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Op-Ed

Que croyez-vous, Madame Hannoun ?

Louisa Hanoun s’en prend de nouveau au patronat algérien : « depuis le début du 4ème mandat de Bouteflika, une oligarchie politico-financière très arrogante a pris forme. Elle a institutionnalisé le siphonnage des richesses sous forme de crédits à l’investissement. »

On y arrive enfin !

Dans la lecture politique de Madame Hanoun, partante pourtant pour le 4ème mandat, partante pour un 10ème mandat s’il en est, dans les propos il y a comme une dyslexie dans la lecture politique. Elle laisse trop d’espace, la femme politique. Ramasser de l’argent, quelle qu’en soit la couleur, et chercher à se défiscaliser, quelle qu’en soit la ruse, sont le but de tout patron digne du statut de chef d’entreprise.

C’est sa lutte quotidienne. Sa question existentielle. Son pain béni, recherché. Une brioche dorée au four qui s’introduit, en plus, dans la politique. Les exemples de par le monde ne manquent pas. La délocalisation dans les systèmes financiers saturés en est un exemple. Les sociétés off-shore, s’en est un autre…
Les discours sur la propriété, ritournelle presque « gothique » ancien.

Le Manifeste du parti communiste, Marx, la théorie de l’économie politique, les analyses de transition : de l’esclavagisme au féodalisme, du féodalisme au capitalisme, la révolution industrielle, les classes ouvrières, la naissance du socialisme, l’homme-esclave… fini tout ce cirque !

Aujourd’hui, des hommes d’affaire algériens investissent dans l’espace de l’Autre. Mais pour un quatrième mandat, Madame Hanoun aurait dû, en égard au respect de la République, dresser sa base militante pour une constitution algérienne digne de l’air des temps modernes.

D’une assemblée digne de…

D’une sensibilité à l’égard d’une presse digne de…
Dans cette assemblée où des élus ont payé, selon les prix affichés, le numéro de leur siège, comme au cinoche. Un théâtre politique.
Des élus censés mûrir une ligne de conduite citoyenne. Représenter le peuple. Ne voter que pour l’intérêt commun. Aujourd’hui, il ne s’agit plus d’un 4ème mandat, le virus est niché dans les tripes de l’Etat qui ne saura plus se sevrer du mal.

Il ne s’agit plus de 4ème mandat. Ce n’est plus la référence. Un mandat. C’est depuis le commencement. Chaque mandat, depuis le début, fut un mandat de trop. La corruption des élus est liée à des lobbys financiers et à la smala affairiste, aviez-vous dit un jour. Bien évidemment que si, que croyez-vous, Madame Hannoun ?

C’est normal avec tous ces mandats que vous avez soutenus.
Croyez-vous que le peuple ne le sait pas ? Que c’est un secret d’Etat pour une quelconque raison d’Etat ? Est devenue une histoire de comptoirs commerciaux, la République. Sénateurs et parlementaires sont souvent les « boyaux » des appâts. De l’argent facile, un argent sale. Les lois peuvent « javeliser ».
Donner une naissance hallal.

Une identité. Une traçabilité. Une existence. Une loi bien charpentée, taillée à la demande des chéquiers patronaux pouvant tout légitimer, y compris les lobbys de fortune. Les lobbys qui deviennent faiseurs de lois, et qui peuvent tout faire. Tout recréer. Tout inventer. La République offre plein les fouilles au patronat sur le dos du 4ème mandat gratifiant bien les siens.

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