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Qualifications pour la CAN 2015 : Leçons africaines

Qualifications pour la CAN 2015 : Leçons africaines

Une étape à grosses surprises. Des confirmations aussi. Une première suggérant une possible remise en cause de la hiérarchie continentale à son sommet ? Trop tôt, vraiment, pour émettre de tels jugements. Hâtifs sûrement même si des signes, qui ne trompent pas, semblent suggérer qu’il faut s’y attendre.

Ainsi il en va du Nigeria, tenant du titre, et du Ghana, qui ont été surpris chez eux au moment où les trois autres mondialistes, l’Algérie, la Côte-d’Ivoire et le Cameroun, tenaient leur rang et faisaient respecter leur statut. Dur réveil donc pour certains gros bras qui doivent revoir leur copie et faire oublier leurs contre-performances, confirmation pour d’autres qui prennent, déjà, une option sur le Maroc, à l’instar des Fennecs qui inaugurent leur campagne, sous la direction de coach Gourcuff (satisfait de réussir ses débuts alors qu’il hérite de la difficile mission de faire oublier son devancier, Vahid, dont le moindre des mérites est d’avoir conduit la sélection à d’historiques huitièmes de finale au dernier Mondial) et dont la victoire ramenée d’Addis-Abeba, au-delà de les rassurer quant à la suite de la nouvelle aventure africaine, vient poser certaines interrogations brûlantes d’actualité après la mort de l’attaquant de la JSK, le Camerounais Ebosse, qui remet malheureusement sur les devants de la scène le phénomène de la violence dans nos stades.

Une étape à surprises et à confirmations ? Pas seulement. A leçons, en plus. Magistrales. Qui viennent nous rappeler combien notre football, pris en otage par ses mauvais génies, a besoin plus que jamais de moralisation.

Leçon à Addis-Abeba et ce public sportif qui applaudira son équipe qui perdait le match et réservera une sortie tranquille aux vainqueurs du jour qui quitteront le terrain sans la moindre inquiétude. Sans aucune protection, la partie se terminant comme elle a commencé : dans la bonne humeur et une ambiance bon enfant.

La note pleine pour Brahimi et ses frères qui s’imposeront dans des conditions (climatiques exclusivement) difficiles, et le public éthiopien resté digne dans la défaite. Qui fera un boucan inimaginable dans les gradins à la mi-temps, comme il est de tradition en Afrique, alors que ses favoris étaient menés au score, donnant aux décors des airs de fête ininterrompue. Une autre bonne note dénotant d’un comportement exemplaire, après avoir fait preuve d’un grand respect envers l’hymne national adverse. On applaudit à tout rompre.

Comme on l’a fait à l’arrivée de cette défaite (0-2) de la RD Congo (ce pays qui vient de placer deux représentants en demi-finale de la Champions league africaine, dont le prestigieux tout-puissant Mazembe qui débarquera le 21 du mois courant, au stade du 8-mai 1945 à Sétif, pour y rencontrer l’Entente dans un duel placé sous haute surveillance par la CAF, les Algériens étant sous la menace de sanctions), dans ses bases face au Cameroun dans un stade de Lubumbashi resté dans un calme religieux.

Un revers bien accepté dans une enceinte à l’anglaise avec absence de grillage séparant le terrain des gradins. Sans le moindre jet de projectiles, sans aucun envahissement signalé. Leçon aussi à Oum Dourmane (Khartoum) que nos supporters connaissent bien et où le Soudan a été humilié (0-3) par l’Afrique du Sud et a compromis au passage ses chances devant un concurrent direct.

Là également, sans aucun incident, les Soudanais quittant le stade, certes déçus mais dans un calme olympien qui nous change tellement de la pression électrique et des dérapages fréquents qui ternissent nos fins de match houleuses. Direction Lagos où un autre Congo (Khinshasa) s’illustrait, contre toute attente, en allant damer le pion (3-2) aux champions d’Afrique.

Des « Super Eagles » déplumés devant leur public. Un public qui acceptera la sentence sans faire de vagues. Fair-play. Une notion vague et qui semble avoir disparu de notre lexique sportif, donnant ainsi à nos stades les allures de guet-apens permanents où il n’est pas conseillé de se trouver à l’heure des défaites. Même dans la victoire, car on ne sait plus perdre, ni gagner. Merci qui ? L’Ethiopie, la RD Congo, le Nigeria et toutes ces sélections africaines prenant quelques longueurs d’avance sur une Algérie du football à la traîne sur un volet sensible où il faudra penser à reprendre les choses en main, en urgence, pour nous éviter d’autres dépassements. D’autres drames…

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