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Nationale

Quand les affaires prennent le dessus sur les contingences

Quand les affaires prennent le dessus sur les contingences

Le président de l’Assemblée nationale française, Claude Bartolone, est depuis aujourd’hui l’hôte de l’Algérie. Ce second déplacement de Bartolone sera l’occasion de « renforcer la concertation bilatérale », notamment en matière économique et sur les questions de sécurité régionale, thèmes de travail retenus par les deux Assemblées, note le communiqué de l’ambassade France qui précise qu’à l’occasion de sa visite, M. Bartolone ouvrira, avec son homologue M. Mohamed Larbi Ould Khalifa, les travaux de la Grande commission interparlementaire qu’ils avaient présidée ensemble pour la première fois en mars 2013.

La deuxième session de travail de la grande commission s’était tenue à Paris en juin 2014. Depuis leur reprise en 2001, les relations entre l’Assemblée nationale française et l’Assemblée populaire nationale algérienne se sont, en effet, progressivement étoffées et densifiées, souligne le communiqué.

Un protocole-cadre a été signé à Alger le 21 janvier 2007, qui a ouvert la voie à l’installation, en mai 2009, de cette grande commission interparlementaire.

Avec ses interlocuteurs algériens, M. Bartolone évoquera, enfin, les multiples facettes de la coopération entre les Parlements français et algérien, et notamment le séminaire annuel des fonctionnaires de Parlements francophones de la Méditerranée dont la dernière édition a eu lieu à Alger à l’automne 2015, ainsi que le cycle de formation au travail parlementaire organisé conjointement par l’ENA, l’Assemblée nationale et le Sénat et auquel participent régulièrement des fonctionnaires algériens.

Mais cette visite aura un caractère politique puisque le n° 1 de l’Assemblée française tentera de renouer le dialogue, quelque peu perturbé ces derniers mois, et décrisper les relations bilatérales, après le coup de froid provoqué par le tweet de Manuel Valls.

Une levée de boucliers s’en est suivie et de nombreux officiels algériens ont condamné ce geste peu amical du Premier ministre français, lequel s’en est d’ailleurs excusé auprès du Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal.

Mais depuis quelque temps, des indices montrent que cette crise est dépassée et qu’Alger ne montre aucun signe de mécontentement ; preuve en est la visite la semaine dernière de Jean Michel Baylet, ministre des Territoires, de la Ruralité et des Collectivités locales qui, un tant soit peu, a contribué à briser la glace en faisant l’éloge des relations algéro-françaises, « trop profondément enracinées pour être déstabilisées par des contingences passagères ».

« La France et l’Algérie sont au rendez-vous d’une confiance sans cesse renouvelée et d’une volonté active d’aller de l’avant, main dans la main »lui a répondu le ministre de l’Intérieur Noureddine Bedoui, mettant ainsi un terme à cette crise. En début de semaine, un colloque réunissant les experts français et algériens sur le terrorisme a eu lieu à Alger.

Le Coordinateur national du renseignement auprès de la présidence de la République française, Didier le Bret, qui participait à cette réunion de consultation sécuritaire, a fait l’éloge de l’expérience algérienne. La France, qui veut rester un partenaire économique de l’Algérie est le premier investisseur, hors hydrocarbures, et le deuxième partenaire commercial, avec un volume d’échanges qui ne cesse d’augmenter. 

La France arrive en deuxième position avec 10,9% des parts de marché, en baisse par rapport aux 12% enregistrés en 2012. Pas moins de 5 projets de partenariat économique sur 35 identifiés ont été ratifiés entre les deux pays au mois d’avril dernier.

Il s’agit d’un projet de valorisation des déchets de métaux ferreux et non ferreux qui sera domicilié à la zone industrielle de Oued Tlélat (Oran), de deux softwares qui permettront à l’Algérie d’avoir ses propres codes sources en matière informatique, d’un projet de construction d’équipements et matériels agricoles, d’un software pour la gestion des malades au niveau des hôpitaux et de leurs domiciles et d’un autre concernant la lutte contre le gaspillage du pain et des viennoiseries.

Ce dernier projet touche au système de distribution et de franchise. En plus de ces contrats, les deux pays ont signé un nouveau pacte d’actionnaires visant à agrandir l’usine de matériel ferroviaire de la coentreprise Cital, que détient Alstom avec l’espagnol Ferrovial et l’Entreprise Métro d’Alger.

Cette usine, inaugurée en 2015 fournit déjà des tramways mais doit produire des trains pour le compte de la SNTF à partir de 2019. Grâce à cet accord, le site va pouvoir s’étendre considérablement, passant d’une surface de 46 000 à 190 000 mètres carrés, de quoi créer 270 emplois directs supplémentaires (240 actuellement). Une commande de 98 trains régionaux et intercités Coradia a été évoquée mais ne devrait être formulée officiellement que d’ici la fin de l’année.

Le groupe agroalimentaire Avril (marques Lesieur, Puget, Matines, Sanders…) a de son côté signé à Alger une lettre d’intention avec la société algérienne Djadi pour la création d’une usine de sauces condimentaires pour le compte de sa marque Lesieur.Enfin le groupe Roullier, spécialisé dans la nutrition végétale, animale et humaine, a conclu un accord avec la société Asmidal pour créer une co-entreprise dans le domaine des phosphates.

D’autres projets industriels ont été évoqués lors de ce voyage officiel en Algérie, notamment un projet d’implantation industrielle du groupe automobile PSA, qui serait sur le point d’être finalisé. Le groupe Air Liquide est également en négociations pour un projet de développement en Algérie.

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