l’autorité de régulation de l’audiovisuel mais aussi le conseil de déontologie et d’éthique. Aujourd’hui, la dépénalisation de l’acte de presse semble un acquis fort mais que reste-il donc des ceux arrachés en 1988 ?

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